|
|
La semaine dernière,
les moutons noirs des PTT ont tenu leur 1er congrès national.
La toute jeune fédération SUD (PTT) réunissait 300 délégués pour débattre
de son avenir et de ses perspectives d'actions, de l'avenir du syndicalisme,...
Extraits des textes soumis aux débats et adoptés par le congrès SUD
L'identité de SUD :
La fédération SUD se prononce
pour une rupture profonde avec la logique capitaliste. En cela elle s'inscrit
son action dans la conception du syndicalisme défini en 1906 par la CGT
dans la Charte d'Amiens qui assigne un double objectif et une exigence
pour le syndicalisme :
défense des revendications immédiates et quotidienne des travailleurs
et lutte pour une transformation d'ensemble de la société, cela en toute
indépendance des partis politiques.
Elle se reconnaît aussi dans l'apport pour le mouvement syndical par la
CFDT des années 70, du projet de socialisme autogestionnaire comme objectif
de transformation sociale.
L'émancipation des travailleurs sera le fruit de l'action consciente collectivement
déterminée, mise en oeuvre librement consentie par les travailleurs eux-mêmes.
Si notre intervention se situe dans le milieu du travail, elle s'exerce
également dans tous les domaines de la vie sociale de par les conséquences
qui en découle sur les conditions d'existence des travailleurs.
C'est à partir de cette conception globale de l'intérêt des salariés que
le SUD se réserve le droit de porter tout jugement qu'il estime nécessaire
sur les orientations, les décisions, les actions des différentes forces
économiques, politiques et gouvernementales.
Pour autant, la fédération
SUD, outil des travailleurs au service des travailleurs, organisation
syndicale pluraliste visant à unifier les salariés pour la défense de
leurs revendications, ne confond pas son rôle avec celui d'un parti politique.
L'expérience le prouve : pour avoir aliéné leur indépendance au profit
des gouvernements et des partis politiques, les grandes confédérations
ont ces dernières années largement contribué à décourager, démobiliser
et désorienter les travailleurs, affaiblissant ainsi considérablement
leur capacité de riposte collective.
La fédération SUD élabore
ses orientations et détermine son action dans la plus totale indépendance
vis à vis des organisations politiques, des gouvernements, de l'Etat ,
des groupes économiques et financiers, du patronat et des logiques que
les uns et les autres véhiculent. Elle entend en toute circonstances demeurer
auprès des travailleurs pour la défense intransigeante de leurs intérêts.
La Fédération SUD se doit
d'avoir un mode de fonctionnement en rapport avec son projet de société.
Sur le fédéralisme : Se fédérer, c'est passer un contrat dans lequel une
réelle autonomie politique, organisationnelle et fonctionnelle est assurée
aux syndicats. En contre partie de cette autonomie certaines conditions
doivent être respectées par les syndicats. Ainsi ne pas reprendre une
revendication, ne pas relayer une action fédérale est un droit absolu
mais qui implique, sous peine de rendre plus difficile un véritable fonctionnement
fédératif de respecter "un " engagement moral " base du contrat :
· en cas d'accord, après débat collectif en son sein, le syndicat applique
la décision quand il l'a voté ;
· en cas de désaccord, le syndicat s'engage à porter le débat de fond
dans la fédération ; les syndicats respectent le mandat donnée à la fédération,
c'est à dire la légitimité issue des débats et des votes de congrès, base
de sa capacité de coordination, d'action de négociation.
Par ailleurs, dans le cas de négociations à son niveau ou de décisions
importantes, la fédération se donnera tous les moyens de pouvoir consulter
l'ensemble de ses adhérents.
Cette consultation pouvant aller jusqu'à organiser un référendum.
Tout syndicat a le droit de prendre une position différente ou contraire
de celle de la fédération.
Il se doit, pour respecter notre conception du fédéralisme, d'assumer
toutes les raisons et conséquences de ces actes.
A.
Sauvage
le Monde libertaire 28 septembre 1989
CFDT : les moutons
noirs en congrès
Les syndicats CFDT Santé-Sociaux
de la région Parisienne tenaient leur congrès, samedi 28 janvier à Créteil.
