|
Vous trouverez
ci-dessous le compte-rendu d'une émission spéciale de Radio
libertaire consacrée au mouvement des chômeurs de l'hiver
1997 1998.
A l'occasion d'un congrès de la Fédération Anarchiste,
Radio Libertaire a interviewé les membres des collectifs impliqués
dans la lutte contre la misère.
Bordeaux :
L'assemblée générale vire
les dirigeants autoproclamés
Depuis 1993 (au sein du collectif AC-Gironde), nous avons participé a
beaucoup d'actions sur les transports, des réquisitions de logements,
de nourriture, etc...
AC Gironde a eu un fonctionnement particulier : tous les jeudis nous tenions
un Forum, un lieu de débats libres et ouvert à tous, par ailleurs nous
n'avions pas de bureau constitué. Cet hiver, au plus fort du mouvement,
nous nous réunissions sur les marches du palais de justice afin de décider
des actions à entreprendre.
Certains se sont autoproclamés porte-parole du mouvement auprès des média.
Tant que les actions dominaient l'actualité, personne n'a rien dit, mais
dès que le mouvement est " retombé ", les discussions sur le fonctionnement
interne ont reprises. Au cours d'une AG " agitée ", ils n'ont pas été
mandatés (ils ne l'avaient d'ailleurs jamais été).
Les associations deviennent-elles le services public des chômeurs ? Cela
me paraît être le débat le plus important à l'heure actuelle, les institutions
gouvernementales ou locales ont besoin d'interlocuteurs institutionalisés.
Aussi parce qu'une partie des organisations de chômeurs cherchent une
reconnaissance officielle (et les subventions qui vont avec).
Ce qui implique un fonctionnement différent et risque de déposséder les
chômeurs/précaires de leur parole. D'autre part, parce qu'il faut l'avouer,
certains chômeurs nous considèrent comme un recour face aux institutions,
ils se positionnent comme des utilisateurs, des consommateurs.
Ils viennent chercher une aide pour remplir des dossiers, pour négocier
avec la préfecture, les institutions sociales, etc... Comment organiser
l'entraide sans tomber dans l'institutionnalisation ?
Si on veut dépasser les banalités, la question est complexe.

Occupation du
PS par les chômeurs.
Nancy - Lyon : Ouvrir
une " maison des ensembles ", un lieu de vie et de lutte
A Lyon, nous sommes partis très en retard (fin janvier), c'est avec l'occupation
d'anciens locaux de l'ANPE que le mouvement a pris. Les chômeurs travaillaient
avec les organisations les plus connues (AC) sans y adhérer véritablement,
les plus présents ont rapidement discerné les organisations qui jouaient
le jeux et celles qui avaient des visées politiques.
Au plus fort de l'occupation, il y avait jusqu'à 300 personnes et de nombreuses
initiatives ont été prises : contacts avec les sections syndicales dans
les entreprises de la région, réquisition dans les supermarchés, actions
pour les transports gratuits, etc... Au moment du reflux du mouvement,
comme partout, la police a évacué l'ancienne ANPE. Dès cet instant la
problématique du collectif a été de rechercher un " lieu " pour exister.
Ils ont été accueillis (difficilement) à la bourse du travail par la CGT,
par nous à la librairie " la plume Noire " ou par la CNT.
Comme partout, le reflux n'a pas sonné la fin du mouvement, les discussions
ont commencé et les fractures avec AC et la CGT sont apparues. Les objectifs
immédiats sont d'ouvrir une " maison des ensembles " à Villeurbanne afin
d'ouvrir un lieu de vie et des permanences et ainsi rester autonome. Pour
les anarchistes en général, ce mouvement nous a permis de constater, l'attrait
et l'adhésion que les pratiques libertaires rencontraient dans la population
(souvent peu politisée), quand elles sont encrées dans le mouvement social.
