Que font-ils ?
Que pensent-elles ?
Où-sont les libertaires aujourd'hui ?

Vers un service public libertaire et égalitaire
propositions libertaires et paroles de luttes (usagers et salariés)
1995, 1998, 2003,...

Si les services aux publics c'est l'égalité des citoyens...
l'Egalité cela ne peut être que la gratuité
.

A quoi servent les services publics ?
A garantir l'égalité sociale, à mettre en place le partage des richesses !

La France est la 4ème puissance mondiale. Les PDG du "CAC 40" gagnent 500 fois le SMIC, mais des milliers de personnes dorment dans les rues, les "restos du cœur" distribuent des millions de repas.
Dans une civilisation qui se dit évoluée, les services AUX publics sont un droit inaliénable, donc : NON marchand, d'accès libre, universel. Ils garantissent l'égalité des citoyens(ennes) du point de vue géographique, ils sont aussi facteurs d'entraide et de redistribution égalitaire des richesses. Ils touchent toutes les activités indispensables à la vie en société : L'éducation, le logement, la santé, les transports, la culture (les bibliothèques, la télé,...), l'accès aux communications. Mais aussi la gestion de la cité (au sens large), la gestion des ressources naturelles ; la distribution de l'énergie, de l'eau, etc. Entreprises privées, nationalisées, administrations d'Etat, ce n'est pas la qualité du "propriétaire" qui importe, mais bien la fonction d'utilité sociale pour la population. Si nous combattons la privatisation ou l'introduction des logiques du capitalisme dans le secteur public, nous ne menons pas pour autant une campagne pour la re-nationalisation. Un service peut toujours être détenu par l'Etat (ou une collectivité locale) et se donner comme objectif de fonctionner selon les critères d'une entreprise privée : mettre en avant la rentabilité financière sous couvert de modernisation. C'est déjà la réalité, EDF, la SNCF ou La Poste se conduisent en France et à l'étranger comme les pires des capitalistes.

Le capitalisme renforce l'Etat et détruit le service public
A la libération, le capitalisme avait besoin de s'appuyer des services publics pour favoriser la reconstruction. Par ailleurs, la pression populaire et les risques d'explosion sociale l'ont forcé à lâcher du lest. Dès le début des années 80 les gouvernements de gauche et de droite ont entrepris un virage -prévisible- au profit des logiques du marché. C'est le couple Tapie/Mitterrand qui a organisé la célèbre émission de télé avec Yves Montand : Vive la crise. En 2001, c'est un ministre communiste qui a criminalisé la misère dans les transports (10 voyages sans ticket de métro = 6 mois de prisons). Ce sont les différents gouvernements qui ont fermés des bureaux de postes, des classes, des écoles, des maternités, des services de proximité et dans le même temps ouverts des prisons, des commissariats. Pour y mettre les chômeurs ?

Les "flashballs" de Sarkhozy n'arrêterons pas la misère.
Ce sont les causes de la précarité qu'il faut combattre pas ceux et celles qui la subisse. Or justement les services publics contribuent activement à la lutte contre la misère économique, sanitaire, culturelle et sociale parce qu'il réaffecte égalitairement les richesses produites. C'est pourquoi les capitalistes les combattent. Ils veulent supprimer l'idée de mutualisation des coûts et de répartition égalitaire des richesses pour promouvoir les valeurs comme le profit, les patrons entreprenants, la bourse, la flexibilité des salariés, la débrouille individuelle plutôt que les solutions collectives. Ils ont aussi essayé de culpabiliser les salariés, de leur faire prendre en compte dans leur travail les lois du marché plutôt que l'utilité sociale de leurs actions.
Dans les journaux, à la télé "on" nous dit qu'il n'y a plus d'argent. Mais, depuis 1991, les ménages payants l'ISF (impôt sur la fortune) ont doublé : merci Jospin !
Aujourd'hui, la gauche se lamente sur la disparition progressive de l'Etat, c'est une erreur !
L'Etat se recentre, il lègue au capitalisme toutes ses activités lucratives qui concurrencent leurs entreprises. Il vend aux collectivités les services de proximité ce qui va renfoncer le fossé entre régions riches et pauvres. En parallèle, il se renforce sur son activité régaliene (Police, armée, justice, réglementation, législatif, etc.). Ce sont les services publics qui disparaissent, mais ni l'armée, ni la police, ni les prisons. Le service public, gêne l'objectif principal du capitalisme : faire des profits ! L'Etat se charge de mettre en place une politique humanitaire afin de cacher les injustices les plus inacceptables par la population.

