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Un
poète libertaire : Jacques Prévert
La
poésie est partout, comme Dieu est nulle part !
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Rêve + Evolution = Révolution
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Jacques Prévert est mort ! Toute une partie de notre existence active ou intellectuelle, défile devant nos yeux lorsqu'on évoque le souvenir du poète qui enchanta notre jeunesse et qui une fois l'âge venu nous rappela que le bourgeois, le curé et le militaire restaient les ennemis de notre émancipation. Car au contraire de ces intellectuels de gauche qui encombre le carrefour St Germain, Jacques Prévert était resté fidèle aux idées de sa jeunesse. Et lui, qui avec des mots simples avait fait voler en éclat le corset à l'aide duquel les classiques enserraient la poésie, se servait de ces mêmes pour clamer son espoir et ses colères ! Pour les hommes de ma génération tout commença avec Prévert. Juin 1936 : Quarante ans déjà
! Dans les usines que nous occupions, des saltimbanques dépenaillés qui,
comme nous contestions nos patrons, contestaient tous les bourgeois respectables,
venaient interpréter pour nous un poète inconnu : Jacques Prévert. Puis ce fut la guerre, la
fin des illusions. Naturellement le cinéma, le théâtre , la radio le monopoliseront quelques temps, mais en dehors de ses films dont les titres sont dans toutes les mémoires, la bourgeoisie intellectuelle qu'il a fortement étrillée restera réservée. C'est l'époque où nous l'avons connu, d'abord à la Fontaine des Quatre saisons, puis au gala du groupe Louise Michel au Moulin de la Galette. C'est par lui que nous connûmes un certains nombre d'artistes : la Garçons de la Rue, Jean Yanne, d'autres encore qui firent le succès de nos Fêtes annuelles. Approcher Prévet ne décevait pas ! Il était l'homme de sa littérature. Contrairement à Beaucoup, il saura vieillir en restant lui-même et en conservant cette fougue, cette chaleur, que le succès dégrade. Je l'entend encore crier dans le téléphone sa réprobation pour un article que j'avais publié dans " la Rue " sur Teilhard de Chardin et qu'il trouvait trop indulgent. Prévert n'aimait pas les curés, qu'ils soient de droite ou de gauche, ce qui n'empêchera pas certains d'entre eux, de se réclamer de lui, bien sûr ! Cette simplicité narquoise on la retrouve toute entière dans ce morceau qui est bien de sa manière : Autrefois, les ânes étaient tout à fait sauvages, c'est à dire qu'ils mangeaient quand ils avaient faim, qu'ils buvaient quand ils avaient soif et qu'ils couraient dans l'herbe quand ça leur faisait plaisir. Prévert qui fut la tendresse,
mais une tendresse lucide, nous a quittés ! Loin des bruits de l'Olympe il y retrouvera Vilon, Saint Amant, Baudelaire, Couté, Breton et quelques autres. Loin de la quincaillerie littéraires qu'on vend quai Conti il sera en bonne compagnie pour attendre les générations de jeunes qui viendront périodiquement boire à sa source. Maurice Joyeux
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