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l'action
anarchiste en musique ?
(fichier 450k)
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A l'approche des élections,
droite ringarde et gauche plurielle nous soûlent de bonnes résolutions
: " ON ne piquera plus dans la caisse " ; " ON vous écoutera " ; "on
réduira le chômage" , etc.
Les élections se succèdent, les gouvernements changent mais la misère
est toujours la même. Les conditions de travail se dégradent, les écarts
de salaire se creusent,…
Va-t-on aller jusqu'à renier le droit de vivre à ceux qui ne parviennent
pas à suivre cette course à l'argent, au pouvoir ?
Il faut se battre pour manger, pour s'habiller et se laver, tout comme
à l'âge de pierre !
Pour les transports publics comme pour le reste, cette société n'est fondée
que sur l'injustice et les inégalités. Le rôle du service public est d'offrir
à chaque individu la liberté de choix et de garantir cette liberté par
l'égalité économique de tous et toutes.
L'égalité, c'est la gratuité !
Pourquoi achète-t-on
une " carte orange " ?
D'abord et avant tout pour
aller travailler, ensuite pour faire des achats. C'est ce que constate
les statistiques du ministère des Transports, de la SNCF ou de la RATP
(1). Pour le réseau SNCF Ile-de-France, 86% des personnes utilisent :
une carte orange, une carte hebdomadaire, les cartes étudiants ou imagine
"R" et 90% sur le réseau Bus RATP. En Ile de France, la billetterie ne
représente que 22% des recettes dont les 2/3 sont les cartes oranges et
autres cartes d'abonnements. Certains affirment que NOUS -usagers- ne
payons que la fabrication des billets, l'entretien des machines à composter,
les contrôles,…
Aujourd'hui
qui profite des transports gratuits ?
Nous sommes devant une situation socialement ubuesque : ce sont ceux qui
économiquement sont les plus favorisés qui bénéficient de transports gratuits.
En effet, nos pôvres patrons, cadres et dirigeants politiques ont tous
des voitures de société, voyagent en première, en avion sur le compte
de leur société. Ils voyagent donc gratuitement et personne ne trouve
rien à redire. Les salariés ont leur Carte mensuelle remboursée pour moitié
par leur employeurs.
Ce sont donc les hommes et les femmes les plus économiquement précaires
qui payent le plus le droit à se déplacer, alors que leurs besoins en
transports sont équivalents aux autres. Ce sont aussi les zones plus défavorisées
qui bénéficient des réseaux les moins nombreux, les moins bien desservies.
En Région Parisienne, si tous les transports publics convergent sur Paris,
vers la Défense ou les grands magasins c'est bien pour aider les patrons
à "convoyer" leurs employés vers les lieux de travail et les consommateurs
vers les zones d'achat !
Ce sont les employeurs, les grandes surfaces qui profitent le plus des
transports, c'est donc à eux de payer !

Une des premières
actions du RATP
(automne 2000) à Paris 18è
Quels changements pour
les usagers ?
La gratuité des transports est un pas important, mais non suffisant. Actuellement,
la création de nouvelles lignes " transversales ", le rythme des passages
en périodes " creuses " sont décidés contre nos besoins réels. Les gares,
le métro sont des espaces publics, ils NOUS appartiennent.
Ce " service au public " doit être géré directement par des représentants
mandatés et révocables : des usagers, des salariés et de tous les habitants
des communes concernées. Ce sont les besoins des usagers et l'utilité
sociale qui doivent primer et orienter la politique des transports et
non la rentabilité financière ou les profits des entreprises privées qui
"vampirisent" le service public.
Quels
changements pour les salariés ?
Les gouvernements et le patronat ont l'habitude d'opposer les usagers
aux salariés. Pas besoin d'être énarque pour comprendre qu'à chaque fois
que l'on améliore la qualité des transports pour les usagers, il y a des
retombées favorables pour les salariés. Inversement, toute amélioration
des conditions de travail se traduit par une amélioration de la qualité
des services rendus.
Selon la RATP plus de 60% des conflits " usagers/salariés " sont liés
à la perception des " titres de transports ". Les contrôles sont des agressions
régulières contre tous, ils pourrissent les rapports entre salariés et
usagers. Il n'est pas question de mettre au chômage telle ou telle catégorie
de travailleurs des entreprises de transports, mais de ré-orienter l'activité
de certains du flicage vers l'accueil, de la répression vers l'entraide.
tickets
distribués par les collectifs.
cliquez
dessus et la musique...
Et la fraude ? ZERO Franc = ZERO Fraude.