L'Etat n'aurait plus les moyens financiers d'assurer la solidarité sociale ? C'est faux.
Les budgets sont en augmentation dans la police, la justice, l'armée, ce qui favorise la répression au détriment de l'Egalité. Combien d'infirmières, de postiers, d'instituteurs avec le coùt d'un porte avion ? Les recettes de trois derniers "Téléthon" représentent à peine le coût d'un avion de combat du type "Rafale". Qui décide qu'il est plus important de construire un char Leclerc que de fournir des équipements aux chercheurs ? Les gouvernements favorisent les militaires et privatisent la recherche. Sous prétexte de modernisation, les dirigeants des services publics parlent "d'écoute du client", mais ne prennent en compte que les consommateurs les plus rentables.
Le fait de transformer les usagers en "clients" ou en "bénéficiaires" permet d'imposer la rentabilité financière, cela favorise les entreprises, fait payer le citoyen et impose aux salariés une remise en cause des conditions de travail. Partout où ils le peuvent les gouvernements appliquent les recettes du capitalisme : externalisation des missions ; création de filières privatisées, augmentation de la rentabilité financière par la réduction de la masse salariale et abandon des missions dites " non rentables ". Ce qui se traduit par une diminution des effectifs, des restructurations régulières, un abandon des zones rurales ou "pauvres", un transfert des activités vers les entreprises : la part du secteur privé de la santé est devenue majoritaire ou encore la privatisation des services communaux ou les cantines scolaires. Autre exemple, l'emploi massif de stagiaires ; de précaires ; d'intérimaires ; etc.

Vers la gestion directe par les usagers et les salariés. Qui décide et comment ?
Personne ne doit décider à notre place : Révocabilité, Assemblée d'usagers et Mandatement des responsables. Pour sauver le service AUX publics, il faut le débarrasser des politiciens (de l'Etat), de la rentabilité financière et aussi du corporatisme. Notre projet est de mettre le citoyen et la citoyenne au centre des préoccupations du secteur public afin de définir son action en fonction de NOS besoins (usagers et salariés) et non de ceux du capitalisme ou de l'Etat. Il faut rendre le service public à ceux et celles qui l'utilisent, qui y travaillent. La politique de chaque service public doit être définie par l'ensemble des citoyens. Nous devons inverser les prises de décisions et rendre révocables les directions de ces dits services ainsi que les élus. Des dizaines de milliers d'emplois perdus depuis des années sont à re-créer. Pas n'importe lesquels, personne ne contestera une embauche massive d'infirmières, de profs ou de conducteurs de bus, il est hors de question pour nous, de soutenir par opportunisme ou corporatisme, l'embauche de policiers, de contrôleurs, de mâtons et autres emplois socialement néfastes. L'embauche est donc nécessaire, mais pas suffisante. Pour les anarchistes, il n'y a pas de liberté pour les individus sans égalité. Il n'y a pas non plus d'égalité des droits sans égalité sociale. Aujourd'hui, la gratuité est la seule garantie d'égalité sociale.
Le service public égalitaire et autogéré permet au citoyen d'être enfin maître de son avenir.
Le service public "libertaire" permet le partage des richesses que nous produisons et que le capitalisme et l'état s'accaparent.

