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propos du fédéralisme libertaire ! |
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Les anarchistes
proposent de remplacer l'organisation sociale étatique Fédéralisme, Socialisme et Antithéologisme Le problème est le suivant : Organiser la société de telle sorte que tout individu, homme ou femme, venant à la vie, trouve des moyens à peu près égaux pour le développement de ses différentes facultés et pour leur utilisation par son travail ; organiser une société qui, rendant à tout individu, quel qu'il soit, l'exploitation du travail d'autrui impossible, ne laisse chacun participer à la jouissance des richesses sociales, qui ne sont en réalité jamais produites que par le travail, qu'autant qu'il aura directement contribué à les produire par le sien... Chose étrange, cette grande révolution qui, pour la première fois dans l'histoire, avait proclamé la liberté non plus du citoyen seulement, mais de l'homme, se faisant héritière de la monarchie qu'elle tuait, avait ressuscité en même temps cette négation de toute liberté : la centralisation et l'omnipotence de l'Etat ... (il faut) remplacer l'ancienne organisation fondée, de haut en bas, sur la violence et sur le principe d'autorité, par une organisation nouvelle n'ayant d'autre base que les intérêts, les besoins et les attractions naturelles des populations, ni d'autre principe que la fédération libre des individus dans les communes, des communes dans les provinces, des provinces dans les nations, enfin de celles-ci dans les Etats unis de l'Europe d'abord et plus tard du monde entier... (il faut reconnaître) le droit absolu de chaque nation, grande ou petite, de chaque peuple, faible ou fort, de chaque province, de chaque commune à une complète autonomie, pourvu que sa constitution intérieure ne soit pas une menace et un danger pour l'autonomie et la liberté des pays voisins... (Nous ne reconnaîtrons) qu'une seule unité : celle qui se constituera librement par la fédération des parties autonomes dans le tout, de sorte que celui-ci, cessant d'être la négation des droits et des intérêts particuliers, cessant d'être le cimetière où viennent forcément s'enterrer toutes les prospérités locales, deviendra au contraire la confirmation et la source de toutes ces autonomies et de toutes ces prospérités... Fédéralistes
à l'intérieur (nous voulons) la confédération
internationale, d'abord par l'esprit de justice, ensuite parce que (nous
sommes) convaincus que la révolution économique et sociale,
dépassant les bornes artificielles et funestes des Etats, ne pourra
se réaliser, au moins en partie, que par l'action solidaire sinon
de toutes, au moins de la plus grande partie des nations qui constituent
aujourd'hui le monde civilisé, et que toutes, tôt ou tard,
devront finir par s'y rallier... M. BAKOUNINE, 1867. Du principe fédératif Au développement de l'Etat autoritaire, patriarcal, monarchique ou communiste, s'oppose le développement de l'Etat libre, contractuel et démocratique... Nous avons reconnu que le contrat social par excellence était un contrat de fédération, un contrat synallagmatique et commutatif... dont la condition essentielle est que les contractants se réservent toujours une part de souveraineté et d'action plus grande que celle qu'ils abandonnent. Dans les gouvernements centralisés, les attributs du pouvoir suprême se multiplient, s'étendent, immédiatement attirent dans la compétence du " Prince" les affaires des provinces, communes, corporations, particuliers. De là, cet écrasement où disparaît toute liberté, non seulement communale et provinciale, mais même individuelle et nationale [Dans un système fédéraliste le gouvernement, expression de l'autorité, est insensiblement subalternisé par les représentants ou organes de la liberté, savoir : le pouvoir central par les députés des départements ou provinces, l'autorité provinciale par les délégués des communes, et l'autorité municipale par les habitants ; ainsi, la liberté aspire à se rendre prépondérante, l'autorité à devenir servante de la liberté; et le principe contractuel à se substituer partout, dans les affaires publiques, au principe autoritaire... Ce, n'est pas seulement entre
sept ou huit élus, sortis d'une, majorité parlementaire,
et critiqués par une minorité opposante, que doit être
partagé le gouvernement d'un pays, c'est entre les provinces et
les communes; faute de quoi la vie politique abandonne les extrémités
pour le centre, et le marasme gagne la nation devenue, hydrocéphale. Mais tandis qu'on organisait
le parlementage des chambres contre les ministères... tandis qu'on
opposait des mots à des mots, des fictions à des fictions,
on adjugeait au gouvernement, sans réserve aucune, sans autre contrepoids
qu'une vaine critique, la prérogative d'une administration immense,
on mettait entre ses mains toutes les forces du pays, on supprimait..