Cette proposition évidente, dépasse largement les possibilités d'un cerveau
de technocrate. Les contraventions coûtent plus chères qu'elles ne rapportent,
25¨% sont réellement payées après des mois de procédures. La fraude est
un acte de " légitime défense sociale " face à la misère et à la précarité,
elle est un acte de ré-appropriation aussi légitime que les réquisitions
de logements vides. Frauder est un acte de désobéissance civile dont le
capitalisme et l'Etat portent la responsabilité initiale.
Rendre le service public ouvert ET gratuit pour tous les habitants, c'est
rendre tous les usagers responsables de leur transport collectif et donc
entre autre de le respecter. Bien sur, tout ne sera réglé par un simple
coup de baguette magique, tant que la société sera basée sur l'inégalité
et l'oppression de quelques uns sur la majorité, des îlots de " liberté
" et " d'égalité " ne survivraient pas.
Qui
payera ?
La gratuité, c'est d'abord des économies pour les entreprises.
ZERO machines coûteuses à entretenir (2), zéro billets à fabriquer, zéro
contrôle à facturer. De plus, la multiplication des réductions multiplient
les frais de gestion. Mais, c'est aux principaux bénéficiaires du réseau
de transports de payer. Si, 86% des usagers utilisent les transports en
premier lieu pour aller au travail , c'est aux patrons de payer cet usage.
C'est aussi à tous ces commerçants qui sans transports ne pourraient faire
venir dans leurs magasins les centaines de milliers de consommateurs.
Et
l'environnement ?
Dans de nombreuses villes, l'apparition de nouvelles lignes de tramway,
de métro, de bus ont eu des répercussions plus que favorables pour l'environnement
: -10% de circulation à Toulouse, -5% à Nantes et à Strasbourg. Moins
de voitures, c'est moins de pollution, moins de maladies respiratoires.
Qu'est-ce
que le service public libertaire ?
L'éducation, la santé, les transports, la culture, la gestion de l'eau
potable, des déchets,…
Tous ces services sont indispensables à toute société humaine. Pour les
anarchistes, l'accès à ces services doit être libre et égalitaire. L'égalité
des droits que nous propose le capitalisme et la démocratie parlementaire
est un leurre sans égalité sociale.
Dans notre société, la gratuité est la seule garantie d'égalité sociale.
Le service public doit être dégagé de toutes pressions politiciennes et
de rentabilité financière. Les anarchistes proposent la gestion directe
de ces services publics, leurs dirigeants doivent être mandatés et révocables
par les usagers et les salariés.
Et
en province ?
Quelle que soit la taille des agglomérations, les problèmes restent les
mêmes : la gratuité, c'est l'égalité de tous les habitants. Nos propositions
sont en tous points applicables immédiatement, même dans les villes moyennes.
De plus, les réseaux SNCF ou de cars interurbains apportent les mêmes
services que dans les grandes villes.
Plutôt que de fermer des lignes dites secondaires et ainsi favoriser le
tout automobile, les usagers et les salariés doivent imposer la notion
d'utilité sociale et non subir celle de la rentabilité financière.
Que
faire dès maintenant ?
Agir au lieu d'élire ! Les élections n'ont jamais résolues véritablement
les problèmes de société.
Nous, anarchistes, luttons au quotidien, au côté des usagers, des salariés,
des chômeurs, pour rendre la société plus juste, plus libre, plus égalitaire.
Dès aujourd'hui, il faut exiger des transports gratuits pour tous, demander
l'arrêt immédiat des contrôles, des amendes et des poursuites, et de manière
générale nous occuper directement de nos affaires pour que personne ne
décide plus à notre place.
L'anarchisme n'est pas le chaos et la destruction, c'est une société libre
et égalitaire organisée par tous et pour tous en supprimant le pouvoir
politique et économique de quelque uns sur tous les autres.
Groupe
libertaire Louise Michel
2000
(1) Rapports financier
1999 et statistiques du ministère des Transports 1999 (DAEI-SES-INSEE)
édités en 2000
(2) En Ile-de-France, le nouveau système de billetterie coûtera plus d'1
milliard de francs pour équiper deux tourniquets par station et 140 millions
de francs pour l'achat de cartes à puces.
Affiche de la Fédération
Anarchiste
A
lire :
Les transports gratuits pour toutes et tous (brochure des éditions
du Monde libertaire)
Fraude de Mieux (éditions SCALP- Réflex)
autres
articles :
Services publics
: perspectives libertaires et paroles de luttes ;
Gérons
la ville nous-mêmes : la gestion directe communale
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