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les affiches
de la CNT
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Comment s'est déroulé
le 19 juillet à Calanda ?
Le 19 juillet, pour réagir au soulèvement fasciste, les militants de la
CNT descendirent dans la rue et restèrent maîtres de la ville pendant
trois jours. Le 22, les troupes fascistes occupèrent Calanda. Le 26 juillet,
les milices de Catalogne chassèrent les fascistes et on nomma un comité
révolutionnaire composé de quatre membres de la CNT et de deux membres
de la Gauche républicaine, le seul parti antifasciste existant. On décida
alors de proclamer le communisme libertaire, en laissant bien entendu
la possibilité aux individualistes de continuer à vivre comme auparavant.
Mais, sur les 5000 habitants de Calanda, moins d'une dizaine restèrent
à l'écart de la collectivité.
Calanda vécut ainsi libre jusqu'en août 1937 où les troupes du bolchévique-stalinien
Lister vinrent détruire l'œuvre réalisée. Pendant deux mois, le village
connut alors la contrainte et la répression.
Pourtant en octobre 1937, 2500 habitants de Calanda constituaient une
seconde collectivité. Elle vécut jusqu'en mars 1938 quand les troupes
de Franco envahirent la région.
Ainsi la collectivité de Calanda connut deux périodes.
Pendant la première, je me trouvais au front en gardant des contacts avec
le syndicat. Dans la seconde, je fut élu secrétaire du conseil d'administration.
Quelle était la situation
économique de Clanda, avant la révolution ?
Chaque Famille possédait quelques terres, mais en fait le village était
entre les mains d'une douzaine de grands propriétaires comme le comte
de Forton, le marquis de Valdeguerrero ou les BuNel. De nombreux ouvriers
agricoles louaient leurs bras pour la culture des céréales, des légumes
ou la récolte des olives. L'industrie n'était pas absente avec des moulins
à Huile, à grains, des ateliers de tissage ; plusieurs fabriques de plâtres,
des carrières, des forges,… et surtout des fabriques de poteries.
Et la vie politique
?
Calanda a toujours connu une vie politique agitée .
Depuis 1931, les travailleurs quant à eux étaient rassemblés dans le syndicat
CNT comptant 800 adhérents. Dissous après 1933, il revoit le jour en février
1936. Sous la République, les bourgeois appartenaient à la CEDA, la gauche
républicaine pour sa part rassemblait une vingtaine de militants. Ce sont
les militants de la CNT qui furent les principaux artisans de l'œuvre
révolutionnaire en plein accord avec la population.
Comment fonctionnait
la collectivité ?
Elle hérita de tout : des terres, des bâtiments, des machines et véhicules,
même des banques. Mais, celles-ci ne furent pas utilisées puisque tous
les produits étaient gratuits. Par exemple, après avoir fait l'inventaire
des ressources en viande, on attribua un certain nombre de kilos par personne,
le surplus étant destiné au front. Tout fut virtuellement réquisitionné.
Le cadastre et les titres de propriétés disparurent. Pendant la première
période, la gestion de la collectivité se confondait avec celle de la
commune, il y avait pour son administration le comité révolutionnaire.
Dans la seconde période, la collectivité révolutionnaire avait un conseil
avec deux secrétaires permanents, Pedro Arino (fusillé par les fasciste
en 1939) et moi-même. Cette administration continuait à remplacer dans
les faits celle du syndicat et celle de la municipalité, mais toutes les
décisions se prenaient lors des assemblées générales extraordinaires.
Quelles relations aviez-vous
avec les autres collectivités ?
Nous avions de nombreux rapports avec les collectivités voisines et l'on
projeta de créer une fédération des collectivités de la vallée du Guadalope
pour coordonner l'exploitation forestière et minière, l'agriculture, l'élevage
et l'industrie. des relations fréquentes s'établirent avec des collectivités
proches de la frontière française et avec d'autres où l'on pouvait se
procurer tracteurs, machines, batteuse, tissus et chaussures ; les règlements
se faisaient sous forme d'échange.
