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Jose Pellicer
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Rapport sur la nouvelle structure de la colonne et du comité de
guerre.
Présenté lors de la réunion (19 décembre 1936)
des délégués de centuries et qui est publiée
pour que celles-ci puissent les étudier.
Compagnons,
Il n'est pas nécessaire
de faire de l'histoire pour comprendre qu'aujourd'hui notre Colonne n'est
plus, loin de là, ce qu'elle a été. Cette "petite
colonne", surgie de l'enthousiasme spontané, boycottée
par les uns et trompée bien des fois par les autres, est devenue
en quelques mois, et grâce à une action révolutionnaire
et anarchiste continue, une colonne aguerrie, habituée au feu,
énergique et dotée d'une personnalité bien définie.
Celle-ci, malgré notre absence totale de propagande, s'est fait
connaître à Valence et chez les paysans. Elle a pris une
importance que l'on pourrait qualifier de nationale et nous a attiré
la sympathie des masses chargées de la production qui voient en
nous autre chose qu'une colonne provisoire.
Pour quels exordes ? Voici
la réalité.
De cette "clique de bandits et d'ex-bagnards" qui, du fait d'une
campagne diffamatoire orchestrée par des politiciens et des maquereaux,
étaient le " croque-mitaine " des pacifiques travailleurs
et des comités de l'arrière, il ne reste plus rien. Aujourd'hui,
on nous juge à notre juste valeur. Non pour avoir transigé
et nous être comportés "comme de bons petits gars",
mais justement pour notre constance dans les idées et notre évaluation
de la situation actuelle. Notre sang a coulé. Des dizaines de compagnons
sont tombés pour toujours et d'autres sont invalides, mais on nous
a enfin reconnus pour ce que nous sommes.
Mais tout n'a pas été
que réussite. Il y a un détail, une petite question aujourd'hui
qui peut être résolue posément mais qui, si elle n'est
pas corrigée, entraînera de sérieux contretemps. A
cause de l'inactivité, notre organisation s'est un peu amollie.
Des questions sans aucune importance surgissent, de petits détails
provoqués le plus souvent par l'ennui et qui à la longue
débouchent sur de véritables conflits face auxquels, si
l'on veut être énergique, il faudra prendre des décisions
totalement anti-anarchistes. Cela ne peut plus durer, compagnons; idéologiquement
parlant, ce serait la mort de notre Colonne.
Allons-nous permettre de laisser mourir notre Colonne ? Jamais !
Car, comprenez-le, elle est à nous. Nous l'avons enfantée
; alimentée par notre sang, avec la vie de ceux que nous aimions
tant; formée pu nos corps et soutenue par nos fusils contre vents
et marées. Cette Colonne qui est aujourd'hui notre grande réalité.
Forgée jour après jour, heure pu heure, avec espoir et une
foi enthousiaste. Non, compagnons. Cela n'arrivera pas. Nous avons devant
nous trop de choses à faire. Et si cela arrive ce sera notre faute,
Oui, vous entendez bien: la nôtre. De celle du Comité, pour
s'être laissé influencer par l'ennui et s'être écarté
de sa stricte obligation; de la vôtre, délégués
de centurie, pour ne pas avoir été de fidèles exemples
et ne pas avoir maintenu les accords dans vos centuries respectives.
Nous n'allons pas discuter.
Le fait est plus que patent. Il nous faut des solutions et nous allons
essayer de les apporter. Vous connaissez tous le nombre approximatif d'hommes
composant cette Colonne. Celui-ci, joint aux milliers d'ouvriers contrôlés
par nos bureaux et le projet d'installer des centres de recrutement dans
tous les secteurs de la région, demande formulée par les
compagnons paysans, nous laisse supposer que, d'ici peu, nous parviendrons
à former une colonne très nombreuse qui nous posera une
série de difficultés si nous n'adoptons pas d'emblée
une organisation établissant une base solide sur laquelle repose
l'avenir.
Cette organisation peut se
constituer, comme jusqu'à maintenant, à l'aide des centuries,
avec la modalité que 10 centuries formeront un corps de 1000 hommes
qui pourra s'appeler, par exemple, une division. Cela facilitera grandement
la mise en place et la mobilisation des centuries.
Au cas où l'on approuverait
cette suggestion, nous organiserions avec les compagnons du front et de
La Puebla un certain nombre de divisions. Les 500 compagnons détachés
à la Colonne Torre-Benedito, ajoutés à un nombre
similaire, en constitueraient une autre. D'autre part, nous pourrions
disposer, à Mora et à Sarrion, d'une ou deux divisions supplémentaires
en réserve, que nous pourrions utiliser comme relèves des
postes avancés. Le reste des compagnons disponibles pourraient
former des sous-divisions par secteurs, effectuant leurs travaux habituels
tant que leur présence n'est pas nécessaire.
Ouvrier en rejoignant
la Colonne de fer, tu renforces la révolution.
