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Les Temps Nouveaux : la fiche signalétique du journal
les artistes s'expriment dans le journal : Paul Signac, Camille Pissarro,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


la "fiche" de
Jean Grave
arrêté en 1893

 

 

 

 

 

 

 

Un site
consacré à : l'Assiette au Beurre

Ce journal fait suite au "Révolté" et à la "Révolte".

Le N°1 paraît le 4 mai 1895. Il s'arrêtera le 8 août 1914.

La collection complète comprend 982 numéros dont deux doubles, un numéro spécial en décembre 1909 (l'écho de Montjuich) sur l'affaire Ferrer et un numéro sur l'affaire Rousset (février 1912). C'est un hebdo grand format (36.7x25.5) paraissant le samedi comme hebdomadaire puis comme bi-mensuel. De 1895 à 1904, il a 4 pages et 4 pages de supplément littéraire, puis 8 pages + 4. Prix 10 centimes jusqu'en 1906 puis 15 centimes et retour à 10 centimes à partir d'octobre 1907. Tirage : 18000 au début puis 7000 exemplaires, distribués à Paris et en province. 1100 abonnés et environ 4000 lecteurs par numéro

Caractéristique : difficultés financières pendant vingt années, comme la plus part des journaux libertaires refusant toute publicité. Les souscriptions, les ventes de lithographies, de tableaux "donnés" par des camarades artistes anarchistes (Signac, Pissarro, Luce), les tombolas serviront à combler le déficit.

On y trouve des rubriques régulières comme le musée des âneries ; la boite aux ordures ; une rubrique mouvement ouvrier animée par Paul Delesalle puis Amédée Dunois, Pierre Monate ou le Dr Pierrot. Les articles sont signés : Pierre Kropotkine, Bernard Lazare, Octave Mirbeau, Elie et Elisée Reclus, Malatesta, Jean Grave,…

Les Temps Nouveaux c'est aussi 72 brochures éditées à plusieurs milliers d'exemplaires. Des cartes postales (des dessins, des portraits, des lithos issues du journal). L'administrateur et animateur est Jean Grave, puis à partir de 1897, Paul Delesalle et Amédée Dunois le secondent.

Autres journaux libertaires " concurrents " : Le libertaire ; la Feuille ; la Guerre sociale ; le journal du Peuple (quotidien pendant l'affaire Dreyffus) et le Père Peinard.


Les temps nouveaux et les "artistes"

Tôt ou tard on trouvera donc les artistes véritables aux côtés des révoltés, unis avec eux dans une identique idée de justice !
Paul Signac.

Je viens de lire le livre de Kropotkine. Il faut avouer que si c'est utopique, dans ce cas c'est un beau rêve et comme nous avons souvent l'exemple d'utopies de venues réalités, rien ne vous empêche de croire que ce sera possible un jour, à moins que l'homme ne sombre et ne retourne à la barbarie complète. A propos d'art, il y aurait bien des choses à reprendre. Ainsi Kropotkine croit qu'il faut vivre en paysan pour bien le comprendre, il semble qu'il faut être emballé par son sujet pour bien le rendre, mais est-il nécessaire d'être paysan ?
Soyons d'abord artiste et nous aurons la faculté de tout sentir même un paysage sans être paysan.
Camille Pissarro avril 1892

Justice en sociologie, harmonie en art ; même chose,…
Le peintre anarchiste n'est pas celui qui représentera des tableaux anarchistes, amis celui qui, sans souci de lucre, sans désire de récompenses, luttera de toute son individualité contre les conventions bourgeoises et officielles par un apport personnel…
Le sujet n'est rien ou du moins n'est que des parties de l'œuvre d'art, pas plus important que les autres éléments, couleurs, dessin, composition…
Quand l'œil sera éduqué, le peuple verra autre chose que le sujet dans les tableaux. Quand la société que nous rêvons existera, quand débarrassé des exploiteurs qui l'abrutissent, le travailleur aura le temps de penser et de s'instruire, il appréciera toutes les diverses qualités de l'œuvre d'art
Paul Signac 1902


lithographie pour les Temps Nouveaux de Maximilien Luce (voir l'album photo)


Autres articles :
Jean Grave (Biographie) ;
Le Libertaire organne éclectique de l'Union des Anarchistes ;
Zo d'Axa ; Libertad était un camarade ; Sébastien Faure ; Stirner ou l'extrême liberté ;
La chanson anarchiste avant 1914 ; La grève des électeurs (O. Mirbeau) ;
Le Père Peinard : almanach et hebdomadaire anarchiste ;
Bernard Lazare ;
Pierre Kropotkine (biographie) ; Jules Grandjouan ; le cinéma du Peuple ;
La Mistoufe hebdomadaire communiste anarchiste dijonais ;
1892 - 1894, la police fiche les anarchistes ; 1er mai 1906 : grèves, manifestations... ;
Octave Mirbeau (journaliste, romancier, dramaturge anarchiste) ;
Emile Pouget (biographie rédigée par Paul Delesalle) ;

A lire :
Quarante ans de propagande anarchiste
(Jean Grave) ;
Les Temps Nouveaux (les dossiers du Musée d'Orsay) ;
Maximilien Luce, peindre la condition humaine (ed. Somogy) ;
Histoire des Bourses du travail (Fernand Pelloutier) ; la Bourse du travail de Lyon (D. Rappe - ACL)


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