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"Camarade
unis
ta volonté à la discipline."

affiches des
colonnes et
milices
anarchistes
"Sans discipline,
il n'y a pas de victoire"
PSOE

Les affiches
sur la
militarisation
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Avec la participation
officielle des délégations des Colonnes Tierra y Libertad , Durruti, Andalousie
et Estrémadure, Secteur Valdepenas-Jaén et Secteur Manzanares, Francisco
Ascaso, Iberia , Colonne de Fer, et celle non officielle des milices confédérales
du Centre, colonnes Ortiz, Énergie et Rebellion, CNT 13.
Le plénum débute à 10 h 30
du matin, et le camarade Pellicer, de la Colonne de Fer, commence par
un compte rendu : Comme vous le savez par une circulaire, il y a eu à
Valence une réunion des colonnes du Levant avec celle de Maroto et, étant
donné la nécessité d'un échange de vues en général, on y a pris l'initiative
de convoquer ce plénum, afin de se mettre en rapport avec les colonnes
qui n'y avaient pas assisté.
Extraits de la circulaire
:
Nous désirons seulement faire remarquer qu'à cette heure, tragique et
sublime sur le front comme frivole et insouciante à l'arrière, toute une
série de comités d'organisations et de partis ont passé une multitude
d'accords, vraisemblablement dans l'intention de leur donner une efficacité
révolutionnaire; mais ces accords. souffrent d'un grave défaut : jamais
personne n'a eu l'idée de demander leur avis aux combattants.
Cela est impardonnable.
D'autant plus que nous, qui défendons en fait les terres de l'Ibérie,
nous le faisons dans l'intention plus ou moins définie dans chaque colonne
de créer une vie nouvelle. Évidemment nous appartenons à des organisations
qui ont dans tous les comités imaginables une infinité de délégués. Mais
il y a une réalité aveuglante et indiscutable à l'arrière, on semble avoir
actuellement oublié le sens révolutionnaire ... Nous n'allons pas présenter
un vaste ordre du jour, étant donné que c'est lorsque les colonnes présenteront
leurs problèmes que l'on pourra discuter de ce qui paraîtra important.
Aussi, nous ne vous soumettons que deux points :
· Position des colonnes vis-à-vis du décret de mobilisation ;
· Rapports entre nous.
Dans l'attente de votre participation, fraternellement,
pour le comité, la Colonne de Fer.
Un
groupe de reconnaissance de la Colonne de Fer
Compte-rendu
des débats :
Pellicer, de la Colonne
de Fer, déclare :
Nous n'allons pas faire l'historique, cela nous semble superflu, de ce
qui nous est arrivé et ce qui nous arrive à tous. Le boycott de l'Etat
ne doit pas continuer, selon nous, et nous devons exprimer notre désaccord
devant le fait que sur aucun front les colonnes de la CNT et de la FAI
ne sont correctement fournies. Grâce à des camarades qui sont allés à
Carthagène à un moment précis, nous avons appris l'énorme quantité d'armes
déchargées dans ce port, alors qu'en Andalousie, quelques mois après,
il y a encore des colonnes qui combattent avec des fusils de chasse.
L'État était en train de se nantir et il se consolidait avec des forces
superbement armées et vêtues, ce dont nous manquions tous. Nous devons
accuser les organismes responsables et nous-mêmes, puisque nous sommes
coupables d'avoir les meilleurs éléments sur le front, tandis qu'en revanche
les arrivistes sont restés dans les comités des organisations et que,
bien assis dans leur charge, ils menaient un travail opposé à la bonne
marche de celles-ci.
Nous avons dit et répété tout cela à l'Organisation, qui n'a rien fait,
au point que nous étions presque convaincus d'être isolés; mais en apprenant
que les camarades des autres colonnes se trouvaient dans une situation
identique, nous avons eu l'espoir que la CNT et la FAI pourraient encore
renouer avec la démarche qui a toujours été la norme de nos actes et imposer
à tous des normes de liberté.
On parle beaucoup de militarisation sous le prétexte que les milices reculent,
mais ceux qui l'affirment oublient de dire que lorsque nos milices reculent
sur un front, l'armée avec ses chefs et ses officiers se sont débandés
et enfuis trois kilomètres devant. On répète aussi avec trop d'insistance
qu'on manque de techniciens et d'une discipline de fer qui impose aux
miliciens une conduite plus courageuse.
