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Tout
sur la Commune
de
Marseille
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Il est courant
de lire ou d'entendre que l'une des causes de la défaite de la
Commune
fut son isolement. Paris insurgé et le "désert"
français. Ces textes et déclarations d'époque, prouvent
que ce n'était pas les cas. En plus des villes citées ci-dessus,
il y a eu d'autres mouvements à : Narbonne, Béziers, Perpignan
(25 mars) à Grenoble (16 avril) ; Bordeaux (16 et 17 avril) ; Nîmes
(le 18 avril) ; Périgueux, Cuers, Foix , Rouen, le Havre et même
à Alger.
Dans de nombreuses Communes des drapeaux rouges apparurent régulièrement
sur les monuments publics de mars à mai 1871.
Fédération
révolutionnaire des Communes,
La situation désastreuse
dans laquelle se trouve le Pays ; l'impuissance des pouvoirs officiels
et l'indifférence des classes privilégiées ont mis
la nation française sur le bord de l'abîme.
Si le peuple organisé révolutionnairement ne se hâte
d'agir, son avenir est perdu, la révolution et perdue, tout est
perdu. S'inspirant de l'immensité du danger et considérant
que l'action désespérée du peuple ne saurait être
retardée d'un seul instant les délégués des
comités fédérés du salut de la France, réunis
au Comité central proposent d'adopter immédiatement les
résolutions suivantes :
- la machine administrative et gouvernementale de l'Etat, étant
devenue impuissante, est abolie
- tous les tribunaux criminels et civils sont suspendus et remplacés
par la justice du Peuple
- le paiement des impôts et des hypothèques est suspendu
et remplacé par les contributions des communes fédérées,
prélevée sur les classes riches, proportionnellement aux
besoin du salut de la France
- l'Etat étant déchu, ne pourra plus intervenir dans le
paiement des dettes privées
- toutes les organisations municipales existantes sont cassées
et remplacées dans toutes les communes, par des comités
de salut de la France, qui exerceront tous les pouvoirs sous le contrôle
immédiat du Peuple
- Chaque comité de Chef lieu de département enverra deux
délégués pour former la convention révolutionnaire
du Salut de la France
- Cette convention se réunira immédiatement à l'Hôtel
de ville de Lyon, comme étant la seconde ville de France et la
plus à portée de pouvoir énergiquement la défense
du Pays
Cette convention appuyée par le peuple entier sauvera la France.
Aux Armes !
Lyon, le 26 septembre 1870
Déclaration
signée en autres par :
Albert Richard, Michel Bakounine (Lyon), Rajon (Tarare), A. Bastellica
(Marseille), Dupin (St Etienne) ...
Le
30 avril 1871 des insurgés s'emparèrent de la Mairie de
la Guillotière
les affiches
de la Commune
Mâcon
:
Une génération
ne peut pas engager les générations à venir. Les
coups d'Etat et les plébiscites sont les causes directes de tous
les malheurs qui nous accablent.
"Les rois, disait le conventionnel Grégoire, sont dans l'ordre
moral ce que les monstres sont dans l'ordre physique ... L'histoire des
rois est le martyrologe des nations ... "
En conséquence, tous les prétendants doivent être
à jamais bannis de France et mis hors la loi. Ils serviraient,
par leur présence, de prétextes perpétuels à
des discordes civiles.
Les deux bases fondamentales de la tyrannie sont l'ignorance et la superstition.
Il y a deux moyens de les faire crouler :
- L'instruction gratuite, obligatoire et radicalement laïque;
- La séparation de l'Eglise et de l'Etat, comprenant la suppression
du budget des cultes.
Les écoles doivent
être communes, afin de faire disparaître chez les enfants
tous les préjugés de caste, qui sont des obstacles à
l'égalité, à la fraternité. L'enseignement
de principes religieux doit y être interdit ; intestines disparaîtront
avec cette indépendance. Il n'y aura plus conflit entre l'autorité
civile et l'autorité religieuse. Les manifestations publiques des
cultes doivent être rigoureusement interdites.
