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1956, La mobilisation... c'est la guerre !

 

 

 

 

 

Un site consacré
aux réfractaires à
la Guerre d'Algérie.

La voici revenue avec son haleine de bête puante, reniflant de son mufle de monstre stupide, tout ce qui peut se détruire, la voici revenue si odieuse qu'elle n'ose pas se nommer de son nom. La voici revenue : c'est la guerre !
Ca commence par le rappel de plusieurs classes, par la mobilisation larvée et l'envoi de toute une jeunesse dans un moisson de pacification qui trouve son expression dans des nettoyages de bleds et des ratissages de villages.
Ah ! l'on peut s'indigner sur les atrocités nord-algériennes et pleurer des larmes de crocodiles sur les victimes, nous les pourvoyeurs d'Oradour africains. Tout ce qu'on pourrait regretter, c'est d'avoir eu d'aussi bon élèves rappels des classes", "200 000 hommes mobilisés" qu'est-ce que cela représente pour vous, politiciens, hommes d'état : des chiffres ?

Pour nous, qui n'avons pas perdu la notion d'homme, ce sont des voix, des rires, des regards clairs, qui vont s'éteindre pour toujours se fermer à jamais.
Et pourquoi ?
Pour défendre les intérêts de Bargecul, Blachette et consorts, pour perpétuer les privilèges locaux de gros colons qui dictent la loi au gouvernement qui peuvent impunément recevoir un président du conseil sous les huées.
Vous allez mourir, vous qui partez pour permettre à des négriers de payer leurs ouvriers 20 000 f (=200F.) par ans, vous allez mourir sous l'égide de la très démocratique république, quatrième du nom, pour conserver aux nouveaux seigneurs leur insatiable appétit et leur arrogance, pour assurer la survie d'une morale grégaire. Et tout cela au nom de la liberté !
Cependant dans cet horizon fermé, reste un espoir survit. Un réveil de la conscience populaire.
Une protestation chaque jour grandissante contre ce qui est une honte pour notre pays.
Non ! On ne règne pas par la force lorsqu'elle se heurte au vouloir de la paix d'un peuple, on ne bâillonne pas toute la presse, on n'opprime pas toutes les pensées, on n'achète pas les consciences.

Maurice Laisant

 

La guerre en Algérie, c'est le fascisme en France.
Des travailleurs sont matraqués par les bandes fascistes appuyées par la police.
Des militants sont emprisonnés par le gouvernement du socialiste Guy Mollet.
Des journaux sont saisis. Des hommes politiques inculpés.
La répression s'abat sur tous ceux qui se dressent contre la guerre en Algérie.
Tous les hommes libres doivent réagir, dans les bureaux, sur les chantiers, dans les usines, organisez la lutte contre la répression en imposant la paix en Algérie

le Monde libertaire

Les affiches contre la guerre d'Algérie


Voici une réponse verbale faite par Albert Camus et rapportée par Le Monde, lors d'un discours dans une université de Stockholm, suite à l'interpellation par un jeune algérien :

"J'ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s'exerce aveuglément dans les rues d'Alger, et qui, un jour, peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice."
Pour plus de précisions voir Essais, textes réunis par Roger Quilliot, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, page 1882.


Autres articles :
La Fédération Anarchiste et les guerres coloniales ; 1954 - 1962, pas un Homme pour la guerre d'Algérie ;
De Tunis à Casablanca, où mûrissent les fruits de la Colère (1954)
;
Appel pour les syndicalistes Algériens (A. Camus) ;
Mohamed Sail : la kabylie libertaire ?
La restructuration de la Fédération Anarchiste ; Louis Lecoin ;

A lire :
Albert Camus et la pensée libertaire (Volontée Anarchiste) ; Sous les plis du drapeaux noir (Maurice joyeux - Editions du Monde Libertaire) ; Lecoin le cours d'une vie ;
L'âge des casernes, histoire et mythes du service militaire
(Michel Auvray)
Les égorgeurs
(Editions du Monde Libertaire)

 

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