Sur Nancy, chronologiquement, le mouvement s'est aussi structuré autours
de la recherche d'un lieu de vie. Nous en avons d'ailleurs occupé plusieurs
pendant quelques semaines. Les institutions nous ont souvent proposé des
subventions, mais le collectif a refusé. Accepter ce deal, c'était perdre
toute autonomie et les pratiques que nous avons réussi à mettre en place.
T rès rapidement, une scission est apparue entre les pratiques des organisations
de gauche, d'extrême-gauche et le pole libertaire.
L'autogestion des luttes nous paraît être primordiale, alors que les communistes
et les trotskistes ont refusé et combattu ouvertement (dès la première
assemblée), les AG décisionnelles et souveraines. Les élections les préoccupaient
beaucoup plus que la condition des chômeurs et des précaires, ils utilisaient
le mouvement afin de promouvoir leurs candidats. Grenoble : en sommeil
après l'hiver, le mouvement redémarre le 1er mai Si les actions ont démarré
dès décembre avec l'occupation d'une antenne ASSEDIC, le mouvement a vraiment
démarré avec l'arrivée de nombreux chômeurs/précaires NON encartés en
janvier.
Les libertaires ont donc profité de ce renfort afin de proposé un fonctionnement
débarrassé des manoeuvres politiciennes (notamment des trotskistes). Bien
sur, tout le monde peut venir, mais les pratiques actuelles font que la
récupération du mouvement est devenue quasiment impossible. En sommeil,
le mouvement a redémarré le 1er mai par une occupation devant la préfecture.
La plus grande victoire de ce mouvement a été de prouver qu'un mouvement
social fort peut exister (sur Grenoble) sans être assujetti à l'extrême-gauche
/ verte locale. Marseille : Nous avons manqué d'audace, la population
attend un changement social profond. Ce sont les comités de chômeurs de
la CGT qui ont démarré les actions avec l'occupation des antennes ASSEDIC.
AU début, la CGT a été surprise par l'ampleur du mouvement, mais rapidement,
ils ont " placé " des hommes à eux afin de contrôler les revendications
et les prises de paroles.
Nous avons été trop timides, nous avons des propositions concrètes : des
transports gratuits, des logements décents pour tous, etc... En imposant
ses revendications, la CGT a imposé aussi une pratique de lutte qui n'est
pas autogestionnaire. Quelques tentatives pour inverser la situation ont
eu lieu avec AC, mais sans suites.
La demande de changement est énorme.
Mêmes s'ils ne parlent pas encore de révolution, les gens attendent que
socialement les choses bougent radicalement. Ils ont compris que le réformisme
(ou les élections) menait dans une impasse, ne changeait rien sur le fond.
Actuellement, ceux qui collent des affiches " Yen a Marre, faut que ça
change " c'est le Front National. C'est donc à nous d'avancer nos thèmes,
nos pratiques, nos objectifs de " révolution ". Sinon c'est le FN qui
imposera le contenu de ses " changements ", dont nous savons bien où ils
mènent. Ils seront suivis, parce que le ras le bol est trop fort. A nous,
de ne plus avoir peur d'afficher une perspective révolutionnaire aux mouvements
sociaux.
ST Etienne : des transports
gratuits pour TOUS !
Après le discours de Jospin, le collectif s'est focalisé sur le problème
des transports. Même si nous tenions à garder une approche globale de
la situation (lutte contre le capitalisme), cette revendication nous a
intéressé, car nous l'avons élargie à des transports gratuits pour TOUS
!
En effet, lors de distribution de tracts sur les marchés, nous nous étions
rendu compte que la population accueillait certaines revendications du
collectif " fraîchement ", elle les jugeait trop " corporatistes ".
Notre objectif est de connecter les problèmes des chômeurs/précaires avec
ceux des salariés. Nous ne pouvons pas couper le mouvement des chômeurs
des salariés qui sont souvent pas mieux lotis socialement.
