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Michel Bakounine :
Je suis un partisan de la Commune de Paris qui, pour avoir été massacrée,
étouffée dans le sang par les bourreaux de la réaction monarchique et
cléricale, n'en est devenue que plus vivace, plus puissante dans l'imagination
et dans le cœur du prolétariat de l'Europe ; j'en suis le partisan surtout
parce qu'elle a été la négation audacieuse, bien prononcée de l'Etat.
C'est un fait immense que cette négation de l'Etat se soit manifestée
précisément en France, qui a été jusqu'ici par excellence le pays de la
centralisation politique et que se soit Paris, la tête et le créateur
historique de cette civilisation française qui en ait pris l'initiative...
La Commune de Paris a duré trop peu de temps et elle a été empêchée dans
son développement intérieur par la lutte mortelle qu'elle a dû soutenir
contre la réaction de Versailles, pour qu'elle ait pu, je ne dis pas même
appliquer, mais élaborer théoriquement son programme socialiste. D'ailleurs,
il faut le reconnaître, la majorité des membres de la Commune n'étaient
pas proprement socialistes et s'ils se sont montrés tels, c'est qu'ils
ont été invinciblement poussés par la force irrésistible des choses, par
la nature de leur milieu, par les nécessités de leur position et non par
leur convictions intimes. Les socialistes, à la tête desquels se place
naturellement notre ami Varlin, ne formaient qu'une très infime minorité
; ils n'étaient tout au plus que quatorze ou quinze membres. Le reste
était composés de Jacobins... Ces jacobins magnanimes, à la tête desquels
se place Delescluze, une grande âme et un grand caractère, veulent le
triomphe de la Révolution avant tout ; et comme il n'y a point de révolution
sans masses populaires et comme ses masses ont éminemment aujourd'hui
l'instinct socialiste, les jacobins de bonne foi se laissant entraîner
toujours davantage par la logique du mouvement révolutionnaire finiront
par devenir des socialistes malgré eux.
Telle fut précisément la situation des jacobins qui firent partie de
la Commune.
Delecluze et bien d'autres avec lui signèrent des programmes et des proclamations
dont l'esprit général et les promesses étaient positivement socialistes.
Mais comme malgré toute leur bonne volonté, ils étaient des socialistes
bien plus entraînés extérieurement qu'intérieurement convaincus, ils ne
purent jamais sortir des généralisés, ni prendre une de ces mesures décisives
qui rompraient à jamais leur solidarité et tous leurs rapports avec le
monde bourgeois. Ce fut un grand malheur pour la Commune et pour eux ;
ils en furent paralysés et ils paralysèrent la Commune ; mais on ne peut
pas le leur reprocher comme une faute. Les hommes ne se transforment pas
d'un jour à l'autre et ne changent ni de nature ni d'habitude à volonté.
Ils ont prouvé leur sincérité en se faisant tuer pour le Commune. Qui
osera leur demander davantage ?
La situation du petit nombre de socialistes convaincus qui ont fait
partie de la Commune de Paris était excessivement difficile. Ne se sentant
pas suffisamment soutenus par la grande masse de la population parisienne,
l'organisation de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT),
très imparfaite elle-même, d'ailleurs, n'embrasant à peine que quelques
milliers d'individus, ils ont du soutenir une lutte journalière contre
la majorité jacobine. Et au milieu de quelles circonstances encore ! Il
leur a fallu donner du pain et du travail à quelques centaines de milliers
d'ouvriers, les organiser, les armer et surveiller en même temps les menées
réactionnaires... Je sais que beaucoup de socialistes, très conséquents
dans leur théorie, reprochent à nos amis de Paris de ne s'être pas montrés
suffisamment socialiste dans leur pratique révolutionnaire... Je ferais
observer aux théoriciens sévères de l'émancipation du prolétariat qu'ils
sont injustes envers nos frères de Paris ; car entre les théories les
plus justes et leur mise en pratique, il y a une immense distance qu'on
ne franchit pas en quelques jours.