C'est intolérable. Nous ne sommes pas des ennemis catégoriques de la technique,
mais ceux qui en sont les partisans doivent savoir qu'en Espagne les militaires
qui ne se sont pas soulevés ont agi soit par lâcheté, soit simplement
parce qu'ils n'en ont pas eu l'occasion. C'est la majorité des cas.
Nous n'oublions pas, évidemment, qu'il y a des camarades militaires que
leur éducation plus ou moins libérale a entraînés de notre côté dès les
premiers jours de la lutte. Nous ne le nions pas, car nous en avons eu
dans notre Colonne, mais savez-vous ce qu'en fait le commandement ?
Quand il voit qu'ils sympathisent trop avec certains camarades, il les
relève et les charge de missions bureaucratiques, comme cela s'est passé
chez nous. Vu cette situation, sur la foi d'une simple affirmation à propos
du manque de techniciens, allons-nous supporter des officiers d'opérette
fabriqués en gros, en deux semaines, par n'importe quelle école militaire
?
Il n'y a pas à se tromper, c'est un fait que le dernier délégué de nos
centuries en connaît plus sur la guerre que le plus malin de ces petits
officiers. Et parlons du manque de discipline, puisqu'il semble qu'on
se soit donné le mot pour colporter cette fable à tout vent. Comparer
nos miliciens aux fascistes sur le fait que ces derniers placent des hommes
armés de pistolets derrière un certain nombre de soldats, c'est vouloir
ignorer des choses aussi importantes que les idées et le courage des nôtres,
et que les autres ne possèdent pas.
En outre, nous affirmons carrément que, si la victoire doit dépendre du
fait que, derrière tous les sept ou huit camarades, il y en ait un autre
armé d'un pistolet, on peut d'ores et déjà dire que nous avons perdu la
guerre. Les partis politiques nous ont toujours haïs et ont toujours fait
de la propagande contre nous. Mais c'est nous qui, contre l'avis de la
CNT elle-même, avons détruit les archives des propriétés; qui avons brûlé
les fichiers, désarmé la Garde civile et obligé les gardes d'assaut et
les membres de la Sureté à partir au front. Notre intention a toujours
été de laver les cochonneries de l'arrière. Le gouvernement sait que la
seule colonne qui peut nettoyer le Levant est la Colonne de Fer. C'est
pour ça qu'il nous refuse les armes.
L'Organisation, pour ce qui a trait au Levant, a eu un sale comportement,
elle a manipulé les comités, et ceux-ci ont voté la militarisation; tant
et si bien que le dernier plénum régional des syndicats a décidé le contraire.
Nous ne parlons pas contre l'Organisation, que nous aimons autant que
ceux qui y sont le plus attachés. Nous critiquons les comités qui la déshonorent.
Dans la division Ascaso
Il est arrivé la même chose que dans les autres colonnes confédérales.
La plupart des questions que la Colonne de Fer a exposées ici, nous les
connaissons également. Nous avons déclaré directement au comité régional
de Catalogne, au comité de défense de la Confédération et aux organismes
spécifiques qu'on va nous saboter.
Les intentions sont claires. Personne n'en doute.
On ne nous fournissait rien de ce dont nous avions besoin pour gagner
la guerre et on faisait un tel travail que je crois même qu'il y a chez
nous quelqu'un qui sème la zizanie à tout moment sur le front. On va nous
saboter.
La division Ascaso constate aujourd'hui ce fait, et les choses continuent
de même; il y a beaucoup d'interventions de chefs militaires russes dans
la direction pratique de la guerre, et à ce proposje tiens à répéter une
phrase quefaie dite il y a quelques jours : "Beaucoup de Russes mais peu
de chose qui nous parvienne de Russie." Il faut gagner la guerre avant
la révolution. Nous devions nous y préparer, mais nous n'avions pas encore
de forces suffisantes.
Il fallait savoir si nous faisions la révolution pour notre propre compte
ou avec la collaboration des autres. Nous n'avions pas assez de forces
et nous avons accepté la collaboration pour vaincre le fascisme, et d'abord,
ce qui est fondamental, pour pouvoir faire la révolution dans la foulée.