Wally Rosell - groupe Libertaire Louise Michel
Mai 2003

Mai/juin 2003


Paroles d'usagers et de salariés :

Si l'éducation est le meilleur rempart contre le chômage, nous nous voyons obligés de constater que nous ne sommes pas égaux devant l'accès au savoir. Une étude récente issue des services du Ministère de l'éducation nationale montre qu'en vingt ans, loin de combler les inégalités sociales, le système en place les renforce : 200 écoles maternelles à elles seules, fournissent la quasi totalité des élèves qui intègrent les " grandes écoles françaises ". C'est pourquoi le but de ce mouvement est l'égalité de tous et de toutes devant le savoir.
Chloé & Mélanie lycéennes à Paris 1998
Le libéralisme est entré en force à l'université. Par exemple, les sujets de mémoire ou de thèse sont pour la plus part du temps financés par des entreprises. Résultat, ce sont les patrons qui choisissent les sujets en fonction de leurs intérêts immédiats et financiers et non plus de leur intérêt en terme de recherche. Stéphanie étudiante 1998

Une politique sociale qui rapporte... à EDF
Pour nous le service public doit satisfaire les besoins de tous,. Pour la direction d'EDF il ne concerne que les bons clients ! Dans ses discours et face aux pouvoirs publics, EDF met en vitrine ce qu'elle appelle sa "politique sociale". De quoi s'agit-il en pratique ? Du versement de 1% de ses copieux bénéfices sociaux et autres associations caritatives. Ce qui lui permet de se dédouaner et de fermer les yeux sur l'ampleur du problème en rabattant sur les centres d'action sociale toutes les personnes déclarant avoir des difficultés de paiement. Or il faut savoir que :
* cette somme lui sera intégralement et directement reversée sous forme d'aides au paiement des factures ;
* cela représente qu'une partie des aides accordées par les centres d'actions sociale pour aider au paiement des factures EDF (le reste provenant de subventions de la ville, du conseil régional, des Assedic, du budget propre des CAS,...)
* qu'en dépit du caractère très restrictif des critères d'attribution, les aides au paiement des factures EDF ponctionnent une énorme partie du budget des centres d'actions sociale. De toute évidence, les sommes disponibles sont sans rapport avec l'ampleur des besoins ; Enfin que ce système ne résout rien, car lorsque arrive la réponse des services sociaux et quel que soit le montant de l'aide accordée, EDF menace de nouveau son "client" de coupure en cas de non-réglement immédiat du reste de la facture. retour à la case départ... Nous refusons le régime électrique pour pauvres que sont les systèmes de compteurs à carte Nous réclamons l'attribution pour les moins fortunés le même tarif avantageux que celui concédé aux entreprises
le Collectif chômeurs-précaires Barbès 1998

La modernisation, c'est la pression commerciale que les guichetiers sont obligés à la fois de subir de la part de l'encadrement et de faire subir aux usagers. Leur " carrière " (promotion, augmentation,...) dépend maintenant, quasi entièrement des objectifs qui sont donnés par la hiérarchie. Il s'agit pour eux de " placer " un maximum de produits courriers ou financiers non pas en fonction des besoins des usagers, mais des intérêts de la Poste. Le service Public est détourné et se sont à la fois les consommateurs et les agents qui en subissent les conséquences. Depuis le milieu des années quatre-vingts la réduction constante des effectifs (environ 3 à 4000 emplois par an). Sur Paris, tous les bureaux sont systématiquement re-structurer environ tous les deux trois ans et à chaque fois cela se traduit par des suppressions de poste (jusqu'à 40 par bureau) et souvent par du travail supplémentaire et/ou de nouvelles contraintes. Il y a des endroits où quelques fois le service " minimum " n'est plus assuré. Au début, la direction s'est appuyée sur des speudos enquêtes faîtes auprès des " clients " : commerçants, entreprises et/ou usagers. A chaque fois, les résultats allaient dans notre sens : plus de service public ! Depuis la direction ne s'embarrasse même plus de prétexte pour passer ses projets. Contrairement aux discours officiels et malgré une automatisation plus grande ; la qualité de service baisse de plus en plus. Hervé - postier

La modernisation, c'est des réglementations qui nous tombent dessus qui nous empêchent de travailler, des beaux discours, mais vides de toute application concrète. Dans mon école il y a deux micro-ordinateurs pour 400 élèves, et un superbe CDI qui est fermé aux élèves faute de personnel. On est obligé de faire la quête chez les commerçants et les entreprises du coin pour financer la moindre des activités pour nos élèves parce qu'on nous a supprimé des crédits.
La modernisation, c'est la privatisation !
Lucille - institutrice.