les libertés locales... On créait enfin une puissance formidable,
écrasante, à laquelle on se donnait ensuite le plaisir de
faire une guerre d'épigrammes... les ministères tombaient
les uns sur les autres... Dans le système fédératif,
de telles appréhensions ne sauraient exister. L'autorité
centrale, initiatrice plutôt qu'exécutoire, ne possède
qu'une part assez restreinte de l'administration publique... Il en est autrement dans le
système fédératif. Très capable de se défendre
si elle est attaquée... une confédération demeure
sans force pour la conquête... Supposons que l'un des Etats confédérés
forme des projets de conquête particulière, qu'il désire
s'annexer une ville voisine, une province contiguë à son territoire
; qu'il veuille s'immiscer dans les affaires d'un autre Etat. Non seulement
il ne pourra pas compter sur l'appui de la confédération,
oui répondra que le pacte a été formé exclusivement
dans un but de défense mutuelle, non d'agrandissement particulier;
il se verra même empêché dans son entreprise par la
solidarité fédérale, Qui ne veut pas que tous s'exposent
à la guerre pour l'ambition d'un seul. Toute la science constitutionnelle
est là, je la résume en trois propositions : Le système fédératif est applicable à toutes les nations et à toutes les époques, puisque l'humanité est progressive dans toutes ses générations et dans toutes ses races, et que la politique de fédération, qui est par excellence la politique de progrès, consiste à traiter chaque population, à tel moment que l'on indiquera, suivant un régime d'autorité et de centralisation décroissantes, correspondant à l'Etat des esprits et des murs. P.J. PROUDHON 1863. A propos du fédéralisme On remarquera que Proudhon emploie les termes d'Etat et même de gouvernement aussi bien pour désigner l'appareil centraliste que pour les différentes délégations fédéralistes. Ce n'est qu'avec Bakounine que, dans le mouvement anarchiste, les expressions prendront définitivement les valeurs que nous leur connaissons. Du point de vue économique
et social, on atteint la seule forme de société où
" chaque individu soit également et synonymiquement producteur
et consommateur, citoyen et prince, administrateur et administré. L'auto-administation des communes
? Un nombre incalculable d'exemples démontrerait son réalisme
dans cette même, Espagne. Mais est-il besoin aussi de rappeler l'admirable
organisation de Cronstadt avant le massacre orchestré par les bolcheviks
? CRITIQUE SOCIALE : LE DOUBLE ECUEIL, DEMAGOGIE ET DESPOTISME Ces réalisations prouvent
que l'autogestion et l'auto-administration peuvent se réaliser
aussi bien dans les communes rurales que dans les communes industrielles,
dans les villages comme dans les métropoles, à l'Est comme
à l'Ouest car ces formes particulières d'organisation ne
s'opposent pas aux cultures spécifiques à chaque région. La critique économique
débouche sur l'organisation horizontale de coopératives,
mais si aucun lien ne lie des entreprises éloignées, on
risque fort de tomber dans le chaos, chaos qui légitime toujours
le droit du plus fort. Au niveau de l'organisation sociale, deux théories
s'affrontent le plus souvent : Dans le premier cas, par le
chaos, on justifie le droit du plus fort, dans le second, appliqué
actuellement partout dans le monde, on justifie le droit du plus beau
parleur. THEORIE DU CONTRAT Comme pour la théorie
de l'échange au niveau économique, c'est la théorie
du contrat qui va nous rapprocher de la forme d'organisation qui permettra
l'autogestion et l'auto-administration sans risquer le chaos. Les contrats
libertaires sont des instruments révolutionnaires parce qu'ils
abolissent les antiques servitudes, la domination de l'homme par l'homme,
par le fait d'être conclus d'égaux à égaux
et sur une base de réciprocité. Par le contrat, les fonctions
de la société sont coordonnées, non subalternisées. Si l'unité ne sort pas des unes qui n'aboutissent qu'à l'exploitation de tous par une minorité, on ne voit pas pourquoi des groupes TOTALEMENT autonomes ou plus exactement séparés, ne se comporteraient pas de la même manière que des individus qui, "ajoutés les uns aux autres, ne feront jamais une communauté. C'est effrayant, notait Proudhon dans ses Carnets, ce que soulève de questions le gouvernement direct. Comment se fait-il que cette force tutélaire soit dans l'ensemble si peu aimée et, de surcroît, sujette à une instabilité chronique ? C'est qu'aucun gouvernement n'a jusqu'à présent cherché à établir la Justice mais seulement à maintenir la suprématie de la classe qu'il représentait sur toutes les autres. Ce maintien de l'inégalité sociale, raison d'être des Etats historiques, est en même temps la cause de leur déclin et de leur chute. Les groupes sociaux opprimés n'ont en effet de cesse qu'ils se soient, à leur tour, emparés du pouvoir. Et quand une autre faction y est parvenue, elle établit à son profit un gouvernement de