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VOTRE LUTTE EST LA NOTRE !
Mouvement du 22 mars 1968

 

 

 

 

 


les affiches
de MAI 68

Nous occupons les facultés, vous occupez les usines.
Les uns et les autres, nous battons-nous pour la même chose ?

Il y a 10 % de fils d'ouvriers dans l'enseignement supérieur. Est-ce que nous luttons pour qu'il y en ait davantage, pour une réforme démocratique de l'université ? Ce serait mieux, mais ce n'est pas le plus important. Ces fils d'ouvriers deviendront des étudiants comme les autres. Qu'un fils d'ouvrier puisse devenir directeur, ça n'est pas notre programme. Nous voulons supprimer la séparation entre travailleurs et ouvriers dirigeants.

Il y a des étudiants qui, à la sortie de l'université, ne trouvent pas d'emploi. Est-ce que nous combattons pour qu'ils en trouvent ?
Pour une bonne politique de l'emploi des diplômés ?
Ce serait mieux, mais ce n'est pas l'essentiel. Ces diplômés de psychologie ou sociologie deviendront les sélectionneurs, les psychotechniciens, les orientateurs qui essaieront d'aménager vos conditions de travail ; les diplômés de mathématiques deviendront les ingénieurs qui mettront au point des machines plus productives et plus insupportables pour vous. Pourquoi nous, étudiants issus de la bourgeoisie, critiquons-nous la société capitaliste ? Pour un fils d'ouvrier, devenir étudiant c'est partir de sa classe. Pour un fils de bourgeois, ça peut être l'occasion de connaître la vraie nature de sa classe, de s'interroger sur la fonction sociale à laquelle on le destine, sur l'organisation de la société, sur la place que vous y occupez. Nous refusons d'être des érudits coupés de la réalité sociale. Nous refusons d'être utilisés au profit de la classe dirigeante. Nous voulons supprimer la séparation entre travail d'exécution et travail de réflexion et d'organisation. Nous voulons construi­re une société sans classes, le sens de votre lutte est le même.

Vous revendiquez le salaire minimum de 1 000 F dans la région parisienne, la retraite à 60 ans, la semaine de 40 heures payée 48. Ce sont des revendications justes et anciennes. Elles paraissent pourtant sans rapport avec nos objectifs. Mais en fait vous occupez les usines, vous prenez les patrons comme otages, vous faites la grève sans préavis. Ces formes de luttes ont été rendues possibles par de longues actions menées avec persévérance dans les entreprises et aussi grâce al.! récent combat des étudiants.

Ces luttes sont plus radicales que nos légitimes revendications parce qu'elles ne cherchent pas seulement une amélioration du sort des travailleurs dans le système capitaliste, elles impliquent la destruction de ce système. Elles sont politiques au vrai sens du mot: vous ne luttez pas pour que le Premier Ministre soit changé mais pour que le patron n'ait plus le pouvoir dans l'entreprise ni dans la société. La forme de votre lutte nous offre, à nous étudiants, le modèle de l'activité réellement socialiste : l'approbation des moyens de production et du pouvoir de décision par les travailleurs.

Votre lutte et notre lutte sont convergentes. Il faut détruire tout ce qui isole les uns des autres (l'habitude, les journaux, etc.). Il faut faire la jonction entre les entreprises et les facultés occupées.

Vive l'unification de nos luttes.
Tous aux quatre meetings et à la manifestation à la gare de Lyon, ce jour, vendredi 24 mai 1968, à 19 heures.

Mouvement du 22 mars 1968

Ce tract a été rédigé pour la manifestation du 24 mai 1968. Cette manifestation donnait un premier rendez-vous dans quatre point différents de Paris (dont un Place clichy), ces quatre cortèges ont convergé vers la gare de Lyon afin d'écouter un discour du Général de Gaulle. Vers 20h00. Le cortège s'ébranla de la Gare de Lyon en direction de la Bastille, rapidement bloqué par la police, les premiers arbres furent abattus, des barricades élevées, rue de Lyon. Pendant ce temps, le gros de la manifestation contournait par le XIè arrondissement afin de rejoindre l'Hotel de Ville (qui était l'objectif dans le but de déclarer la Commune) puis la Bourse (qui fut incendiée) et enfin le Quartier Latin.


Autres Articles :
Le mouvement du 22 mars (interview de Jean-Pierre Duteuil) ;
Que reste-t-il de Mai 68 (interview de Léo Ferré) ; introduction à l'anarchie(Léo Ferré) ;
Pour un syndicalisme lycéen ;
Sous les plis du drapeau noir ; Mai 68 : Début d'une lutte prolongée ;
Histoire de l'IFA (Internationale des Fédérations Anarchiste) ;
Mai 68 chez Creusot-Loire à St Etienne (Interview de Sébastien Basson) ; Mai juin 1968 raconté par un gréviste ;
Hua Linshan. Rebelles balyez tous les démons !
Ba Jin (Pa Kin). Pour un musée de la révolution Culturelle, un air bureaucratique.

; Cabu, Mai 68 raconté par ceux qui l'ont dessiné de l'intérieur ;

A lire :
Mai 68 par eux-mêmes (Editions du Monde libertaire) ;
Sous les plis du Drapeau Noir (Edition du Monde libertaire) ;

Le mouvement du 22 mars (articles, textes,...) ;
Pour un avenir libertaire, contributions des congrès de l'IFA. (éditions du Monde libertaire) ;


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