Quiconque a eu le bonheur de connaître Varlin, sait combien, en lui et
en ses amis, les convictions socialistes ont été passionnées, réfléchies
et profondes. C'étaient des hommes dont le zèle ardent, dévouement et
la bonne foi n'ont jamais pu être mis en doute par aucun de ceux qui les
ont approchés. Mais précisément parce qu'ils étaient des hommes de bonne
foi, ils étaient plein de défiance en eux-mêmes en présence de l'œuvre
immense à la quelle ils avaient voué leur pensée et leur vie. Ils se comptaient
pour si peu ! Ils avaient d'ailleurs cette conviction, que dans la révolution
sociale, diamétralement opposée, dans ceci comme dans tout le reste, à
la révolution politique, l'action des individus étaient presque nulle
et l'action spontanée des masses devant être tout. Tout ce que les individus
peuvent faire c'est de proposer d'éclairer et d'élaborer les idées correspondant
à l'instinct populaire et de plus, c'est de contribuer par leurs efforts
incessants à l'organisation révolutionnaire de la puissance naturelle
des masses mais rien au-delà ; et tout le reste ne doit et ne peut se
faire que par le peuple lui-même. Autrement on aboutira à la dictature
politique, c'est à dire à la reconstitution de l'Etat, des privilèges,
des inégalités, de toutes les oppressions de l'Etat...
Contrairement à cette pensée des communistes autoritaires, selon moi
tout à fait erronée, qu'une révolution sociale peut-être décrétée, soit
par une dictature, soit par une assemblée constituante issue d'une révolution
politique, nos amis socialistes de Paris ont pensé qu'elle ne pouvait
être faite ni amenée à son plein développement que par l'action spontanée
et continue des masses, des groupes et des associations populaires.
Nos amis de Paris ont eu parfaitement raison !
Michel
Bakounine
L'album
photo de la Commune
Karl Marx
lettre à Engels (20 juillet 1870)
Les français ont besoin d'être rossés. Si les prussiens sont victorieux,
la centralisation du pouvoir d'Etat sera utile à la centralisation de
la classe ouvrière allemande. La prépondérance allemande transférerait,
en outre, de France en Allemagne, le centre de gravité du mouvement ouvrier
européen et il suffit de comparer le mouvement de 1866 à aujourd'hui dans
les deux pays pour voir que la classe ouvrière allemande est supérieure
à la classe française sur le plan de la théorie et de l'organisation.
La prépondérance, sur le théâtre du monde, de la classe ouvrière allemande
sur la française, signifierait du même coupla prépondérance de notre théorie
sur celle de Proudhon.
Karl Marx
lettre à Engels (6 septembre 1870)
Aujourd'hui toute la french-branch lève le camp pour Paris pour y commettre
des sottises au nom de l'Internationale. Ils veulent renverser le gouvernement
provisoire, établir la commune de Paris, nommer Pyat ambassadeur de France
à Londres,...
Karl Marx
lettre à Engels (septembre 1870)
" les ouvriers français doivent accomplir leur devoir de citoyens, mais
ils ne doivent pas se laisser entraîner par les souvenirs de 1792. Qu'ils
profitent de la liberté républicaine pour procéder à leur propre organisation.
De leur énergie et de leur sagesse dépend le sort de la république "...
" Abstention de l'internationale en France jusqu'à ce que la paix soit
faite ".
Karl Marx
lettre à Engels (12 avril 1871)
Première erreur : il eut fallu marché tout de suite sur Versailles, une
fois que Vinoy d'abord puis la fraction réactionnaire de la garde nationale.
Deuxième erreur : le comité central résilia ses pouvoirs trop tôt, pour
faire place à la Commune. Encore par un souci excessif d'honnêteté ! "
Karl Marx
Les affiches
de la Commune
Autres
articles :
La
Commune de Paris ; l'AIT
pendant la Commune de Paris ;
La Commune
par elle-même ;
Place au peuple,
place à la Commune (J. Valles) ; la
semaine sanglante (22-29 mai 1871)
La
Commune de Marseille ; Biographies
de Militants marseillais ; Courbet,
Proudhon et la Commune de Paris ;
Le
congrès de Saint Ismier 1872 : la naissance de l'anarchisme
? ; la
Commune de Paris, l'éducation et la culture ;
Dieu et l'Etat ; Michel
Bakounine ; Insurrections
communalistes en province ; Nathalie
Lemel ;
Condamnation
du communisme autoritaire par M. Bakounine (Daniel Guérin)
;
Le
congrès de l'AIT à Bâle 1869 :
;
Louise la Canaque,
les trépidantes aventures de Louise Michel en Nouvelle Calédonie
;
A
lire :
Histoire
de la Commune (Po
Lissagaray)
; Histoire et souvenirs de la Commune (Louise Michel) ; Eugène
Varlin (revue
Itinéraire) ;
Michel Bakounine (Borchure éditions du Monde Libertaire)
;
Bakounine politique (Editions du Monde Libertaire) ;
Michel Bakounine
: Oeuvres complètes ; Dieu et l'Etat ,....
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