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lutte armée contre le franquisme 1960 - 1977 : apperçu historique du "Groupe du 1er Mai" |
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Le Groupe du Premier Mai composé de militants de la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires (FIJL), est le résultat direct de la rupture de cette organisation avec les deux autres branches du Mouvement Libertaire Espagnol : la CNT (Confederation National del Trabajo) et la FAI (Federation Anarquista Iberica) Ce groupe développe
une nouvelle étape de l'activisme espagnol, défini en juin
1965 dans une circulaire de la Commission des Relations de la FIJL , développant
les objectifs et les différentes phases de la campagne internationale
en faveur des prisonniers politiques. La Commission de Relations c'est prononcé pour l'autonomie des groupes d'action. Les groupes comme le MIL ou les GARI feront la même chose plus tard. Plusieurs de ces groupes autonomes de la FIJL se sont préparés à passer à la seconde phase du harcèlement du régime franquiste. La première phase consistait, comme ils l'expliquent eux-mêmes, dans la solidarité avec les prisonniers politiques. Ces deux phases ont été assumées séparément et exécutées par le MIL et les GARI ; ces derniers ont surtout développé la phase de solidarité et les premiers celle des hostilités. La première fois que le Groupe du Premier Mai a fait parler de lui, fut avec une journée d'avance sur la date que son nom laissait supposer : le 30 avril 1966. Ce jour-là, la presse romaine annonce : la disparition mystérieuse de monseigneur Marcos Ussía, conseiller ecclésiastique de l'ambassade espagnole du Vatican. Le communiqué de l'agence italienne précisa que le prélat espagnol avait été enlevé par un commando anarchiste qui exigea la libération de tous les prisonniers politiques incarcérés en Espagne. Le lendemain, Luis Andrès
Edo, ancien secrétaire de la Fédération locale de
la CNT de Paris -qui se trouvait à Madrid depuis le mois d'avril-
assume la responsabilité du rapt dans une déclaration à
l'Agence France-Presse. C'est la première fois dans l'histoire
de l'Espagne franquiste qu'un particulier revendiquait un enlèvement
; du moins c'est ce qui ressort de ses déclarations à cette
agence. Il faut souligner que Luis Andres Edo a donné son véritable
nom au correspondant, qui ne faisait pas mention du Groupe du Premier
Mai "dans son article. Le troisième jour les
circonstances du rapt sont déjà mieux connues de l'opinion
publique, grâce à Avanti, porte-parole du Parti Socialiste
Italien, qui publie une lettre envoyée par un groupe anarchiste
espagnol qui se présente comme le Groupe Premier Mai. La CNT, qui n'a pas digéré
la rupture avec la FIJL et qui se doute de qui se trouve derrière
l'enlèvement, déclare : Nous ignorons tout de
cette histoire. Il s'agit d'une action marginale, probablement réalisée
par certains de nos militants, mais sans aucun contact avec les instances
de la direction. Si le rapt de monseigneur
Ussía n'a pas eu pas d'autre effet que celui d'une intense propagande
contre Franco à l'intérieur du pays et une multitude d'entretiens
avec les anarchistes les plus connus de France et d'Italie à la
télévision ainsi que dans les journaux de ces deux pays,
du moins, il a eu le mérite de regrouper tous les partisans des
actions directes (activistes) autour de la revue Presencia, dont
le premier numéro remontait a la fin de l'année 1965. En ce qui concerne la séquestration de monseigneur Ussía, la presse cite avec insistance Octavio Alberola comme étant le responsable du Groupe du Premier Mai. Cinq militants anarchistes sont arrêtés le 28 octobre 1966, parmi lesquels Luis Andres Edo (ainsi que José Pascual). Ce groupe est présenté à la presse comme le véritable auteur du rapt et le nom d'Alberola est cité comme étant le cerveau de l'opération. Idéologie mise à
part, le Groupe du Premier Mai est, par sa persévérance
dans la solidarité, le groupe qui ressemble le plus aux GARI. Le
Groupe était né sous le signe de la solidarité
et toute son action se déroulait selon ce principe. La réponse à ces sanctions est amorcée dans la nuit du 18 août de 1967, pendant laquelle les voitures des conseillers de l'ambassade espagnole à Londres sont mitraillées. Le lendemain l'action est revendiquée par le Groupe du Premier Mai qui, dans des actions postérieures, en relation avec les peines de prison imposés aux membres du groupe de Luis A.Edo, assume également la responsabilité sous un autre nom. Le 20 août de 1967 l'ambassade américaine à Londres est mitraillée. Un " Mouvement de Solidarité Révolutionnaire International " (MSRI) en revendique la responsabilité. A l'origine le MSRI était composé uniquement par des membres du Groupe du Premier Mai, ce qui montre que plus un groupe a une taille réduite, plus son nom peut être grandiloquent! Le MSRI se présenta
dans un document envoyé à tous les mouvements révolutionnaires
