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La présentation d'un événement
historique, surtout s'il constitue un affrontement de classes, est souvent
falsifié par ceux de ses détracteurs qui l'étudient.
La Commune de Paris n'échappe pas à ce sort, ni à la mystification dont
l'entoure ceux qui s'en réclament.
Le 21 mai 1871, c'est le début de l'effondrement de la Commune de Paris.
Après l'extraordinaire espoir
(que la Commune) avait pu susciter parmi ses partisans (...), on est arrivé
à un point de lassitude, de découragement qui va être déterminant puisque
militairement, politiquement la Commune a déjà perdu la bataille.
Ce jour, quand les Versaillais entrèrent dans Paris, l'idée de la Commune
était déjà morte.
Malgré les promesses, après un tas de propos ronflants, d'affirmations
d'héroïsme, toute une armée va rentrer sans tirer un coup de fusil parce
que c'est dimanche, qu'on n'y croit plus beaucoup, que ce n'est pas "notre"
quartier et que les versaillais arrive par la porte du point du jour,
c'est le XVIe, un quartier bourgeois.
Les communards vont retomber dans la vieille notion révolutionnaire qui
est de défendre son quartier, c'est une défense qu'ils envisagent, pas
une offensive. C'est le gros échec de la Commune sur le plan militaire.
Thiers a dit : "Avec ce qui m'arrive à Paris, il me faut des troupes".
Bismarck a libéré des officiers, qui ont été démobilisés dans plusieurs
villes, en particulier à Auxerre, de façon à reprendre du service contre
les communards.
Le comité de salut Public va alterner les déclarations héroïques d'appel
à mourir sur les barricardes et les tentatives de négociations.
L'une des dernières réunions du Comité central, s'est tenue le 24 mai
1871. Il a proposé par voie d'affiches au gouvernement de Versailles,
qui possédait déjà la moitié de Paris, un cessez-le-feu, la démission
de l'Assemblée de Versailles, la démission de la Commune et l'élection
d'une assemblée. Politiquement ce n'était plus d'actualité.
rue de Rivoli
après la bataille (album photo)
La Commune a été de toutes
les insurrections parisiennes celle qui avait le plus de munitions, le
plus d'armes, le plus de canons. Or, la lutte a duré moins, pourquoi ?
Maintenant, c'est le Paris d'Haussmann, celui des grandes voies.
Les grandes rues permettent justement des tirs beaucoup plus longs, des
charges de cavalerie.
C'est ce que voulait Haussmann. Mais on aurait tendance à oublier que
l'inverse est vrai. Si ça permettait le tir des canons, cela permettait
aussi le tir des canons fédérés. Pendant cette dernière semaine la Commune
n'existe plus en tant qu'organisation. Tous les actes qui vont être commis
par les communards seront essentiellement des actes individuels, de petits
groupes plus ou moins organisés, mais ne seront pas du tout la traduction
d'une volonté délibérée de la Commune en tant qu'organisation structurée.
On va reprocher à la Commune l'exécution des otages, en réalité elle n'y
est pour rien. Cela va être la volonté de quelques membres de la Commune
qui se rendent compte que tout est perdu. A l'inverse Thiers pensait que
la répression, extraordinairement dure, qu'il a délibérément commandée,
allait servir d'exemple pour les générations futures, leur donner une
sainte peur de la répression gouvernementale. Il ne se rendait pas compte
que cela allait être quelque chose d'indélébile, une blessure qui rendrait
la Commune absolument inoubliable.

la dernière
barricade : rue Ramponeau et rue de Tourtille
La répression de l'armée versaillaise va être méthodique, le laminoir
sera effroyable.
Par les combats il y aura relativement peu de tués. Je ne pense même pas
qu'il y aura mille Versaillais tués au combat. Seuls 3 000 ou 4 000 ont
réellement été tués pendant les combats. Tous les autres ont été fusillés
systématiquement en représailles : 40 000 à 60 000 morts.
Il faut reconnaître que les troupes de Versailles ont été aidées par toute
une population de Paris qui arborait le brassard tricolore et dénonçait
les gens. Il ne fallait pas à cette époque se cacher dans une maison inconnue
avec une blessure à la jambe : on n'était même pas tué par la troupe,
mais par des civils qui, exorcisaient une certaine lâcheté.
Cette répression n'a pas été seulement l'oeuvre dé la classe militaire,
qui a été ignoble ; il ne faut pas oublier l'effroyable comportement des
voisins, des bourgeois, des aristocrates, propriétaires ou militaires,
mais aussi des voisins de palier, des jaloux, des aigris.
La Commune a aligné peut-être 40 000 combattants, peut-être un peu moins
à la fin parce que l'enthousiasme baissait. Mais que représentent 40 000
combattants sur une population de 1 500000 à 1 600000 (habitants) ?
On est en droit de se demander ce que faisait le million d'observateurs.
Gérard
Conte
le Mur des Fédérés au cimetière du Père
Lachaise
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Histoire et souvenirs de la Commune (Louise
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Eugène Varlin (revue
Itinéraire)
; Le journal officiel de la Commune de Paris ;
Louise Michel (éditions
du Monde libertaire)
; L'Internationale (James
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Idées sur l'organisation sociale (James
Guillaume)
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La Commune de Paris au jour le jour (Paule
Lejeune)
Michel Bakounine (Oeuvres
complètes)
; Les écrivains contre la Commune ;
Le Cri du Peuple : Roman de Vautrin et album BD de Tardi ;
La Commune photographiée (Edition
des musées Nationaux)
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