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Que pensent-elles ?
les libertaires aujourd'hui ?

Evian 2003 : contre les saigneurs du G8, construisons une alternative anarchiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes, photos,...
sur le site de
la ClaacG8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annemasse,
le Larzac et pour
finir en beauté
l'année 2003 :
le Forum Social Libertaire à Paris

Pari tenu.
Tel pourrait être en quelques mots le bilan de la Claaac G8 !

(Convergence de luttes antiautoritaires et anticapitalistes contre le G8).

Née lors d'une réunion nationale du mouvement libertaire un 8 décembre 2002 dans les locaux de la librairie la Plume noire à Lyon, l'aventure de la Claaac s'est petit à petit affirmée en regroupant dès janvier 2003 la plupart des organisations libertaires françaises et suisses avant de s'élargir ces dernières semaines au plan européen.
L'objectif de la Claaac était simple : faire exister un pôle politique et syndical anticapitaliste, antiautoritaire, antipatriarcal et révolutionnaire qui soit autonome des courants réformistes, des ONG et de toits ceux et celles qui veulent simplement humaniser le capitalisme; permettre au mouvement libertaire de se présenter comme crue alternative politique et sociale au système de domination et d'exploitation actuel.

Afin de réaliser cet objectif, les organisations membres de la Claaac avaient décidé de mener une campagne commune de protestation contre les " saigneurs du G8 ", de s'impliquer dans l'organisation du Village alternatif, anticapitaliste et anti-guerre (VAAAG) et d'organiser un cortège noir et rouge commun lors de la manifestation internationale du dimanche 1er juin.
Sur ces crois points, il est indéniable aujourd'hui que le pari à été réussi. La campagne commune qui fut lancée à Genève à l'occasion des réunions internationales de préparation de l'anti-G8 le 1er mars dernier a permis de populariser les cinq thèmes de mobilisation que nous avions retenus (l'anticapitalisme, l'antimilitarisme, l'antipatriarcat, la défense de la liberté de circulation et la promotion de l'action directe comme forme d'implication sociale).
Pus de 30000 affiches ont été diffusées, 60000 autocollants et 35000 exemplaires d'un journal de campagne sorti en deux numéros. En rassemblant entre 5 000 et 7 000 personnes selon les observateurs, l'imposant cortège noir et rouge de la Claaac dans la manifestation du dimanche 1er juin a permis de montrer que le mouvement libertaire est une force incontournable dans le paysage politique et social actuel. Enfin, en s'impliquant pleinement dans la préparation et l'organisation du Vaaag. via la participation des collectifs locaux, les militant(e)s de la Claaac ont montré que l'anarchisme n'est pas seulement une force de contestation et de protestation mais aussi une forme d'alternative sociale porteuse de pratiques autogestionnaires concrètes. La force du mouvement libertaire réside bien dans cette capacité à allier la contestation aux expériences d'alternatives sociales.
Et c'est pleinement ce qui a été réalisé lors de cette campagne !

En travaillant ensemble, en mentait cette campagne de façon unitaire, les libertaires ont montré que ce qui les rassemble est beaucoup plus important que ce qui trop souvent les divise. Nul doute que l'ampleur du monde, qui a largement débordé 1e simple cercle des militant(e)s, tout comme l'impact de notre initiative sont bien supérieurs à l'addition des simples sphères d'influence des organisations membres de la Claaac. La mise en commun de tous nos moyens et réseaux, la démarche collective et unitaire, nome capacité à parler d'une seule voix face aux autres composantes du mou ventera social, le tout sur ou objectif concret et précis, expliquent en grande partie la réussite de cette campagne et prouve notre capacité à peser sur le fil des événements e des mobilisations sociales.
Nul doute que, tout cru respectant la sensibilité de chacune de nos organisations, une telle réussite en appelle d'autres, que nous devons être capables d'agir de nouveau ensemble, de façon transversale, afin de peser sur le cours des choses et de prouver qu'on autre futur est possible !
La barbarie du système actuel nous l'impose camarades !

David groupe Knonstadt Lyon

manif à Genève (album photos du G8)

VOILA, je confirme,
c'est super dur de rentre chez soi, après plus de dix jours de VAAAG.
On n'arrive plus à s'en défaire et les copainscopines nous manquent.

Au moins, on n'a pas bossé pendant six mois là-dessus pour rien. Ça valait vraiment la peine !
Une super réussite, nue expérimentation sociale comme j'aurais pas cru qu'on puisse la faire il y a un m. on a semé des graines, elles ont commencé à germer, qu'elles continuent à croître !

