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pas le Zouave ! journal antimilitariste unique et gratuit - 1971 |
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Un anarchiste
le ministre
des |
Fais pas le zouave ! Après une longue campagne et une grève de la faim, Louis Lecoin avait arraché à De Gaulle un statut de l'objection de conscience.., caviardé par cette ordure de Michel Debré qui fut toujours l'homme de l'Etat major. Albert et Ohanna Sadik, Louis Lecoin même qui étaient présents lors du passage de cette loi devant l'assemblée, protestèrent devant l'absurdité et l'aspect réactionnaire du texte. Ils furent expulsés... La mouture finale était bancale. Elle aurait pu être affiné, le texte amendé, mais non, le malheur fut que les objecteurs de conscience ne bâtirent pas une sorte de syndicat pour la défense et promotion du statut. Le rapport de force n'était pas en leur faveur. Légalisé, le droit à l'objection de conscience n'en restait pas moins méconnu, de plus chrétiens de gauches et gauchistes lui donnaient une interprétation tendancieuse, quand il n'était pas purement et simplement dénoncé comme par les Témoins de Jéhova qui préféraient faire de la prison pour insoumission que de devoir quoi que ce soit à un anarchiste. L'article II de la loi faisait de sa publication une provocation qui
déclencherait des réactions. " Est interdite toute propagande, sous quelque
forme que ce soit, tendant à inciter autrui à bénéficier des dispositions
de la présente loi dans le but exclusif de se soustraire à ses obligations
militaires. Toute infraction aux dispositions du présent article sera
puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 360
francs à 10 000 francs". Ce qui était cocasse, c'est qu'alors secrétaire aux relations extérieurs
de l'organisation, j'avais à organiser et à coordonner le soutien m'étant
destiné. Un grand meeting fut convoqué à Saint-Germain-des-Prés au cours
duquel Maurice Joyeux et Maurice Laisant firent le panégyrique de l'objection
de conscience devant une foule manifestant un splendide élan de sympathie.
Lorsqu'un de nos jeunes orateurs demanda au public de choisir entre Polo
(moi) et Michel Debré l'ambiance atteind son paroxisme calorifique. Toutes
les radios, tous les joumaux en parlèrent. La télévision voulu obtenir
mon témoignage pour les joumaux parlés du midi et du soir. Je leur exposait
l'absurdité de la situation. Poursuivre un anarchiste parce qu'il publie
des lois ! Du jamais vu ! L'apothéose de cette affaire rondement menée fut mon procès. J'avais
pour avocat Michel Blum, de la Ligue des Droits de l'Homme qui s'était
chargé de mon dossier à la demande de Suzy Chevet. Il m'évita le pire.
Maurice Joyeux représentant Force ouvrière, Maurice Laisant pour l'Union
Pacifiste de France, Descamps pour la CFDT, furent mes témoins de moralité.
Aujourd'hui, une nouvelle formule du statut est apparue, que tout le
monde a le droit de publier... mais que personne ne diffuse. Parfois même,
ceux d'entre les jeunes qui ont recours à ce statut ne font aucunement
référence à l'antimilitarisme. Paul Chenard
Le numéro unique de "Fais pas le Zouave" Autres
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