Colonne Ortiz
La discipline n'est pas responsable de notre manque de succès. C'est parce
que, jusqu'à Belchite, nous n'avons pas eu d'ennemis sérieux et avons
stoppé, et que nous nous en sommes contentés, parce que l'Aragon est le
seul endroit où l'on n'a pas reculé et où l'on ne recule pas. Nous devons
faire l'impossible pour que ce triomphe le soit pour de bon, en surmontant
les difficultés qu'on nous crée. Les armes, cherchons-les nous-mêmes,
parce que j'ai désormais perdu l'espoir que la Russie ou quelqu'un d'autre
nous en fournisse.
Ou nous vaincrons, nous la CNT-FAI, ou bien ceux qui apparemment font
la guerre, les antifascistes, vaincront avec nous. Si quelqu'un d'autre
gagne, c'est sur nous qu'ils tomberont. Nous devons rester fermes sur
les fronts, et ne jamais les abandonner.
Colonne CNT 13 :
Notre Colonne est partie pour se réorganiser et se militariser, parce
que nous avons appris d'expérience que la guerre sur le front n'est pas
un jeu. Nous avons remarqué (il est douloureux de l'avouer) qu'en allant
au feu on s'est retrouvé avec une bonne centaine de malades, malades de
peur qui trouvaient mille prétextes pour retourner à l'arrière, et contre
ça aucune considération idéologique n'a été suffisante.
Devant cette attitude, j'ai moi-même délivré les sauf-conduits de licenciement
et j'ai écrit en majuscules MALADES DE PANIQUE, et ils n'ont pas eu honte
de le montrer en route. Il faut donc trouver le moyen que personne ne
recule et sous aucun prétexte.
Il n'y a plus de volontariat : ou nous faisons la guerre ou nous nous
faisons vaincre par la guerre. Dans l'assaut contre Teruel, la Colonne
CNT 13 a manqué son objectif, comme celle del Rosal, à cause des raisons
indiquées, parce que chaque volontaire faisait ce qu'il voulait. Nous
nous plaignons tous de ce qu'à l'arrière il y a un contingent de lâches
et de bourgeois et nous en sommes la cause.
Il faut créer un climat qui fasse que chaque homme aille au front pour
donner son dû, que personne n'esquive le danger. C'est pourquoi nous avons
accepté la militarisation, pour être sûr que si nous attaquons à mille,
nous soyons mille à donner notre dù.
les ambitions,
le militarisme, la guerre,... c'est le fascisme.
Délégué de la Colonne
Ibéria
Nous acceptons une discipline de fer; nous fusillerons ceux qui abandonneront
le front; nous acceptons un commandement unique, mais nous n'acceptons
pas que quelqu'un assis derrière une table veuille nous diriger sans affronter
le danger. Je suis d'accord pour qu'on oblige nos Maures à nous, les gens
qui se promènent, à monter au front, et ce n'est pas au gouvernement à
les y obliger, mais, nous-mêmes, parce que pour manger il faut combattre
ou travailler.
Et ceux-là ne travaillent pas.
Le délégué du Comité
national
Il proteste parce qu'on ne l'a pas mis au courant de cette réunion.
A cela le camarade président de séance, Pellicer, répond en disant qu'il
est non moins exact qu'on n'a pas voulu tenir cette réunion sans sa présence.
Le délégué du Comité reprend la parole pour déclarer : Il est facile de
critiquer le Comité. Mais qu'il soit bien clair que lorsque le Comité
a accepté la militarisation, il ne l'a imposée à personne. Il l'a fait
en accord avec un plénum de comités régionaux. Eh bien oui, on a passé
l'accord dont on parlait.
La faute en est à ceux qui ont outrepassé leurs fonctions en acceptant
une chose à peine autorisé par un plénum national. je dois dire que le
camarade Poblador a rendu visite au ministre de la Guerre pour obtenir
des armes.
Nous avons fait ce qui était possible pour en avoir et Largo Caballero
a très clairement dit "Pourquoi irais-je vous donner des mitrailleuses
que, une fois dans vos mains, on ne les reverra jamais " L'organisation
confédérale n'a que les armes qu'elle a prises au début dans les casernes.
Garcia Oliver lui-même a présenté sa démission de lajunte de guerre pour
protester contre le sabotage de Largo Caballero à l'encontre de nos forces,
particulièrement en Catalogne.
