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Cinq millions de chômeurs,
un million de mal-logés, de sans abris. Les licenciements, la pauvreté,
la misère… Qui est responsable ?
le gouvernement, les patrons et non les immigrés comme certains veulent
nous le faire croire. Depuis 1974, année du premier choc pétrolier, face
à la montée du chômage et à la crise sociale tous les gouvernements successifs
ont échoué. Incapables de résoudre la situation misérable de millions
de personnes, ils ont tous essayé de masquer leurs responsabilités en
désignant un bouc émissaire : les immigrés.
Plus la crise s'étend, plus les mesures de régression sociale s’aggravent…
plus les gouvernements sont pris d’une frénésie anti-immigrés et plus
les nouvelles mesures sécuritaires sont obligées d’aller loin afin de
" marquer " les esprits.
Début de la crise : on arrête l’immigration " officielle ", les patrons
-eux- continuent d’organiser les filières pseudo-clandestines.
Dans les années 80, Pasqua et Cresson inventent les camps de rétention
et les charters pas chers : les immigrés deviennent indésirables, " on
" les renvoie.
Les Lois Pasqua vont exclure de la " citoyenneté républicaine " des dizaines
de milliers d’enfants, elles basculent dans la clandestinité des milliers
de familles que les industriels ont été cherchés. On interdit le regroupement
familial. On contrôle les études des étudiants étrangers par les préfets
et non plus par des enseignants.
Avant-dernier stade avant l'élimination physique, le pouvoir marginalise
et criminalise les sans-papiers. Exemples : En 1995, à Paris, une femme
fait 5 mois de prison parce qu’elle venait inscrire son enfant à la maternelle
(grâce à des lois édictées par Pétain en 1942), elle fut dénoncée par
la Mairie du 18e.
Une autre, en Bretagne, est condamnée parce qu’elle a hébergé pendant
deux ans… son mari.
Moins Ils agissent contre
le chômage, plus ils votent des lois contre les immigrés
Aujourd'hui sous la pression de la rue la gauche s’agite, gesticule de
nouveau, elle accuse les lois Pasqua et dénonce le projet Debré.
Mais qu’a-t-elle fait quand elle était au pouvoir ?
Rien, A aucun moment elle n’a remis en cause les lois qu’elle disait iniques,
pire elle est a utilisé.
Que l’on soit au gouvernement ou dans l’opposition, pour combattre les
idées et la politique du Front National, il ne faut pas diffuser ses idées,
il ne faut pas appliquer ses propositions.
C’est la misère qui engraisse
le racisme (et les partis qui en vivent).
Nous devons dénoncer les racines de cette gangrène (le capitalisme) par
des actes s’ouvrant sur plus d'égalité sociale, plus de liberté individuelle,
plus de solidarité. C’est la politique de licenciements, de recul social
qu’il faut combattre, pas ses victimes : les chômeurs, les sans abris,
les jeunes, hommes ou femmes qu’ils soient français ou immigrés.
Pour supprimer définitivement la misère, l’exploitation… c’est la société
qu’il faut changer !
Groupe Louise Michel
(Paris 18è)

Ordre moral et immigration
:
L’ordre moral se fonde sur
des valeurs conservatrices et réactionnaires imposées au plus grand nombre
dans le but - avoué ou non - de mettre en place un standard de vie et
de pensée coercitif.
Dans ce long processus d’autoconstruction, l’ordre moral s’appuie donc
sur le rejet de celui qui ne correspond pas au schéma dominant, imposé.
Les domaines religieux, culturels, politiques, sociaux… sont des champs
qui ont servi et qui servent encore à rejeter les étrangers, du moins
ceux qui ne correspondent pas aux canons de l’ordre moral.
L’expression la plus courante du refus de l’immigré se base ainsi sur
la nationalité, élément incontournable de l’ordre moral. L'étranger est
refusé parce que non originaire du territoire où il décide de vivre. Donc,
à priori, non adepte des valeurs dominantes du cru.