Et n'oublions pas que le village a non seulement conquis des personnes déjà sensibles à nos idées, mais aussi des habitant(e)s d'Annemasse, qui nous ont soutenu-e-s et que nous avons d'ailleurs invité-e-s à nous rejoindre le mardi 3 juin au soir, pou une soirée avec AG et repas.
Une super ambiance, des barrières tombent, des liens se tissent.
Un Annemassien disait : Et maintenant, qu'est-ce qu'on va faire sans vous ?
On leur manque déjà ! Et nos pratiques avant tout !
À bientôt.

Sophie de Chambéry

la buvette du Vaaag

Mon bilan du Vaaag

Le premier jour, j'ai participé à la construction de la cuisine du quartier où on avait planté la tente, j'ai pas mal participé à la bouffe, et découvert l'application pratique et les implications du prix libre.
Le deuxième jour, j'ai pris un coup de soleil sur la tête, RAS ... Ah, si, il y a eu la manif festive dans le centre d'Annemasse : c'était vraiment agréable d'inviter les gens à venir manger au village, il paraissait possible qu'ils se déplacent pont venir nous voir et discuter. D'ailleurs, certains l'ont fait, j'en à vu passer quelques jours plus tard à un repas: un bon point pour l'ouverture sans transiger avec la radicalité, même si les drapeaux noirs font peur à la plupart des gens, moi avant comprise !

Ensuite, ça se mélange un peu, il y a eu un pogo féministe réussi (on a pu réaliser un espace non mixte au deuxième rang des spectateurs, c'était pas gagné d'avance), un passage au point G, pour voir et tâter l'ambiance : essentiellement, ça fait du bien, je trouve ça réellement décontractant d'être débarrassée de tout regard masculin.

L'autogestion et les décisions collectives sont parfois un peu lourdes à martien (les assemblées de bandes sont longues, ou agressives, ou creuses), mais on peut proposer ce qu'on veut et le mettre en pratique :
y'a un truc qui va pas ? Ben, bouge tes fesses !
Les infos sur les débats du VIG passent pas sur radio VAAG ? Propose !
Le tri est fait n'importe comment ? Bon, on fait des affiches et on les distribue dans les cuisines !
Le tri est toujours fait n'importe comment ? On laisse tomber et on réalise que y'a peu de production de déchets (toutes les cuisines utilisaient de la vaisselle lavable par exemple), et que c'est là l'essentiel !

Le mieux, c'est d'avoir pu discuter d'énormément de choses avec énormément de gens.

Virginie

Nous sommes dans le dernier trimestre 2002, lorsque des initiatives françaises sortent des cerveaux collectifs de plusieurs groupes. On peut compter entre autres celle de la Claaac G8 et celle du Vaaag, village anticapitaliste et antiguerre sur l'initiative du réseau No Pasaran. No Pasaran invite large pour les premières réunions (des milieux trotskistes, écologistes, etc.), mais la rupture est inévitable. Effectivement, sous prétexte d'unité, de la nécessité de créer un front commun, de ne pas apparaître comme de vilains petits sectaires, plusieurs organisations et mouvements refusent de se prononcer pour un réel anticapitalisme et refusent une rupture avec la gauche institutionnelle.

Anticapitaliste et en rupture avec la gauche institutionnelle

Le refus de se positionner clairement de manière anticapitaliste consiste à défendre implicitement que le capitalisme peut se réformer et être "humain". De la même manière nous verrons régulièrement dans les débats du Vig (village inter-galactique, rassemblant Attac, la LCR et l'ensemble de la gauche institutionnelle) un souci de réformer le G8 de l'élargir.
La Claaac, de son côté, affirmait dans une conférence de presse juste avant le 28 mai : Non seulement nous contestons la légitimité de ce sommet, mais aussi la légitimité de chacune de ses composantes. Les chefs d'État, même démocratiquement élus, ne représentent pas les intérêts ni les aspirations de ceux et de celles qui les ont portés au pouvoir, mais ceux des puissances financières qui leur permettent de s'y maintenir. Le système capitaliste et son corollaire le salariat ne peuvent être réformés...

Cette rupture n'est pas le résulta d'une pratique sectaire, du refus du débat, mais d'un besoin de duré au risque de revivre les illusions du commit mairie autoritaire ou de la social-démocratie. Et que dire de Lula qui, après s'être rendu à Porto Alegre, accepte l'invitation de Chirac au G8 afin de proposer la création d'un fonds contre la misère et la famine en taxant les ventes d'armes !

Deuxième point de rupture : les mouvements altermondialistes refusent une réelle rupture avec le capitalisme et donc avec les organismes, institutions et partis politiques le gérant. Or il est impossible d'ignorer la volonté hégémonique de la gauche classique. Les luttes, que ce soit au niveau social, sur les retraites, etc., des sans-papiers, du nucléaire, etc., doivent se mener de manière autonome, sans rattachement avec les enjeux politiciens, les enjeux de pouvoir et de stratégies et d'échéances électorales.
L'autonomie des luttes est une nécessité !
Et comment ignorer l'objectif (récupération, flirt électoral, etc.) du PS quand il souhaite organiser un forum sur la mondialisation à Annemasse (lieux d'implantation des villages) en invitant les pontes de la sphère associative (Attac, Cedetim, etc.). Que leur meeting, qui tentait par la même de faire une véritable OPA médiatique dans un premier temps sur ce qu'il se passait dans la région, soit annulé par l'intervention et la forte présence des anarchistes dans la ville est en soit une petite victoire.