Nous pensions que la CGT s'opposerait à cette revendication très radicale,
mais nous avons été soutenu par les cheminots (SUD) qui ont proposé d'élargir
cette revendication, des transports urbains, à la gratuité sur le réseau
SNCF.
Besançon : Par hasard,
nous avons séquestré le député.
Comme partout, le premier objectif des chômeurs a été de trouver un local.
Le jour où nous occupions la Mairie, un député passait -par hasard-, nous
l'avons séquestré. Evidemment, la situation s'est rapidement débloquée.
Les chômeurs ont eu un local en partie parce que AC en assurait la gestion
" officielle ". Rapidement une fracture s'est faite entre AC, la CGT et
les chômeurs NON encartés, les manoeuvres des premiers étant vraiment
trop grossières et les chômeurs refusants de perdre le contrôle de leurs
actions, de leurs décisions. La plus part n'avaient pas de pratiques "
militantes ", ils ont appris en avançant. Il y avait des discussions assez
longues, car les séances servaient d'exutoire avec une ou deux fois des
propos " racistes ".
Retrouver la parole, c'est aussi exister de nouveau socialement, retrouver
de la dignité. Mais l'apprentissage s'est fait, leur volonté de rester
libres les a obligés à être vraiment responsables de leur lutte, de leurs
actions. C'était plus long, mais plus fort, d'autant que comme partout,
ils ont eu le sentiment d'être compris par la population. Après une accalmie,
aux alentours du 1er mai, le mouvement est reparti à propos de la suppression
d'une aide au logement distribuée par la Maire (PS).
Poitiers : carte santé
et café philo pour tous !
Poitiers est une ville à forte implantation tertiaire, universitaire,
mais où la ruralité est aussi présente. La misère existe aussi à la campagne.
Depuis deux ans, les libertaires revendiquaient la carte santé pour tous
! C'est ce travail préparatoire qui nous a permis, quand le mouvement
a pris de l'ampleur, de proposer une pratique, des revendications concrètes
dont la finalité égalitaire étaient perceptible par tous.
La carte santé permet à ceux qui ne travaillent pas de bénéficier des
avantages que procurent le " tiers payant " ou une mutuelle. Ainsi, les
précaires peuvent bénéficier de soins préventifs sur toutes les maladies
qui réapparaissent avec la misère.
M. Monory refusait de l'attribuer automatiquement, car cela implique la
gratuité des soins pour les RMIstes. On a occupé la " chambre de commerce
", puis la DIS (équivalant de la DASS pour le Conseil Général). L'évacuation
s'est mal passée (plusieurs blessés), nous avons été virés par l'ensemble
des forces du désordre Etatique, Municipales (PS), etc...
Cette bavure nous a finalement servi, puisque Monory et le Maire sont
venus nous chercher afin de négocier. Même si les actions sont retombées,
le collectif s'astreint à des discussions régulières au sein d'un café
philo.
Perpignan : chômeurs,
précaires... on a des questions plein la tête
Nous avons réussi à obtenir un local assez rapidement, un vrai lieu de
vie et de libre expression où les Dadzibaos et autres affiches servent
de décoration. Nous avons eu des contacts avec des jeunes qui sont venus
dans le cadre de leurs cours, discuter avec nous et éditer un magazine
sur le chômage. Avec des lycéens nous avons imprimé quelques tracts en
directions des étudiants, le lien ne s'est pas totalement fait. Nous sommes
aussi intervenus en prenant la parole lors de concerts.
Pour la manif du 7 mars nous avons refusé de rejoindre telle ou telle
concentration Nationale, mais nous avions pris l'initiative d'une manif
à Perpignan refusant ainsi d'être récupéré par les uns ou part les autres.
Nous avons défilé derrière une banderole " qui sème la misère, récolte
la colère ". Nous avons participé à deux réunions hexagonales de collectifs
autonomes. Par ailleurs, nous avons constaté qu'au début beaucoup de chômeurs
se disaient " Apolitiques ".