du monde, dans lequel sont définies les bases d'une solidarité
entre tous les groupes d'activistes, sinon du monde entier, du moins les
européens. Signalons immédiatement que cet appel a influencé
profondément les groupes créés postérieurement
au MSRI. L'exhortation, qui constitue le titre d'une brochure comprend
sept points qui peuvent être résumés ainsi : A partir de ce programme d'appel, le Groupe du Premier Mai essayera d'établir des liens avec tous les groupes d'activistes d'Europe. A cause du manque de documentation, nous ne savons pas si cette coopération s'est faite. Nous sommes néanmoins convaincus qu'un seul groupe ne peut pas poser 10 bombes en une seule journée : c'est ce qui s'est passé le 12 novembre 1967 après l'assassinat de Che Guevarra dans les montagnes boliviennes un mois plus tôt. Ce jour-là, 8 ambassades et 2 officines de tourismes sont détruits par des fortes déflagrations de dynamite : à Bonn, les ambassades de Grèce, Espagne et Bolivie ; à Rome l'ambassade du Venezuela ; à La Hayes les ambassades des Etats-Unis, Grèce, et Espagne ; à Madrid l'ambassade des Etats-Unis ; à Milan et Genève les bureaux de tourisme espagnol. Ces 10 attentats sont expliqués,
justifiés et revendiqués par le MSRI dans le bulletin d'information
numéro 4, apparu vers la fin de 1968, c'est-à-dire quelques
mois après les faits. L'objectif de ces actions, selon l'explication
donnée, est double : " L'escalade de la terreur" parrainée par les Etats-Unis était l'un des thèmes favoris des guevaristes. L'influence de Che Guevara en Espagne était grande : des groupes comme le FLP, ainsi que certains courants libertaires, avaient adoptés leur thèses, même si ils remplaçaient par guérilla urbaine la théorie de la guérilla paysanne. Cette influence pouvait expliquer la cascade de bombes du 12 novembre 1967.
Après s'être
inspiré du Che pendant un certain temps le Groupe du Premier
Mai adhère aux thèses du Mouvement 22 Mars. Daniel
Cohn-Bendit, au nom de ce mouvement, affirmait : Inspiré par le Mouvement 22 mars et à la veille du Mai français, le Groupe du Premier Mai envoie début avril à tous les groupes et organisations anarchistes une étude suivie de 5 propositions. Cette étude intitulée " Pour une pratique anarchiste internationale " considère qu'en fait, il existe un statu quo établi par des groupes sociaux qui se prétendent irréconciliables (URSS, Chine, Etats-Unis) et qu'à partir de ce fait, un anarchiste doit non seulement réaffirmer son anti-étatisme mais aussi assumer une attitude de rébellion permanente inséparable de sa critique de l'autoritarisme. Pour le Groupe du Premier Mai les principes idéologiques constituent une simple référence démagogique et rien ne peut être attendu des dirigeants politiques ou syndicaux. Selon eux, ni la coexistence pacifique ni la société de consommation n'ont obtenu la disparition des contradictions de notre société qui se manifestent par des conflits armés. Comme solution le groupe affirme l'efficacité de l'action, " tant que celle-ci répond à la ligne idéologique et tactique ", et ce bien que dans ce même document, la seconde conclusion réaffirme que les principes idéologiques constituent une simple référence démagogique. Malgré cette contradiction, nous pouvons retenir que ce groupe a occupé un carrefour idéologique- carrefour amplement dépassé pendant le Mai français- et qu'à cela il a répondu avec toutes ses connaissances et expériences dont il dispose. L'appel qui se formule à la fin de ce document est tombé dans le néant, étant donné les évènements du mois suivant. Le Groupe du Premier Mai
a disparu dans la tempête de 1968 et n'a plus fait parler de
lui jusqu'au 1er mai 1973, date à laquelle il édite un document
en forme d'appel : que faire maintenant ? A tous les groupes
révolutionnaires, qui sont en accord avec la revendication
d'une solidarité révolutionnaire internationale ",
dans lequel il suggère a ceux qui ne veulent pas d'une aliénation
ni servir de support à la domination ce qui suit : Le Groupe du Premier Mai n'a jamais établi des contacts avec le MIL, même si plus tard, Alberto Alberola(3), ancien membre de ce groupe et Jean-marc Rouillan, ancien membre du MIL qui avait réussi à s'échapper, ont vu leurs noms réunis par les cironstances- et contre leur volonté dans le dossier GARI. 1. Luis A.Edo et quatre militants
du FIJL ont été détenus le 27 octobre 1966 à
Madrid et ont été accusés d'être en possession
d'un abondant arsenal (mitrailleuses, pistolets et une grande quantité
de dynamite), ainsi que du séquestre de monseigneur Ussía. texte traduit de l'espagnol par les Increvables Anarchistes. MIL : Mouvement
Ibérique de Libération, auquel appartenait Salvador
Puig Antich "Cette guerre européenne qui commença en Espagne ne pourra se terminer sans l'Espagne." A. Camus, le 7 septembre 1944 in Combat. Autres
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