Mais le gouvernement ne veut pas s'en rendre compte, ou est trop inepte
pour en prendre conscience. La militarisation vient d'un accord d'un plénum
national des régions. Ce fut en voyant les colonnes à commandement communiste
qui disposaient d'un matériel militaire formidable, alors que nous étions
à chaque fois plus mal en point. J'en ai personnellement demandé à Largo
Caballero la raison, et il m'a répondu que c'était parce que les forces
confédérales ne voulaient pas s'organiser en brigades et que le gouvernement
avait perdu confiance dans les miliciens.
"Les armes de l'État sont pour les forces de l'État, m'a-t-il dit, et
s'ils ne veulent pas y entrer, que leurs organisations leur en donnent."
Il ne restait plus comme recours qu'attaquer le lieu où se trouvaient
les armes. Mais considérez la responsabilité et les conséquences que cela
pouvait entreiner, en permettant au fascisme de profiter de nos conflits
pour nous surprendre au moment où nous étions les plus faibles et remporter
la victoire. Nous avons accepté la militarisation, mais en précisant bien
que nous n'admettrons pas d'être commandés par des communistes et des
socialistes, mais par nos militants. Ce qu'il faut, ce sont des Maures:
il faut les faire marcher et ne pas discuter si nous devons ou non admettre
telle ou telle forme.
Le délégué des milices
du Centre
De nombreuses interventions vont dans le sens que je désire que cette
réunion ait un caractère officiel. Et je le voudrais pour les accuser
[les membres du Comité national] d'avoir fui honteusement de Madrid, de
manquer de virilité et d'être la cause du chaos politique actuel, puisqu'ils
ont fui avant même le gouvernement. Ceux qui ont arrêté le fascisme à
Madrid ne furent que deux ou trois cents militants de la CNT, et notre
Comité national n'a trouvé comme solution que de fuir, de peur que les
bombes lui tombent dessus et le tuent comme si la vie de ses membres était
plus importante que celle de n'importe quel autre militant.
Permettez-moi de vous dire que nous ne devrons pas appeler Maures une
partie de notre peuple, nous n'en avons pas le droit. Et nous-mêmes, nous
le critiquerions si ce n'avait pas été dit par un ministre de la CNT,
ce pourquoi nous l'utilisons tous. Mais je répète qu'appeler Maures nos
frères est contraire à nos principes.
L'expérience m'a démontré que si nous, milices, nous continuons à combattre
en tant que telles, c'est l'échec le plus grand, parce que nous n'avons
plus l'autodiscipline que nous avions au début de la guerre. L'instinct
de conservation est plus fort que nous. Les dangers de la guerre s'emparent
de l'individu, et l'auto-discipline se voit réduite à rien. Le délégué
signale que d'actifs militants se plaignaient des cruautés de la guerre
actuelle et en perdaient leur persévérance au combat.
Telles sont les considérations qui ont amené la région du Centre à opter
pour une nouvelle orientation de la structure des forces confédérales,
étant donné l'échec des milices. Il expose des paroles du camarade Durruti
sur les cruautés de la guerre et la nécessité de posséder un armement
égal ou supérieur à celui de l'ennemi. Le camarade Mera leur exposa alors
la nécessité d'une discipline de fer, ce à quoi Durruti répondit : " Peut-être
as-tu raison, on en reparlera." Mera relate les incidents qui eurent lieu
à l'hôpital Clinico et les conséquences qu'en tirèrent les camarades en
se prononçant pour une discipline forte dans le sens de l'organisation,
mais qui ne soit pas celle de la caserne.
Il dit que la discipline doit commencer par les comités, et qu'on ne peut
accepter de l'imposer seulement au milicien, mais qu'en revan'che les
comités agissent comme bon leur semble sans consulter les camarades intéressés.
Il donne l'exemple de ce qui est arrivé avec une offre du Commissariat
général qu'il a refusée parce qu'elle n'était pas présentée comme il pensait
qu'elle devait l'être.
Il finit en insistant pour que ce soient les comités qui donnent l'exemple
de la discipline.
Pour les Milices
!
La délégation de Tierra
y Libertad
Au début, nous avons accepté la militarisation, mais aujourd'hui, au vu
des événements, nous n'avons plus qu'à changer d'avis, parce que les faits
ne correspondent pas à ce que nous avait dépeint l'assemblée régionale
catalane. Afin de traiter à fond le problème, nous avons convoqué une
réunion dans notre Colonne : les camarades ne veulent pas de la militarisation,
comme le prouve le fait que la moitié de notre effectif, plus de cent
quarante-trois, dit qu'un camaxade qui est en proie à la panique y cédera
de toute façon, qu'on l'appelle militaire ou milicien.