Structure des divisions
Durant la campagne, comme jusqu'à aujourd'hui : des délégués
de groupe et de centurie, avec des réunions périodiques
de ces derniers devant le comité. Les divisions du front, Mora
et Sarrion, seront considérées en campagne. En réserve
: les unités contrôlées dans les différents
secteurs seront tenues en réserve. Celles-ci seront constituées
sur la base exacte de 10 centuries, avec les mêmes caractéristiques
que celles du front.
Chaque division aura donc
10 délégués de centurie et un de division, dont la
mission sera " purement administrative" tant qu'elle ne montera
pas au front. Ces compagnons ne pourront jamais décider de leur
propre chef des changements, des réquisitions, etc., sans en référer
préalablement au compagnon délégué du comité
chargé des liaisons et ils devront se soumettre à l'intérêt
général. Dans le cas contraire, ils seront expulsés.
Paysan, la révolution te donne la terre. Colonne de Fer
La nouvelle structure
de la colonne et du comité de guerre :
Mission du délégué
de centurie : Celui-ci ne devra pas se limiter à être
le porte-parole de sa centurie, il tentera, par tous les moyens, de faire
comprendre aux compagnons qui l'ont délégué les accords
passés et l'importance de les respecter.
Il sera responsable de tout le matériel remis à. la centurie,
tant sur le Plan militaire que sur celui de l'approvisionnement, et à
son tour il fera en sorte que le soient les délégués
de groupe. Pour le reste, rien n'est changé.
Mission du Comité
: En passant d'une colonne relativement réduite à ce
que l'on pourrait appeler une petite armée, les besoins font apparaître,
au vu du travail énorme, des responsabilités - disons-le
clairement - un manque de compagnons intelligents et de confiance pour
tous les comités devant être formés. Un comité
composé de 6 compagnons est donc constitué, il assumera
toute la responsabilité de la Colonne, recueillant les aspirations
des délégués et des autres compagnons et les coordonnant.
Afin de pouvoir contrôler parfaitement toute la Colonne, ce comité
peut se subdiviser en trois parties : l° Quatre délégués
pour la zone de guerre. 2° Un délégué de liaison
avec les unités de réserve, de secteur, etc. 3° Délégué
des bureaux à Valence.
Mission de ces délégués
:
1° De guerre
: Contrôle absolu et responsabilité totale de tout ce qui
concerne le front. Ces compagnons, en accord avec les délégués
de centurie, choisiront ceux qui devront prendre en charge les différentes
sections qui composaient jusqu'à maintenant le Comité de
guerre. Cela impliquera une amélioration complète de cet
aspect, car en affectant une section totalement séparée
des tâches du comité à un compagnon, il sentira davantage
la responsabilité de sa charge comme étant sa seule occupation.
En même temps, le comité, aussi restreint, réalisera
un contrôle plus efficace sur les différentes sections, qui
peuvent continuer à être les mêmes qu'aujourd'hui.
2° De liaison : Ce délégué n'aura pas d'autre
mission que de visiter périodiquement les secteurs de recrutement
et les différentes zones où opèrent les forces de
notre Colonne, communiquant au reste du comité le nombre de rapports
et de demandes recueillis qui, à leur tour, seront transmis aux
délégués de centurie.
3° De bureaux : Ce compagnon se chargera de tout ce qui concerne les
revenus, la propagande, la presse, la présence aux réunions
des comités de la CNT et de la FAI, des délégations
de guerre, etc. A cet effet, il tentera d'installer un bureau capable
de résoudre les carences observées jusqu'à ce jour.
Voilà, en résumé,
le projet de réorganisation de notre Colonne. Vous avez maintenant
la parole.
Nous désirons seulement vous rappeler une chose : nous sommes désormais
une force respectée et crainte par certains et que les meilleurs
aiment à l'infini, ne décevons pas ces derniers. Pensez
que les ouvriers et paysans révolutionnaires sentent dans notre
force la leur et dans nos idées la véritable révolution.
C'est tout.
Pour la présentation,
José Pellicer.
Une fois cette présentation
approuvée en principe et complétée par les délégués
de centurie, on passa à la nomination des compagnons qui devaient
constituer le nouveau comité et ses différentes sections,
avec les postes suivants :
Comité de guerre : Pellicer, Segarra, Cortés, Espi, Gonzàlez
et Montoya.
Logistique générale : Morell.
Santé : Quiles.
Transport : Sema.
Matériel : Gumbau.
Délégués de division: Rufino, Villarroya, Navarre,
Sanchis, Rafael Alonso et Marmol.
Il est entendu que ces nominations ne seront effectives qu'après
avoir reçu l'approbation des centuries, jusqu'à ce jour,
afin que dans cette réunion cette affaire soit définitivement
réglée.
