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1906, Conscrits,
Association Internationale Antimilitariste des Travailleurs,


 

 

 

 

 

 

 

les affiches anarchistes
avant 1914

 


Voici l'instant venu de payer votre dette à la Patrie. Dans quelques jours vous allez abandonner tout ce qui vous est cher : famille, amis, amante, pour revêtir l'infâme livrée militaire. Vous allez délaisser vos intérêts et votre travail pour vous embrigader dans le troupeau de brutes dans lequel on vous enseigne l'art de tuer.

Comme nous l'avons fait les années précédentes pour vos aînés, nous venons à vous et nous vous invitons à réfléchir. Avant de renoncer définitivement à votre qualité d'homme, avant que votre raison n'ait complément sombré dans les bagnes déprimants que sont les casernes, pensez à ce que vous allez faire.

Travailleurs, vous vous devez avant tout à la classe ouvrière. La patrie bourgeoise qui vous réclame des années de servitude et qui exige au besoin le sacrifice de votre existence, n'a jamais été pour vous qu'une marâtre.

Vous ne lui devez ni dévouement, ni obéissance.
Quand on vous commandera de décharger vos fusils sur vos frères de misère -comme s'est produit à Chalons, à la Martinique et à Limoges- travailleurs, soldats de demain, vous n'hésiterez pas, vous obéirez, vous tirerez, mais non sur vos camarades.
Vous tirerez sur les soudards galonnés qui oseront vous donner de pareils ordres.

Quand on vous enverra à la frontière défendre le coffre-fort des capitalistes contre d'autres travailleurs abusés comme vous l'êtes vous mêmes ; vous ne marcherez pas.
Toute guerre est criminelle.
A l'ordre de mobilisation vous répondrez par la grève immédiate et par l'insurrection.

Au premier mai 1906, ceux d'entre vos camarades qui luttent contre l'oppression patronale affirmeront leur volonté de ne travailler que huit heures par jour. En cette circonstance, on vous demandera de noyer dans le sang cet élan d'indépendance et de dignité ouvrière. Mais là encore, Conscrits, vous refuserez d'assumer ce rôle de basse police en proclamant l'étroite solidarité qui vous unit au manifestants.

Voilà ce que vous ferez conscrits, voilà ce qu'il vous faut, dès aujourd'hui, examiner.
Songez bien que vous avez contracté des devoirs envers la classe à laquelle vous appartenez.
Songez bien que votre intérêt est intimement lié à celui de tous les travailleurs.
Manquer à ces devoirs, oublier ces intérêts, ce serait plus qu'une faiblesse, ce serait une trahison.
Jeunes camarades conscrits, vous ne mentirez pas aux espérances des travailleurs, vous n'abandonnerez pas le peuple dont vous êtes. Vous ne trahirez pas la cause des exploités : la vôtre !

Le comité national :
Gustave Hervé, Han Ryner, Lefèvre , Laurent Tailhade ; Georges Yvetot, ...
(les autres noms sont illisibles)

les affiches et photos du 1er mai


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le syndicalisme révolutionnaire face à l'Etat (1895-1914) ; Propos sur le sabotage (E. Pouget) ;
1906, le congrès CGT de la Charte d'Amiens ;
Pierre Monatte : lettre de démission de décembre 1914 ;
Histoire des bourses du Travail ;
Fernand Pelloutier : lettre ouverte aux anarchistes ;
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1er - 4 mai 1886 : naissance d'un mythe à Chicago ; Histoire des Prud'hommes (Georges Yvetot) ;

A lire :
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(Emile Pouget) ;

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