Le camarade Coffado,
de la Colonne Durruti
Il commence en rappelant des propos du camarade Mera au sujet du transfert
du Comité national de Madrid à Valence. Puis il rappelle qu'au départ
de la Colonne Durruti de Barcelone pour l'Aragon, il était dans un camion
avec trente-sept camarades, et qu'ils vainquirent le fascisme de Barcelone
à Pina, où un avion les fit reculer de 48 kilomètres. Si nous avions connu
la guerre, cela ne serait pas arrivé et nous n'aurions pas perdu cinq
camarades parmi les plus chers, victimes de la mitraille.
Nous n'allons pas accepter la militarisation, à preuve que vous n'avez
jamais vu dans l'armée des caporaux, sergents, lieutenants et capitaines
nommés par leurs hommes.
Nous, nous le faisons.
Par conséquent il ne s'agit pas de militarisation, mais de structure de
type militaire.
Nous n'admettons pas les nominations selon le bon plaisir du commendement,
mais nous acceptons les délégations de compagnie et de bataillon. [ ...
]
Si nous pouvions donner à ceux qui fuient la militarisation les galons
qu'ils critiquent, je suis sûr, sauf exception, qu'ils n'abandonneraient
pas les fronts, pour militarisées que soient les milices.
Raquel Castro
A propos du premier bombardement dont a parlé le carnarade, dont nous,
de la Colonne Durruti, fûmes les victimes, je dois dire que ce ne fut
pas par manque de connaissances militaires. Bien au contraire, ce fut
la faute de Farràs, notre responsable militaire, qui était saoul (protestation
de Collado).
Le camarade président dit
qu'il y a une proposition pour faire une réunion avec le plénum des régions,
qui aura lieu demain, et leur envoyer un compte rendu, afin qu'ils soient
au courant du plénum des colonnes; et pour que cette réunion ait lieu
après-demain.
Le camarade Mera manifeste
son désaccord, parce que toutes les délégations ne pourront certainement
pas y participer. Le camarade président insiste sur sa proposition, vu
l'importance indiscutable de la réunion. Le camarade Mera demande que
soit inscrit son désir d'avoir une réunion demain avec les comités régionaux,
et qu'on s'y emploie vigoureusement.
départ
des colonnes pour le font
TROISIÈME SÉANCE.
Elle débute à 22 h 40, sous
la présidence du camaradeVal (Madrid) qui, en allant voir le plénum des
assemblées régionales, a obtenu qu'au lieu qu'une délégation des colonnes
y aille, ce soit le plénum des régions qui nomme une commission, laquelle
se trouve ici en ce moment.
La Colonne de Fer fait remarquer que la maigre représentation envoyée
par le plénum des régions n'est pas habilitée à discuter d'une affaire
aussi importante dans une réunion que l'on peut qualifier d'historique
et dont dépend la vitalité des colonnes anarchistes dans l'avenir.
La représentation du plénum des assemblées régionales demande que soit
inscrite sa protestation contre le qualificatif de " Maigre ". Ce à quoi
le camarade Pellicer, de la même colonne, répond en expliquant que les
concepts doivent être compris d'après l'idée qui y préside. Il ne fait
aucun doute, et chacun aurait dû le comprendre ainsi, qu'en disant "maigre"
mon camarade de délégation n'a pas voulu qualifier l'insuffisance des
camarades qui composent cette délégation, mais son nombre réduit, car
il pense que, pour un plénum comme le nôtre, toutes les assemblées de
régions devraient être venues. La représentation du plénum des régions
déclare que le plénum de colonnes a considéré par avance qu'il avait le
pouvoir de prendre des résolutions et d'intervenir dans le débat, alors
qu'il s'agit d'une réunion illégale.
Le camarade Pellicer dit que le moins qu'on puisse exiger de la représentation
du plénum des régions, c'est qu'elle ne fasse pas de déclarations de cette
nature, car il faut tenir compte du fait que l'Organisation ne s'est pas
souciée le moins du monde des colonnes durant tout ce temps et que c'était
à nous de mettre un terme à une situation aussi anormale.
