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Jean Vigo

Jean Vigo naît le 24 avril 1905 à Paris de parents anarchistes.
Sa mère, Emily Cléro et son père Eugène Bonaventure de Vigo -l'un des fondateurs de l'hebdomadaire la Guerre sociale plus connu sous son pseudonyme Miguel Almereyda- l'emmènent fréquemment de réunions en meetings. Jean Vigo est parfois confié à Janine Champol, ancienne communarde et libertaire, qui s'occupera plus tard de la propre fille de Jean Vigo.
Lorsque Almereyda est arrêté en août 1917 et meurt quelques jours plus tard en prison, où l'enquête conclut à un suicide, Jean Vigo est alors confié à ses grands-parents de Montpellier, qui le font inscrire en pension sous un faux nom à Nîmes, puis à Millau. Ce sont ces années là qui lui inspireront Zéro de conduite, Gabriel Aubes. Son grand-père, photographe de métier, l'initie aux techniques de la photographie.

En 1924, il réussit son bac et reprend contact avec les anciens amis de son père, Fanny Clar, Fernand Després et Francis Jourdain. Désireux de faire du cinéma, ce sont eux qui le mettront en relation avec ce milieu. Depuis quelques années, des ennuis de santé aux poumons l'obligent à des séjours réguliers en clinique. C'est au cours de l'un d'eux, à Font Romeu, qu'il fera la connaissance d'Elisabeth Losinska dit Lydu et qu'il épousera à Nice en janvier 1929.
C'est là même qu'il tourne son premier film : À propos de Nice en compagnie d'un opérateur Boris Kaufman, le frère de Dziga Vertov qui le suivra dans tous ses autres films.
À l'occasion d'une des projections de ce film, Vigo prononcera une causerie intitulée Vers un cinéma social : Se diriger vers le cinéma social, ce serait consentir simplement à dire quelque chose et à éveiller d'autres échos que les rots de ces messieurs-dames qui viennent au cinéma pour digérer [ ... ] ce documentaire social se distingue du documentaire tout court et des actualités de la semaine par le point de vue qu'y défend nettement l'auteur.

Il accepte en 1931 de tourner un court métrage Taris ou la natation. L'expérience acquise des images sous l'eau lui servira plus tard dans l'Atalante.
Parallèlement, Vigo s'occupe activement à Nice d'un ciné-club qu'il a fondé : Les amis du cinéma.
Il y fait découvrir les films d'Ham Richter, de Joris Ivens, d'Henri Storck, de Jean Painlevé, d'Eisenstein... " Nos adhérents peuvent juger dans leur version intégrale les versions cinématographiques mutilées ou interdites par la censure. "

En 1933, Vigo tourne Zéro de conduite, film plein d'humour et corrosif où les enfants d'une école s'en prennent aux autorités. L'aspect subversif du film le fera interdire jusqu'en 1945. Jean Dasté (1904-1994), qui joue le rôle du surveillant dans ce film, et qui jouera également dans l'Atalante, était un militant anarchiste de Saint-Étienne.
Par crainte d'une nouvelle censure, Vigo abandonnera à contre cœur un projet assez avancé : l'Évadé du bagne. Le scénario écrit avec Eugène Dieudonné retraçait en partie la vie du bagnard Dieudonné, qui connaissait la famille Vigo depuis longtemps pour lui avoir fabriqué des meubles quand il était menuisier, devait y jouer son propre rôle.
En 1934, Vigo accepte finalement de tourner l'Atalante d'après un récit banal, une histoire de mariniers, mais sa façon de le raconter en fera un des chefs-d'œuvre du cinéma.
Jean Vigo tombe gravement malade, il consacrera ses dernières forces au montage du film.
Il meurt le 5 octobre 1934.

Depuis 1951, un prix Jean Vigo est décerné à des auteurs de films qui se caractérisent par l'indépendance de leur esprit et la qualité de leur réalisation.

Deux documentaires ont été consacrés à Jean Vigo :
- Cinéastes de notre temps : Jean Vigo, un film de 1964 (lh30) réalisé par Jacques Rozier construit à partir de nombreux témoignages : ceux de Claude Aveline, Maurice Bessy, Georges Caussat, Jean Dasté (1904-1994), Charles Goldblatt, René Lefèvre (1898-1991), jean Lods, Cilles Margaritis, Pierre Merle, Jacques-Louis Nounez, Jean Painlevé (1902-1989), Dira Parlo (1906-1971), Pierre Prévert (1906-1988), Albert Riéra, François Truffaut (1932-1984). C'est d'ailleurs le seul documentaire qui comporte une interview de Rirette Maîtrejean.
- Un documentaire de 26 minutes réalisé en 1979 par Claude-jean Philippe, Jean Vigo ou la fièvre de l'instant évoque l'œuvre de Jean Vigo comme une révolte dans la continuité de celle de son père.
C'est un hommage émouvant à Vigo illustré par des photos et des extraits de ses films.

Eric Jarry


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A consulter :
les anarchistes à l'écran (bulletin N° 60 du CIRA)


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