A La SNCF, l'application des 35 heures c'est un risque certain de dégradation importante des conditions de travail et un service appauvri pour les usagers. Actuellement, ce que nous propose la SNCF, c'est d'aller dans le même sens toujours plus de productivité. La direction demande plus de flexibilité et une augmentation de la productivité. Les 35 heures ne sont qu'un prétexte pour sortir de ses cartons des projets qu'elle n'osait pas appliquer avant. Exemple : les temps de pause, les plages horaires en période de pointe (passer de 8 à 10 heures par jour) sont remis en cause. Inutile de dire que la sécurité des usagers est plutôt vécue comme un frein à la productivité du matériel. De plus, la SNCF voudrait un cadre national minimum et permettre à chaque établissement d'appliquer en fonction des contraintes locales un accord définitif même dérogatoire à l'accord national. Ce qui laisse la porte ouverte à toutes les magouilles et les pressions sur le terrain. Pour les agents aux guichets, les calculs de temps de travail seraient aussi très " orientés ". La direction ne prendrait en compte que le travail effectif en se basant, par exemple, sur le temps de connexion enregistré par les ordinateurs : s'il y a personne au guichet que se passe-t-il ? On peut présumer de la réponse de la direction ! La direction ne parle jamais de réduction du temps de travail mais du passage aux 35 heures ce qui est significatif sur son état d'esprit. L'arrivée des 35 heures inaugure aussi des modification dans l'embauche des nouveaux : la direction invente les contrats " SNCF " mais à temps partiel obligatoire, or le statut SNCF interdit aux agents de travailler ailleurs. Ceci se conçoit pour les temps pleins, mais pour les temps partiels, donc avec un salaire de plus en plus partiel ?
Serge - SNCF

A la RATP : la direction nous propose les 35 heures, mais en ne comptabilisant que le travail effectif !
Qu'est-ce qu'un temps mort ? Quand le bus ne roule pas ?
Les 35 heures sont l'occasion de remettre en cause des acquis sociaux y compris ceux qui déjà ne nous satisfont pas. Non seulement, les accords patrons/syndicats ne sont pas bons, mais en plus, nous sommes obligés de faire grève pour les faire appliquer par la direction. Ce qui montre bien l'état de délabrement du service public et la dégradations des conditions de travail.
Alors que nous demandons l'embauche de plusieurs milliers personnes, le passage aux 35 heures se fera à coût constant, à moyens constants : Pas un emploi ne sera créé. "la démarche d'aménagement et de réduction du temps de travail devra être accompagnée globalement d'une modération salariale et des mesures d'amélioration de la productivité". C'est le texte de départ de la direction. A aucun moment elle parle d'embaucher, les conditions de travail vont se dégrader et c'est encore une fois l'usager qui subira en bout chaîne le résultat.
Jean-Pierre - RATP

Santé : Dans notre secteur, nous pouvons résumé simplement notre rôle : C'est le droit à la santé pour tous ! Nous ne pouvons que constaté que ce principe disparaît de plus en plus que se soit dans le domaine de l'accueil ou des soins que nous pouvons prodiguer aux patients. Nous sommes de moins en moins aptes à donner une réponse aux demandes des citoyens. Les budgets hospitaliers se réduisent d'années en années et le personnel aussi. Au jour d'aujourd'hui il n'y a plus d'accès pour tous à la santé ! ! ! Au mieux on constate une santé à deux vitesses, nous pouvons même affirmer que tous les personnes n'ont pas accès à "l'hôpital". Parler de "clients" dans le domaine de la santé publique est encore plus grave, plus insupportable qu'ailleurs. Pour nous, c'est le rôle essentiel des organisations syndicales de contrecarrées cette volonté de destruction du service public, quel que soit le gouvernement en place. Danièle et Joël - A.P.


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Syndiqué.e. ! Pourquoi ? Comment ? Où ?

A lire :
Les transports gratuits pour tous & toutes (Editions du Monde libertaire)

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