Le mouvement, la parole libérée leur a permis de prendre conscience de
beaucoup de choses. Aujourd'hui, nous avons plein de questions dans nos
têtes sur l'état du mouvement et sur les suites à donner.
Limoux : les premiers
coups de matraques (socialistes) nous ont aidé à ouvrir une cantine de
chômeurs.
Le succès du mouvement sur Limoux et sa région, s'explique par le passé
de luttes locales (CGT - Paysans) et par le travail sur les pratiques
de luttes menés par les libertaires et une partie du milieu associatif
très actif dans cette région.
Involontairement les socialistes -en interdisant les premières actions
et en distribuant des coups de matraques aux journalistes- ont aidé à
la popularisation du mouvement. Pour s'excuser, " on " nous a donné un
local avec téléphone, Fax, etc... depuis on tient le coup.
Nous avons ouvert une cantine réservée aux travailleurs, chômeurs, précaires
en luttes. On récupère de la bouffe grâce aux ruraux. En milieu rural
la pauvreté existe, mais elle prend des formes différentes. " On " travaille
énormément pour rien, ils rament économiquement.
Dans le collectif, il y a beaucoup de " ruraux ", il est vrai que la Confédération
Paysanne fait un gros travail sur la précarité en zone rurale, contre
l'agriculture intensive ou la culture du maïs transgénique. Nous avons
aussi rencontré beaucoup de femmes qui constatent -comme nous- qu'elles
sont les premières à faire les frais de la crise.
En perdant leur travail, elles perdent leur autonomie. Pour elles, c'est
un retour à des conditions de vie que leurs mères, voire leurs grand-mère,
avaient combattues.

Montpellier - Dijon :
Les chômeurs ont aussi le droit à la culture.
Le fait d'être chômeur-précaire ne nous transforme pas forcément en "
animal ".
A Dijon et à Montpellier, les collectifs ont ajouté à des revendications
communes à beaucoup d'autres villes, le droit à la culture : gratuité
d'accès à certains lieux culturels ou tarifs très réduits (20f.).
Creuse : Réquisition
de terres à Guéret
Dans un premier temps, la mairie et la préfecture nous ont prêté un petit
local. Ils espéraient ainsi désamorcer le mouvement, les décideurs (étatiques
ou syndicaux) ne voulaient plus de " désordres " et de drapeaux noirs
dans Guéret.
Le rapport de force n'étant pas en notre faveur, nous avons accepté. Cela
nous a permis de donner une minimum de culture sociale & politique à la
plus part des participants du collectif qui en avait quasiment aucune.
Nous ne pouvons que constater une baisse très importante du sens de l'action
collective dans une large frange de la population, souvent, les cas personnels
prennent le pas sur l'intérêt collectif. Les politiciens le savent et
jouent la division au sein du collectif.
Actuellement, la lutte a pris d'autres formes : au centre de guéret, il
y a un terrain qui appartient à la Caisse d'Epargne. Nous l'avons réquisitionné,
défriché et planté de salades, de carottes, etc...
Malgré les consignes des chefs (PCF), la base du collectif participe activement
à la gestion de ce lieu. La population ne se contente plus de discours,
elle voie bien qui agit et comment.
La creuse, c'est petit et c'est pauvre, tout ce sait vite, avec ce jardin
non seulement on va nourrir ceux qui en ont besoin en redistribuant des
légumes, mais on se réappropie les économies de la caisse d'épargne.
Evreux : les grains de
pollen fleurissent-ils au printemps ?
On sait bien qu'un mouvement comme celui qui a rassemblé chômeurs, précaires
et certains salariés a des pics et des creux. A Evreux comme ailleurs,
un des premiers objectifs de la lutte a été d'obtenir un local de la Mairie
(PC). Le Maire a cru profité du creux social pour vouloir nous l'enlever,
il a échoué (Voir ML du 4 juin 98).