La délégation de la Colonne
Ortiz demande que sa protestation contre les paroles émises par la
représentation du plénum des régions soit inscrite dans le compte rendu.
Les colonnes ont le devoir -puisqu'on ne les consulte pas- de protester
contre la militarisation, effectuée sans consultation préalable, ce qui
revient à nier la force que peuvent ou doivent avoir les colonnes sur
le front. Le Comité national veut par son intervention, remettre les choses
à leur vraie place.
Il n'est pas possible d'en arriver à de telles extrémités et c'est le
devoir de tous de chercher la forme d'organiser nos aspirations ; au lieu
de créer des polémiques entre nous, il faut les faire disparaître. Cette
réumion complètement " anormale " et " irrégulière " n'aurait pas dû avoir
lieu, et il souligne que ce sont là les qualificatifs qu'il applique à
la réunion. (...)
Vous avez donné l'impression que l'Organisation est divisée. Les polémiques
sont créées par la Colonne de Fer, par l'envoi d'une circulaire, sans
contrôle de l'Organisation et totalement en marge.
Il demande que cela soit inscrit dans le compte rendu. je désire harmoniser
les intérêts de tout le monde. Si ça ne tenait qu'à moi, le Comité national
irait remplacer les combattants sur le front, ce qui ne serait pas nouveau
pour moi, puisque j'y étais et que je suis prêt à y retourner.
Nous acceptons le fait irrégulier et accompli, provoqué par la Colonne
de Fer, qui emploie là un procédé peu honnête.
Le camarade Jover (de
la division Ascaso)
Pour moi, c'est un affront que l'ensemble du plénum des régions ne vienne
pas, qui ne pourra être réparé que si la Confédération nous convoque a
un plénum, et si ce n'est pas le cas, nous nous retirons et coupons avec
nos organisations, qui, jusqu'à aujourd'hui, pour diverses raisons, nous
ont complètement abandonnés, et dont les négligences vont au point que
nous ne méritons pas qu'elles viennent nous entendre.
Roda, de la Colonne
Durruti
Nous y avons assisté en croyant qu'il était convoqué par notre Organisation,
et nous pensons que cette polémique ne doit pas transpirer à l'extérieur
à cause des effets qu'elle pourrait avoir ; il faut baisser le ton.
Pellicer, Colonne de
Fer
Nous ne pouvons consentir à ce que les comités imposent leurs critères
et que la Colonne soit dissoute, en nous obligeant à imposer des idées
sur la militarisation en opposition complète à son idéologie. Devant notre
refus de la militarisation, on nous a imposé comme solution d'abandonner
les armes pour nous relever, ce qui nous a semblé hors de propos. Notre
Colonne se croyait en droit de se défendre contre une situation créée
par d'autres colonnes politiques.
Le Comité national, nous le répétons, volontairement ou pas, a fait le
jeu de l'État.
Et on nous oblige à abandonner des armes que nous avons conquises d'abord
dans les casernes, puis au front, au prix de beaucoup de sang et en voyant
tomber pour toujours les meilleurs camarades. Que l'État tente de le faire,
cela nous paraît naturel, mais que ce soit l'Organisation qui, suicidairement,
détruise ses propres forces, cela nous semble une absurdité.
Nous avons voulu faire voir que ce qui avait été fait est une erreur et
s'éloigne des principes confédéraux. Nous avons cru que c'était un manque
de bonne volonté ou de l'indifférence (ce qui est pire) de ne pas nous
avoir convoqués pour nous rendre compte de ce qu'il y avait et en tirer
une impression générale.
Nous, comme confédérés et membres des colonnes, avec notre personnalité,
voulons souligner que nous ne sommes ni en dessous ni au-dessus des comités.
Nous ne voulons pas qu'on nous écrase avec le truc qu'utilisent les comités,
avec les accords pris à la majorité. Nous ne voulons pas de justifications
personnelles présentées sur un ton pathétique et pleurnichard. Nous voulons
que ce soit un comité qui se justifie.
Et il finit en insistant sur le fait que la Colonne de Fer n'abuse pas
d'une représentation qu'elle n'avait pas.