classe qui suscite les mêmes oppositions, jusqu'à ce qu'elle soit remplacée par une nouvelle. Cela indéfiniment. Ainsi se développe, sur un rythme de plus en plus accéléré, une dialectique négative qui précipite les gouvernements de l'injustice dans la violence, de la violence dans le désordre et du désordre dans la mort." Pour ne pas poursuivre ce cercle, il faut faire reposer l'ordre social non plus sur le pouvoir, non plus sur la domination, mais sur le consentement et la solidarité, solidarité qui " loin de devoir être le résultat d'une organisation artificielle ou autoritaire quelconque, ne peut-être que le produit spontané de la vie sociale, tant économique que morale ; le résultat de la libre fédération des intérêts, des aspirations et des tendances communes." Ce dont le schéma social ainsi amorcé a besoin, ce n'est nullement d'un gouvernement puisque par les contrats horizontaux l'ensemble, se gouverne par lui-même, niais de comités de coordination à divers échelons qui n'auront pas rôle d'oppresseurs (puisqu'ils n'en auront jamais les pouvoirs) mais qui deviendront " les promoteurs du bien social " par la coordination qu'ils permettent. C'est le comité fédéral. Nous sommes arrivés au terme de la démarche, à l'idée du fédéralisme libertaire. L'anarchie ne saurait être la négation de l'ordre, car elle tomberait dans l'utopie ou justifierait le droit du plus fort. L'anarchie est la revendication permanente de la liberté, contre l'autoritarisme qui tend toujours à tout ramener à lui. L'organisation n'est plus imposée, de l'extérieur à des sujets passifs elle naît de l'auto-régulation des forces sociales. Cependant, il faut toujours faire attention lors des contrats de toujours conserver plus que ce qui est délégué, car si la coordination venait à exercer un pouvoir, c'est. à-dire si elle venait à avoir plus de poids dans l'organisation sociale que les groupes de base (communes et entreprises fédérées) alors " la fédération redeviendrait une centralisation monarchique, l'autorité fédérale, de simple mandataire et fonction subordonnée qu'elle doit être, serait regardée comme prépondérante ; au lieu d'être limitée à un service spécial, elle tendrait à embrasser toute activité, toute initiative ; les Etats confédérés seraient convertis en préfectures, intendances, succursales ou régies. Le corps politique ainsi transformé pourrait s'appeler république, démocratie ou tout ce qu'il vous plaira ; ce ne serait plus une confédération". L'originalité du fédéralisme
libertaire est d'être un fédéralisme "généralisé"
ou "intégral", c'est-à-dire appliqué à
tous les aspects de la société. Il sera à la fois
politique et économique et refusera précisément cette
dissociation sur laquelle reposent les régimes actuels. A la base, le fédéralisme
libertaire reposera sur l'autogestion des entreprises et sur l'auto-administration
des communes, les unes et les autres s'associant librement par des contrats
réciproques et précis. Puis une délégation
de chaque fédération pour assurer la coordination des différentes
associations. La pensée fédéraliste anarchiste prend son point de départ des groupements sociaux déjà existants. C'est pourquoi elle est applicable à toutes les nations quel que soit leur stade de développement. Le but du fédéralisme anarchiste est de toujours renforcer les initiatives de la base et de limiter celles des délégations. Pour cela, il a tout intérêt à s'étendre le plus possible, car ainsi un maximum d'activités et de modes de vie feront partie de la communauté fédéraliste. Les fédérations régionales, nationales, continentales sont appelées à se confondre dans une confédération mondiale. UNITE ET AUTONOMIE Ce fédéralisme
est en même temps un puissant ferment d'union et un élément
de différenciation. L'autonomie et l'unité sont les deux
pôles irréductibles du fédéralisme. L'anarchiste
ne peut en renier un seul sans être en contradiction avec l'anarchisme. CONCLUSION L'homme n'a jamais existé
et ne saurait vivre autrement qu'en sociétés fortement structurées.
Mais c'est cette structure qui peut prendre des formes opposées
: ou bien elle est fondée sur la domination du père, puis
du roi absolu qui le remplace, c'est-à-dire hiérarchisée
du haut vers le bas avec pour seul objectif la conservation des formes
sociales existantes : ou bien elle s'organise horizontalement d'abord
puis de bas en haut, comme une coopération entre frères,
jamais achevée et pour cette raison, toujours en recherche d'un
progrès. Dans le premier cas c'est le caractère sacré
du souverain qui légitime son autorité auprès de
ceux qui ne peuvent participer au groupe sans sa médiation. Dans
le second, ce sont au contraire tous les membres du groupe qui se confèrent
mutuellement le sacrement social par l'échange de leurs promesses,
par le contrat. Groupe libertaire Fresnes-Antony
de la Fédération Anarchiste. Autres
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