D'où l'importance d'avoir -pendant les creux- des lieux pour mener des
débats, des discussions, pour se poser des questions sur le mouvement
et aussi pour assurer des permanences. Si comme le disent beaucoup de
chômeurs : " notre situation n'est plus tolérable, la société va dans
le mur ". C'est à nous de les amener à rechercher des solutions de rechange.
Le collectif a donc, organisé une quinzaine de " réflexions ", pendant
laquelle, nous avons reçu : des représentants du Chiapas, une délégation
de personnes licenciées d'AUCHAN du Havre. Nous avons monté des conférences
sur : l'histoire du 1er Mai, l'économie. Nous organisons aussi des projections
de films. Pendant cette période, nous avons aussi accueilli la 2è rencontre
des collectifs de chômeurs autonomes et indépendant.
Rennes - Paris 18è :
EDF nous doit plus que la lumière
A Rennes, l'initiative est partie de la CGT, puis d'AC. Très rapidement,
nous avons proposé que seules les AG soient décisionnelles, les commissions
devant impérativement rendre compte aux AG. Les chômeurs ont rapidement
appréhender les différences de fonctionnement pendant les luttes. Ils
ne supportaient plus les actions " foireuses " où l'encadrement s'agitaient
sans rien faire de concret. Ne plus être récupéré !.
Donc la CGT et AC sont partis et le collectif s'est constitué. Le mouvement
est constitué d'individus qui appartiennent aux organisations de leur
choix, mais en aucun cas ils doivent être les courroies d'une politique
décidée ailleurs. Le collectif a beaucoup travaillé sur les rapports entre
EDF/GDF et la précarité. L'objectif serait de passer d'un traitement individualisé
(une action au cas par cas) à une revendication et des actions collectives.
Nous avons lancé une action forte de propagande sur ce thème.
En janvier, un groupe de chômeurs envahit l'agence EDF située bd Barbès
(Paris 18). Une plate-forme revendicative est présentée au directeur de
l'agence, il nous renvoie vers la mairie du 18è (PS) qui nous dirige vers
la Mairie de Paris, puis vers la Préfecture pour enfin revenir à EDF Paris-Nord.
Aucun compromis ne sera trouvé, huit jours plus tard, les gardes mobiles
interviennent.
Réunis en AG, dans les locaux de Droits Devant (dans le 18è), le " collectif
des occupants de l'agence EDF Barbès " voit le jour. Nous travaillons
principalement pour " le droit à l'énergie pour tous ". Nous éditons des
tracts (EDF nous doit plus que la lumière), puis des pétitions destinées
à M. Alphendéry (PDG d'EDF).
Nous lançons une campagne contre les coupures : nous invitons lors d'occupations
ou de diffusions, les personnes en difficulté à se faire connaître auprès
des services sociaux et de la cellule d'urgence d'EDF. Nous essayons de
mettre l'accent sur la pseudo politique sociale d'EDF : Celle-ci verse
60 MF à des organisations caritatives alors que les coupures lui rapportent
180 MF.
Serait-ce la misère qui finance la politique sociale d'EDF ?
Le 15 mars (jour des élections régionales) , nous occupons pendant 11
heures un ancien hôtel (voir le ML), nous voulions le transformer en maison
de quartier. Le 29 mars, apéritif organisé devant ce même hôtel afin de
remercier les riverains de leur soutien (très actif). Depuis le collectif
mène en parallèle actions et réflexions (sur la notion de service public).
Interview
réalisée par :
Christophe, Danièle, Pascal, Wally, du groupe Louise michel pour
Radio Libertaire
Autres
articles :
Ils
ne veulent même plus travailler ! ; Le
PARE : la nouvelle régression sociale ;
L'anarcho-syndicalisme
aujourd'hui (1983) ;
Les
intermitents du spectacle racontent leur lutte sur Radio Libertaire.
|