Le camarade Mera, de
la délégation des milices confédérales,
dit que lorsque les délégations du Centre furent convoquées, elles savaient
que c'était un plénum convoqué par la Colonne de Fer. En partant de notre
local pour venir à Valence avec cette délégation, je me rappelle qu'avec
mes camarades nous nous demandions si on avait eu l'idée de convoquer
le Comité national et les comités régionaux. hier nous avons vu que non,
et nous l'avons dit en leur absence et parlé de conspiration (?), parce
que nous pensons que nous devons résoudre nos problèmes avec nos organisations.
J'ai parlé en tant que délégué, mais maintenant je parle personnellement
en mon nom, et je demande au Comité si, de façon. confédérale, il a pensé
à consulter les camarades du Front comme il le fallait, non seulement
sur le grave problème de la militarisation, mais aussi sur l'entrée des
ministres au gouvernement et sur d'autres problèmes.
Dans ces circonstances, où on n'a pas du tout tenu compte de nous, le
Comité national n'a pas le droit de dire que cette réunion est anormale
ou irrégulière, et d'autres épithètes. Si on n'a pas fait ce qu'on n'a
pas fait jusqu'ici, il faut le faire.
Le Comité s'est comporté de façon anti-confédérale en ne discutant pas
des problèmes avec les sections syndicales et en imposant en revanche
ses accords aux camarades du front de façon dictatoriale, sans la moindre
consultation ; accords qui sont décidés de façon interne, au sein du Comité,
sur un plan, disons-le, familial.
Si un enfant, parce qu'il est mineur, n'a pas le droit de voir son frère
sans la permission de son père, le père aurait dû d'abord se soucier de
la santé de ses enfants dans les tranchées. Le Comité national et les
comités régionaux pensent d'une manière qui étrangle la révolution, et
on ne doit pas le cacher aux combattants. Nous acceptons ce qu'on pourrait
appeler de l'audace et nous admettons la militarisation, mais nous protestons
contre l'Organisation qui nous fait avaler une chose parce qu'un ministre
en a envie.
Je le le dis clairement: l'Organisation ne m'intéresse pas comme ça.
Voilà ceque moi, Mera, j'avais à dire.
Pour écraser
le fascisme, engages toi dans le bataillon Tolède.
Le représentant du plénum
national répond
je vous écoute avec la plus grande amertume en voyant comment, tous, vous
nous couvrez de critiques, et moi, franchement, je vous dis que si la
solution de tout ce problème consiste à fusiller le Comité national, fusillez-le,
même si quelqu'un reproche à ma position d'être pleurnicharde. Il fait
remarquer qu'il n'a pas exprimé ou voulu exprimer le qualificatif de réunion
illégale, car il a dit "anormale et irrégulière". Ce que le Comité ne
peut accepter, c'est la division qui se fait jour.
A ce propos, le Comité national dit avoir adressé une circulaire privée
aux assemblées régionales et aux camarades du front pour les consulter;
or, dans les vingt-quatre heures, Largo Caballero en avait un exemplaire
entre les mains. Il demande comment cela a pu se faire et dit que l'Organisation
a cinquante mille problèmes à résoudre. Il dit que la famille confédérale
doit, à tout moment, être en harmonie : en l'étant, nous vaincrons l'ennemi,
sinon, il vaut mieux ne pas penser à ce qui arriverait. Il admet qu'il
est possible que des erreurs aient été commises, mais pour le moment,
il faut penser qu'il y a un ennemi sur les fronts, un autre à l'arrière,
et que cela nous crée des difficultés constantes.
Un camarade de la Colone
Estramadoure Andalousie
Ces provocations, qui ont commencé par plusieurs actes contre Carlos Zimmerman,
furent signalées au commandement militaire, étant donné que, tout en recommandant
à nos hommes la plus grande prudence, nous ne pouvions assurer qu'à un
moment ou un autre ils n'allaient pas se révolter contre des faits si
peu acceptables. Un télégramme fut envoyé pour demander s'il y avait une
plainte contre nous et avoir des instructions pour éviter ces faits. Le
camarade Gonzàlez Inestal nous répondit qu'il n'y avait pas de plainte
et nous proposa de résoudre le problème en partant, ce qui n'aurait fait
que renforcer les abus dont nous sommes victimes.
Le Comité national répond qu'il est entré en fonction le 20 novembre [1936],
et qu'il n'a pas connaissance des deux communiqués auxquels fait référence
le camarade. Ils ont sûrement été reçus par le comité antérieur, et il
souligne qu'ils ont pris la suite d'un comité qui était complètement désorganisé,
sans archives ni rien.