La Vaaag, une alternative en acte

Le pari n'était pas mince: créer un espace autonome de réflexions et d'actions, créer un lieu autonome qui puisse devenir un véritable espace de convergence des résistances. Pari réussi en grande partie comme le prouve les témoignages qui suivent. Certes, il ne faut pas faire de cette expérience mie image idyllique, mais elle fut très riche. L'expérience autogestionnaire ne fut pu complète, et certaines personnes ne se sont pas impliquées et ont vécu le lieu en consommateur ou consommatrice. De même, l'implication parfois énorme dans la gestion quotidienne et logistique du village nous à parfois empêché de participer aux débats, aux échanges politiques, etc. Néanmoins, nombre d'espaces ont été le fruit d'expériences collectives (avec ses assemblées générales, la rotation des tâches et des mandats, l'élaboration collective de projets d'aménagements ou d'actions, etc.) comme les quartiers/barrios avec leurs cantines, les espaces accueil/sérénité, etc. Les prix fibres (on paye en fonction de ses moyens) n'ont pas entraîné de déficit particulier Les débats furent permanents, de ceux organisés sous les chapiteaux et qui réunissaient au minimum une petite centaine de personnes à ceux qui naissaient spontanément autour de pluches, de la vaisselle ou d'un repas.

Action directe

Le Vaaag a donc naturellement été un lieu d'émergence d'idées et de mises en place d'actions. Un débat permanent (qui mériterait à lui seul de nombreuses pages) existait sur la question de la violence, sur sa légitimité, sur le regard médiatique, etc. Un consensus arrivait parfois à émerger :
- Reconnaissance des diversités tactiques, mais les personnes doivent s'auto-organiser sans impliquer des personnes venues d'une manière pacifique (pas de mise en danger d'un cortège pacifique par exemple).
- La violence (blocage, occupation, etc.) est d'autant plus légitime qu'elle est portée collectivement, par un réel mouvement et non pas le fruit d'une avant-garde éclairée, Le mouvement social sur les retraites en est le parfait exemple : après un mois de manifestation dans la bonne humeur sans rien donner (même pas l'amorce d'une fausse négociation), l'action directe, visant le blocage partiel du système, arrive à l'ordre du jour.

Les actions hors du village furent donc multiples: le 29 mai, manifestation festive et d'autodérision à Annemasse ; le 30 mai, manifestation à Genève (passage en train gratuit, sans montrer ses papiers à la frontière) qui se termine par une occupation partielle du siège de l'OMC (organisation mondiale du commerce); le 31 mai, actions contre le meeting du Parti socialiste ; le 1er juin, à l'aube, action de blocage visant à ralentir, à désorganiser le sommet : en cherchant entre autres à empêcher des délégations, le personnel, les traducteurs à se rendre à Evian, le 1er juin, manifestation de la Claaac.
Et on ne cite pas toutes les actions à Genève ou Lausanne.

Même si les forces de l'ordre avait des consignes particulières afin d'éviter la bavure comme à Gênes, la police était là pour sécuriser, pour maîtriser. C'est ainsi que les contrôles furent multiples, qu'en Suisse plusieurs centaines d'arrestations sont à déplorer, des blessés graves, etc. On en reparlera...
Malgré tout, le Vaaag a été une forte expérience et que l'on n'est pas prêt d'oublier et, le vâââg à l'âme, on l'a eu retour car on se sent seul, on recherche ces espaces permanents de convivialité, de débats... comme le prouve aussi les extraits des témoignages qui suivent.

Téo de Nantes

1er juin, la tête du cortège Noir et Rouge


Autres articles :
OGM, intruments de la domination capitaliste et interview des inculpés de Millau ; Vers la grève gestionnaire ;
Une approche libertaire des luttes anti-mondialisation ; G8 à Gênes appel international pour un contre sommet !
Services publics : perspectives libertaires et paroles de luttes (1995, 1998, 2003) ;
Pierre Bourdieu sur Radio Libertaire ; Une autre Europe pour un monde libertaire (Sommet de Bruxelles 2001)
Le capital contre la vie, à propos du contre G8 environnement (2003)

Les intermitents du spectacle racontent leur lutte sur Radio Libertaire.

A lire :
Le village Vaaag, photos, témoignages et textes collectifs. (aux éditions No Pasaran et Monde Libertaire)


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