Les tribunaux sont institués
pour défendre l'homme contre les abus de la force et du privilège.
En conséquence, la justice sera ramenée autant que possible
à la gratuité. La procédure doit être publique.
La justice aura pour base le jury. L'inamovibilité des magistrats
disparaît. Comme tous les fonctionnaires, ils seront responsables
de leurs actes, et pourront être directement poursuivis.
Les armées permanentes,
trop puissantes à l'intérieur pour étouffer la liberté,
sont trop faibles pour résister aux invasions étrangères.
Nous venons d'en acquérir la prouve douloureuse.
Elles doivent être licenciées (tout en tenant compte des
positions acquises) et faire place à la nation armée.
La conscription doit être abolie. Les guerres de conquête
sont infâmes, La défense du sol est sacrée.
Le socialisme est l'étude des questions appelées réaliser
le but de la société : le Bonheur Commun.
La République est le
milieu libre dans lequel peuvent se discuter les questions sociales.
Dans ce eu, la rôle du gouvernement, mandataire de la collectivité
des citoyens, doit se borner à laisser aux différentes écoles
socialistes l'indépendance la plus complète, en donnant
pour garantie les libertés de presse, de réunion et d'association.
Les causes de toutes les révolutions sont : les privilèges,
l'inégalité devant les résultats, entre le capital
et le travail, Le travail gorge le capital, - le capital nourrit à
peine le travail.
Faire une juste répartition des bénéfices entre le
capital et le travail, c'est étouffer le germe des guerres civiles.
Les républicains. qui veulent non-seulement la concorde entre Français,
mais entre les peuples de l'Europe, doivent associer leurs efforts pour
arriver à l'application de ces principes par la liberté,
la science et le travail.
Ils doivent néanmoins avoir toujours la main sur leurs armes, et
ne pas se fatiguer de veiller.
Il ne faut pas qu'un coup de force nous précipite de nouveau dans
un avenir sans fin de révolutions.
Déclaration approuvée
par le comité radical de Mâcon, le 9 Mars 1871.
la prise de l'Hôtel
de ville à St Etienne le 24 mars
St Etienne :
Du 23 mars au 28 mars à St Etienne sous l'impulsion du club "de
la rue de la vierge" et de la garde nationale, des manifestations
eurent lieu puis, l'hôtel de ville fut pris par les insurgés.
Au Creusot :
le Drapeau rouge était hissé tous les jours, la Commune
fut proclamée plusieurs fois par Dumay et les gardes nationaux,
mais à chaque fois l'armée reprit le contrôle de la
ville.
Toulouse, le 25 mars
1871
La garde nationale de Toulouse,
réunie à l'occasion de la création de bataillons
de garde constitutionnelle et de l'installation de M. de Kératry
en qualité de préfet de la Haute-Garonne, a proclamé
aujourd'hui à deux heures l'organisation de la commune, aux cris
de : Vive Paris !
Le corps d'officiers de la garde nationale sédentaire constitue
la Commune de Toulouse.
La commune déclare M. de Kératry déclin de son titre
de préfet, et maintient le citoyen Duportal en qualité de
délégué du pouvoir central.
La commune déclare vouloir la République une et indivisible,
et elle adjure les députés de Paris d'être les intermédiaires
d'une transaction désirable entre le gouvernement de la République
et le peuple de Paris.
Dans ce but, elle somme la gouvernement d'avoir à dissoudre l'Assemblée
nationale comme ayant accompli le mandat pour lequel elle a été
élue, comme étant la cause de toutes les difficultés
présentés et le fruit de la peur et de la corruption cléricale.
Elle adhère aux préliminaires de la paix et demande que,
pour délivrer le plus tôt possible le sol de la patrie de
la souillure de l'étranger, des mesures énergiques soient
prises pour faire payer, sans délai, les frais de la guerre à
ceux qui ont déchaîné ce fléau sur la pays
et conclu une paix ruineuse et humiliante.
La commune de Toulouse fera respecter toutes les opinions et assurera
la conservation de tous les intérêts public et privés
; mais elle sévira avec vigueur contre toute tentative de perturbation.