Comment s'organisait
la production ?
D'une manière générale, la culture et la production suivaient des objectifs
préétablis et planifiés. Mais dans la pratique chaque groupe de huit hommes
organisait son travail à sa guise tout en restant en contact avec le responsable
de l'agriculture ou des magasins. Il ne fut pas nécessaire de construire
de nouvelles maisons puisque l'on occupait celles des bourgeois.
En revanche, on poursuivit la construction de la route Calanda- Mas de
la Matas et l'on rasa un quartier du centre avec le projet d'y créer un
jardin et un centre de culture populaire. On projetait aussi d'étendre
considérablement le système d'irrigation et la superficie irrigable. Grace
au travail collectif et en dépit du fait que 300 hommes de Calanda, les
plus valides, se battaient au front, la superficie travaillée augmenta,
ainsi que les rendements avec moins d'heures de travail !
Comment payait-on
le travail ?
Comme on avait aboli la monnaie, il n'y avait pas de salaire. On répartissait
les produits sur une base familiale. Tout était gratuit, la médecine,
et la pharmacie, comme les tomates et le vin, le logement et les vêtements
comme les loisirs.
On organisa des réfectoires collectifs d'abord pour les célibataires et
les personnes âgées, puis pour tous ceux qui voulaient y manger. Dans
l'ancien couvent, on installa le groupe scolaire Francisco Ferrer qui
disposait de 19 enseignants et qui était fréquenté par 1200 élèves. Auparavant
seuls six instituteurs s'occupaient de 450 enfants à l'école nationale.
monaie non capitalisable
"socialisée".
Et les femmes ? Les
loisirs ?
Les femmes animées par le groupe Mujeres libres participèrent activement
à la collectivité. Il existait un cinéma, un groupe théâtral. La villa
de Bunuel donnant sur le Guadalope avec sa pinède, sa piscine, sa bibliothèque
fut transformée en centre de loisirs.
Quelle fut la fin ?
A l'arrivée des troupes franquistes, de nombreux collectivistes, des enfants
et des vieillards furent victimes de la vengeance des oppresseurs de toujours.
Plus d'une centaine furent fusillés. L'ensemble de la collectivité avait
été évacué en Mars 1938. Une caravane de 2500 personnes, 72 attelages,
50 charrettes et un troupeau de 3000 moutons sortirent du village. Un
an après il fallut passer les Pyrénées.
Collectivité à Calenda (Editions
de la CNT)
l'album photo des collectivisations (Sim)
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Articles :
1936,
à la veille de la révolution ;
l'autogestion et l'oeuvre constructive
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La
CNT et l'éducation ; Amposta
village collectivisé (Catalogne)
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en Espagne (A. Souchy) ;
les coopératives
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Gaston Leval et l'Espagne libertaire ; Principes
et enseignements des collectivisations (G. Leval)
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Pourquoi les taxis
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de femmes anarchistes ; Femmes
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la Colonne Durruti
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Durruti ; Jose
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A
lire :
l'Espagne
Libertaire de Gaston Leval
(Editions du Monde Libertaire)
; L'espagne libertaire (Revue
La Rue N° 37) ; Hommage
à la Catalogne
(G. Orwell) ; Collectivité
à Calenda (Editions
de la CNT) ; Autogestion
et Anarchosyndicalisme (F.
Mintz) ; Bonaventura Durruti
(Abel Paz)
; Enseignements de la révolution espagnole (Vernon
Richard) ; Mujeres Libres
(Edition du Monde libertaire)
; les anarchistes espagnols
(José Peirats)
Le communisme libertaire (Isaac Puente) ; Ils ont Osé !
(Editions du Monde libertaire) ;
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)
A
voir, à écouter :
Ortiz un général
sans dieu ni maître (Vidéo) ; Un autre futur de Richard Prost
(en quatre parties) ;
De toda la vida ;
A la barricadas : enregistré
à Barcelone été 1936 (1,1 Mg)
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