Dans cette monumentale " Maison des travailleurs ", les suspendus de la
fédération Santé CFDT faisaient le point avant de rencontrer le 31 janvier,
les représentants du bureau national de la CFDT. Ces derniers ayant bien
voulu appliquer les statuts quant à la mise en place d'une commission
des conflits, en référence à l'article 48 des statuts confédéraux.
Pour mémoire, depuis le 30 novembre 1988 et suite au congrès de Strasbourg
qui a vu la succession d'Edmond Maire et l'élection de Jean Kaspar au
poste de secrétaire général, les syndicats Santé et PTT de la région parisienne
sont " suspendus ". Terme barbare pour les non initiés, qui recouvre différentes
réalités selon les organisations : retrait des mandats pour les uns, suppression
des locaux pour les autres, courriers aux employeurs, voire radiation
pure et simple.
Les fédérations PTT et Santé reprochent ainsi aux Cédétistes parisiens
leur participation aux luttes dans ces secteurs et, notamment, leur soutien
aux coordinations. Depuis certaines sections ou syndicats ont fait allégeance
aux fédérations et sont re-devenus des moutons blancs !
Pour les PTT, les moutons noirs ont créé SUD, Syndicat Solidaire Unitaire
et démocratique.
Pour la Santé, ils se réunissaient donc à Créteil pour un congrès extraordinaire.
Quatre résolutions étaient soumises au vote des congressistes.
Une motion "préjudicielle" déposée par le syndicat de l'Essonne souhaitant
ne pas voter les textes et attendre la décision du Bureau national, étaient
au préalable repoussée.
La résolution N°1 portant sur les orientations et l'analyse de la situation
a été adoptée, elle, à une très large majorité (86%). Première organisation
syndicale dans le secteur public et social privé sur la région parisienne,
le CRC-CFDT a ainsi réaffirmé sont attachement au socialisme autogestionnaire,
à sa pratique syndicale de " lutte de classe", son souci de l'unité et
son soutien aux nouvelles formes d'organisation que se sont données les
salariés, tout en soulignant la nécessité de l'outil syndical.
La résolution N°2 axée sur la structuration, a été votée à 55% des suffrages
exprimés. Elle s'opposait à la résolution 2bis, elle aussi, consacrée
à l'organisation de la région santé, mais refusant l'illusion d'un CFDT-maintenue.
Cette résolution 2bis, soutenue par les syndicats sociaux privé et Santé
privé de Paris, a été minoritaire.
C'est donc en se maintenant dans la CFDT jusqu'à un prochain congrès prévu
en Avril que les syndicats Santé-sociaux vont mener le débat démocratique
à l'intérieur de la CFDT et poursuivre l'action revendicative. C'est en
effet, fin mars que le bureau national confédéral de la CFDT devrait définitivement
trancher sur les conflits internes.
Une dernière résolution sur le fonctionnement et le financement du CRC
a été adoptée. Elle portait sur la constitution d'une équipe permanente
et la centralisation des moyens ; ce qui n'a pas été sans susciter quelques
débats au sein du congrès entre ceux qui étaient partisans d'un total
fédéralisme en moyens humains et financiers et les autres, pour le moment
majoritaire, partisans d'un minimum de centralisation.
Le congrès s'est achevé sur
le vote de motions d'actualité sur les luttes prochaines dans le secteur
social.
La présence d'Unions départementales et professionnelles, le message d'Eugène
Descamps aux congressistes confirmaient, s'il en était besoin, le soutien
de l'interprofessionnelle CFDT aux " moutons noirs " de la Santé.
Alain Dissoluble
Autres
articles :
Services
publics : perspectives libertaires et paroles de luttes ;
1986 : Quel avenir pour les coordinations (étudiantes et salariés)
;
Vers un service public
de la santé ;
Vers
la grève gestionnaire ; L'anarcho-syndicalisme
aujourd'hui ;
Retour sur les luttes des
années 1970 -1980 (interview de Jacky Toublet) ;
A
lire :
SUD, syndicalement incorrect (Collectif) ;
Ni Dieu, Ni Maire de Charléty aux moutons noirs (Jorge Valéro)
;
|