Le délégué de la Colonne
del Rosal
Il demande si les brigades seront composées d'éléments absolument à nous
ou, au contraire, mixtes. Le Comité national répond que ce point n'est
pas encore éclaircit mais qu'une chose l'est si nous formons les brigades,
elles seront complètement à nous.
Le camarade Mera dit
sur le premier point de la militarisation, d'accord, mais nous devons
nous militariser d'un point de vue nettement confédéral. Nous militariser
selon notre organisation en milices homogènes confédérées. Un bataillon
des nôtres parmi des marxistes, avec un commandement marxiste, c'est la
mort de la CNT. Et de même, deux bataillons à nous et deux marxistes,
sous un tel commandement marxiste, ce serait la mort de la CNT, comme
nous le voyons dans la pratique.
Le camarade Mera déclare: Nous sommes en train de répéter aujourd'hui
tout ce qui a été dit hier. je dis que si ceux qui sont en Aragon se trouvaient
à Madrid, ils changeraient d'opinion. Nous constatons qu'il faut de la
discipline pour avoir un bon résultat dans la guerre.
Pour que l'individu qui y va soit obligé de rester à son poste et qu'il
ne l'abandonne à un moment donné par instinct de conservation. Aucun de
ceux qui sont ici ne peut démontrer qu'il a réparti ses individus avec
discipline. Pour faire la guerre, il s'agit d'imposer une discipline militaire.
On ne discute pas un ordre, et quand le commandement se trompe, il n'y
a pas non plus à le discuter : on doit lui tirer dessus. La guerre va
à l'opposé de l'homme sentimental.
Le camarade Raquel Castro
Il demande si le Comité national pourrait garantir que, si nous acceptions
la militarisation, on nous donnerait des armes, et que ça ne se passera
pas comme dans certains secteurs qui, après s'être militarisés, n'en ont
pas eu.
Le Comité national répond
Nous nous devons à notre Organisation et nous ne pouvons rien garantir,
mais nous vous assurons que nous ferons tous nos efforts pour en obtenir.
CNT-FAI, Acta del pleno
de columnas confederales y anarquîstas,
Ce texte est disponible dans deux livres :
Chronique passionée de la Colonne de Fer (Abel Paz)
et
Los Incrotrolados de Nestor Romero.
B. Durruti
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Articles :
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à la veille de la révolution ;
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en Espagne (A. Souchy) ; Calenda
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les coopératives
dans les collectivités libertaires en Aragon 1936 1939 ;
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et enseignements des collectivisations (G. Leval)
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dans la guerre et dans la révolution ;
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ibérique des jeunesses libertaires) ; Buenaventura
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1936-1939,
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Guerre ou Révolution
en Espagne 1936 - 1939
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18
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à Barcelone (racontée par Abel Paz) ;
Le 19 juillet
1936 dans les Asturies ; La
défense de Madrid (vue par Cipriano Méra) ;
Mai 37 : la contre révolution
stalinienne ; la
Tchéka en Espagne ; les
fossoyeurs de la révolution ? ;
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la Colonne Durruti
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de la Colonne de Fer (Columna de hierro) ;
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Lettre ouverte
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Durruti ; Jose
Ester Borras et le "réseau d'évasion Ponzan" ;
A
lire :
l'Espagne
Libertaire de Gaston Leval
(Editions du Monde Libertaire)
; L'espagne libertaire (Revue
La Rue N° 37) ; Hommage
à la Catalogne
(G. Orwell) ; Collectivité
à Calenda (Editions
de la CNT) ; Autogestion
et Anarchosyndicalisme (F.
Mintz) ; Bonaventura Durruti
(Abel Paz)
; Enseignements de la révolution espagnole (Vernon
Richard) ; Mujeres Libres
(Edition du Monde libertaire)
; les anarchistes espagnols (José
Peirats)
Le communisme libertaire (Isaac Puente) ; Chronique passionnée
de la Colonne de Fer (Abel
Paz);
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)
A
voir, à écouter :
Ortiz un général
sans dieu ni maître (Vidéo) ; Un autre futur de Richard Prost
(en quatre parties) ;
De toda la vida ;
A la barricadas : enregistré
à Barcelone été 1936 (1,1 Mg)
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