Pour une humanité
libre, pour l'anarchie ! Colonne de Fer
La Colonne de Fer : Voilà
ce que nous sommes
Notre Colonne s'est faite
toute seule. Le seul matériel disponible en abondance était
l'enthousiasme et la foi dans la victoire contre les vers de terre franquistes.
Mais tout n'était que jeunesse et peu lui importait la tourmente
déclenchée contre laquelle elle allait lutter sans autres
moyens que son cerveau et ses muscles. Et c'est ainsi que nous sommes
parvenus à Barracas pour ensuite parcourir des kilomètres
et des kilomètres, traversant la terre muette des Aragonais.
Nous avons combattu et vaincu
en propageant nos idées et nous avons été écoutés.
Nous avons vu grandir le blé doré et avec lui notre masse
de combattants. Ils sont venus à notre Colonne de Fer, car ils
ont une trempe de fer et de ce métal est et sera faite notre lutte.
Nous sommes les rebelles et nous soutenons l'hégémonie de
la rébellion.
Nous avons fait la guerre pour la Révolution. A l'avant-garde avec
les armes entraînées par les muscles. A l'arrière
dans la ville avec les armes de l'esprit.
Certains nous haïssent,
d'autres nous adorent. Mais les "autres" sont les ouvriers,
qui voient en nous les fidèles gardiens des principes révolutionnaires.
La bureaucratie née dans la révolution nous hait, car nous
l'avons démasquée et montrée à la lumière
des véritables parias. Mais peu nous importent les haines.
Par contre, nous voulons que l'usine, la campagne soient avec nous et
avec la révolution.
Nous sommes calomniés et déclarés hérétiques.
Mais notre hérésie nous honore, nous rend dignes en nous
portant aux sommets de la vérité. Nous sommes la véritable
lumière de notre vie, car nous sommes nés pour la libération.
Nous formons l'immense légion qui cherche à trouver la plénitude
pour que tous s'aiment. Nous ne donnons guère de salaire, mais
la voie de la lumière et de la fraternité.
Brisons le présent pour nous empêcher de revenir sur sa rive
corrompue et boueuse. Offrons une terre ferme, où l'on puisse construire
la ville des vrais hommes, fondée sur des esprits libres. Jeunesse
et fer.
Voilà pourquoi, pour ce que nous sommes, nous vaincrons.
Jaime Serna
Article paru dans Linéa de fuego (ligne
de feu, organe de la Colonne) le 14 décembre 1936.
Les provocateurs
disent NON à l'armée populaire !
affiche du PC catalan 1937 (avant mai
37)
La Colonne de Fer refusera toute militarisation.
Autres
articles : 1936,
à la veille de la révolution ;
l'autogestion et l'oeuvre constructive
des anarchistes :
La
CNT et l'éducation ; Amposta
village collectivisé (Catalogne)
Les collectivisations
en Espagne (A. Souchy) ; Calenda
: le communisme libertaire en Aragon ;
les coopératives
dans les collectivités libertaires en Aragon 1936 1939 ;
Gaston Leval et l'Espagne libertaire ; Principes
et enseignements des collectivisations (G. Leval)
Les industies
collectivisées (Vernon Richard) ;
Pourquoi les taxis
de Barcelonne sont-ils rouges & noirs ? ;
Mujeres
libres ; Portraits
de femmes anarchistes ; Femmes
dans la guerre et dans la révolution ;
Les FIJL (Fédération
ibérique des jeunesses libertaires) ;
Cinéaste
militant sur le front d'Aragon interview d'Adrien Porchet ;
l'industrie du
spectacle socialisée à Barcelone (témoignage
de L. Mercier Véga) ;
1936-1939,
cinéma guerre et révolution en Espagne : Ni Hollywood !
Ni Moscou !
le Syndicat des dessinateurs profesionnels de Barcelone (SDP UGT) ; SOS pour l'Espagne. Editorial de Terre Libre 17 décembre 1936 ;
Guerre civile ou Révolution
en Espagne 1936 - 1939
?
18
et 19 juillet 1936, riposte ouvrière face au coup d'Etat fasciste
à Barcelone (racontée par Abel Paz) ;
Le 19 juillet
1936 dans les Asturies ; La
défense de Madrid (vue par Cipriano Méra) ;
Mai 37 : la contre révolution
stalinienne ; la
Tchéka en Espagne ; les
fossoyeurs de la révolution ? ;
les milices anarcho-syndicalistes,
la militarisation et la discipline ;
la Colonne Durruti
; Ortiz un général
sans Dieu, sans Maître ;
Le Plénum
des colonnes confédérales et anarchistes Février
1937 ;
A propos du film de
Ken Loach "Land et Freedom" ; 1937,
les crimes staliniens en Aragon (Gaston Leval) ;
Lettre ouverte
à la Camarade Frederica Montseny (C. Berneri) ; Miliciens OUI ! Soldats jamais !
A
lire :
Los incontrolados de Nestor Roméro et Chronique
passionée de la Colonne de Fer d'Abel Paz ;
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)
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