Cette remarque est bien sûr valable à bien des échelles : du village à
la région à forte tradition identitaire en passant par les " nations ",
voire les continents. Les divers mouvements d’immigration en France ont
donné lieu à des ressentiments ou à des hystéries reposant sur la mise
en évidence de la " différence " qu’offraient les étrangers.
Rappelons-nous des Italiens au début du siècle qui étaient appelés les
" cristos " ; leur religion et sa pratique étaient ainsi montrées du doigt
par une France alors fortement anticléricale et xénophobe.
Plus tard encore, les républicains espagnols seront désignés à la vindicte
parce qu’ils étaient des
"rouges " et des athées ; maintenant ce sont les Africains que l’on assimile
systématiquement à des musulmans pour tenter de justifier leur rejet par
une France encore enracinée dans ses réflexes judéo-chrétiens.
Cet ancrage de valeurs morales réactionnaires est tel que l’on en vient
à fantasmer sur des prétendues caractéristiques de l'étranger pour mieux
les lui reprocher.
Certains parlent d’odeurs, les autres reprochent les lacunes dans l'éducation
des enfants ou les différences culturelles par exemple. Des reproches
donc qui mettent en relief, pour ceux qui les formulent, la nécessité
pour les étrangers de partir ou de s’intégrer.
Cette formule cache mal l’idée selon laquelle un étranger n’est acceptable
que s’il se fond dans le paysage. Il devra donc se conformer aux codes
de bonne conduite inspirés de valeurs normalisantes forcément autoritaires
puisque imposées pour mieux gommer ce qui fait sa richesse : son unicité
dans tous les domaines, qu’il convient de respecter tant qu’il n’y a pas
recherche de domination ou d’exploitation d’autrui.
Les lois Debré et, avant elles, toutes les lois visant les étrangers,
s’expriment bien dans le cadre de l’application de l’ordre moral. En ces
temps où les gens sont à la recherche de repères pour mieux se rassurer
face à une situation sociale et économique dévastatrice, le retour à la
communauté nationale, religieuse, culturelle, est vécu comme une redécouverte
rassurante et le rejet de celui qui vient d’ailleurs comme une suite logique
de cette démarche.
Ce qu’a très bien compris le FN et, dans une moindre mesure, d’autres
formations politiques qui ne veulent plus laisser le concept de " nation
" et " d’identité française " à l’extrême droite. À noter au passage que
l’ordre moral réactionnaire frappe aussi des secteurs que l’on pourrait
croire à l’abri du danger. Ainsi, des idéologues de l’antiracisme prônent-ils
la réappropriation de l’idée de nation, contre le FN. Ailleurs, ce sont
des collectifs de soutien aux sans-papiers qui s’en tiennent à la revendication
du " droit de vivre en famille ", comme pour rendre plus honorable leur
lutte.
La famille est une valeur essentielle de l’ordre moral occidental…
Il est capital dans notre lutte contre l’ordre moral d’avoir une conception
large de ses expressions et de faire découvrir autour de nous la richesse
de notre vision libertaire de la société. Une société qui doit avoir ses
valeurs librement acceptées et non pas imposées ; des valeurs qui devront
s’appuyer sur l'égalité, l’entraide et l’interculturalité ; pas sur la
division et le rejet comme le font l'homophobie, le sexisme, le racisme,
les religions, le nationalisme…
Une société, en somme, qui devra se débarrasser de cette classe dominante
assurant ses privilèges sur une société de classes et un ordre moral réactionnaire
et qui désigne à l’opinion des boucs émissaires pour mieux écarter ses
propres responsabilités dans la crise économique et sociale.
Groupe
du Gard
1998, la coupe
du monde en France
Autres
articles :
Des
papiers pour Tous !
; Contre le fascisme,
des luttes sociales ;
Une
autre Europe pour un monde libertaire (Bruxelles 2001)
A
lire :
Suzana, une vie sans-papier
(brochure des Editions du Monde Libertaire)
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