Son but est de mettre la République à l'abri des conspirations
monarchiques de toute sorte, et d'arriver, par le concours qu'elle entend
donner à la représentation radicale de l'Assemblée,
à la disparition de tous les malentendus qui prolongent nos déchirements,
Vive la République
une et indivisible !
Suivent les signatures des
officiers de l'état-major et celles des officiers du 1er bataillon
(ouest), du 2è bataillon (sud), du 3è bataillon (centre),
et du 4è bataillon (nord.)

LE MOUVEMENT DE LIMOGES
Nous recevons de Limoges des
nouvelles d'une haute gravité. Nous nous bornerons aujourd'hui
a en faire le narré, tel que nous le tenons d'un habitant notable
de cette ville, arrivé ce soir à, Paris.
Le 4 de ce mois, un détachement
de 450 hommes appartenant au 9è régiment de ligne, reçut
un ordre de départ pour Versailles. Les soldats se dirigèrent
vers la gare aux cris de : Vive la République !
Et tout la long de la route la foule les accueillit par des bravos mille
fois répétés. Arrivés à la gare, ils
déclarèrent qu'ils ne se battraient point contre leurs frères
de Paris. Et au même instant, pour donner plus d'autorité
à leur engagement, ils remirent à la foule, aux ouvriers
qui les entouraient, leurs armes et leurs cartouches; puis ils rentrèrent
en ville. Leur retour, l'attitude énergique qu'ils venaient de
prendre en présence de leurs officiers firent une telle impression
sur le peuple, que des centaines de bras se levèrent pour les porter
en triomphe ce n'était plus de l'enthousiasme, c'était un
délire patriotique.
L'autorité civile se réunit aussitôt à l'Hôtel
de ville, dans un effarement très facile à comprendre. On
chercha longtemps, mais hélas en vain !
M. le préfet, le représentant du gouvernement de Versailles
avait déjà jugé opportun de prendre la fuite.
Le maire ordonna au Colonel des cuirassiers de charger la foule et de
s'emparer des soldats mutinés.
Cet ordre fut suivi, mais son exécution n'aboutit qu'à exaspérer
le peuple. La mêlée devient Bientôt générale,
dans la lutte le colonel fut tué et un capitaine grièvement
blessé.
Limoges est en pleine révolution.
Le 9è régiment fraternise avec les habitants de la ville.
Le journal officiel de
la Commune de Paris, 6 avril 1871
autres
articles :
La
Commune de Paris ; l'AIT
pendant la Commune de Paris ;
la semaine
sanglante (22-29 mai 1871)
Marx-Bakounine et la Commune de Paris ; La
Commune par elle-même ;
Courbet, Proudhon
et la Commune de Paris ; Eugène
Varlin ; Nathalie
Lemel ; Louise
Michel ;
Place au peuple,
place à la Commune ! (Jules Vallès) ; La
Commune de Marseille ;
la Commune de Paris,
l'éducation et la culture ; la
Commune de Paris photographiée ;
la Commune dans le
XIIIè arrondissement (la journée du 18 mars) ;
Extrait
du procès de la communarde Louise Michel (décembre 1871
Versailles) ;
Louise la Canaque,
les trépidantes aventures de Louise Michel en Nouvelle Calédonie
;
A propos du Film la Commune de Peter Watkins ;
A
lire :
Histoire
de la Commune (PO Lissagaray) ; Histoire et souvenirs de la Commune (Louise
Michel) ;
Eugène Varlin (revue Itinéraire) ; Le journal officiel de
la Commune de Paris ;
Louise Michel (éditions du Monde libertaire) ; L'Internationale
(James Guillaume) ;
Idées sur l'organisation sociale (James Guillaume) ;
La Commune de Paris au jour le jour (Paule Lejeune)
Michel Bakounine (Oeuvres complètes) ; Les écrivains contre
la Commune ;
Le Cri du Peuple : Roman de Vautrin et album BD de Tardi ;
Gaston Crémieux (Roger Vignaud
; Edisud) ;
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