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Mujeres libres :

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Aux bords de l'Ebre, le village
se trouve à la droite de la rivière; la majeure partie de ses simples
maisons de campagnards a subi l'œuvre dévastatrice du temps.
Large, Imposante, après un parcours de neuf cent vingt-huit kilomètres,
la rivière la plus importante d'Espagne, qui possède sa source à Fontibre
(Santander) vient se jeter dans l'azur de la Mare nostrum. Lorsqu'il a
dépassé le village, l'Ebre se développe jusqu'à trois cents mètres de
largeur.
De chaque côté, la terre s'étend jusqu'à perte de vue.
Rompant la monotonie du paysage, on aperçoit seulement quelques fermes
minuscules et le ruban de quelques canaux qui pénètrent dans les terres.
Amposta est un village de dix mille habitants dont l'économie repose sur
l'agriculture.
La principale culture est celle du riz qui lui donne la première place
en Catalogne. Dans la dernière récolte de riz, au mois de septembre, on
en a recueilli 36 millions de kilos. Il faut noter que cent kilos de riz
brut fournissent à la consommation soixante kilos de riz blanc. Les terres
collectivisées par les leurs donneront un meilleur rendement grâce aux
bonnes conditions dans lesquelles elles seront travaillées. Et, arrosées
par les eaux fécondantes de l'Ebre, elles donneront une plus grande richesse
de produits à un peuple laborieux et libre comme l'est celui d'Amposta.
Le travail quotidien
Il y a dans la localité, mille deux cents travailleurs de la terre. Afin
de pouvoir intensifier l'agriculture, on a arraché de vieux oliviers et
des caroubes improductifs pour préparer à leur place un terrain d'arrosage
dont on a le plus grand besoin. La ferme avicole qui a été montée par
les camarades avec toutes les données modernes mérite de retenir l'attention.
On estime qu'elle représente une valeur de deux cent mille pesetas.
Pour cette année, dès que l'installation sera terminée, on y mettra cinq
mille poules et on estime que, pour l'année qui vient, avec le secours
des couveuses, on pourra produire deux mille poulets par semaine. A part
les travaux relatifs à l'aviculture, tous les autres travaux sont collectivisés
; une importante ferme a été créée où se fera l'élevage de la race bovine,
porcine et ovine ; dans cette ferme on compte déjà soixante-dix vaches
laitières dont le rendement permettra la création d'une laiterie moderne.
La collectivité peut accomplir parfaitement son travail car elle compte
déjà quatorze tracteurs, quinze batteuses et soixante-dix chevaux.
Les terres sont municipalisées et ceux qui, n'appartenant pas à la collectivité
agricole, désirent acquérir quelques parcelles pour les travailler pour
leur compte, doivent les demander à la municipalité qui les leur concède
; ainsi sera supprimé l'odieux salaire, vestige de l'esclavage qui a survécu
jusqu'à nos jours. Les ouvriers de la construction sont collectivisés
; dans leur section est incluse une fabrique de mosaîque et un four à
plâtre. Les spectacles publics et autres corps de métiers sont également
collectivisés.
La poussée culturelle
En ce qui concerne l'enseignement, Amposta était très en retard ;
on compte en ce moment dans la ville trente-huit écoles, chiffre qui représente
quinze écoles de plus qu'avant la révolution. Les cours sont obligatoires
et nous n'avons pas vu à Amposta, comme dans d'autres villages, les tout
petits jouant dans les rues, voués à l'ignorance et exposés aux multiples
accidents. Pour installer les nouvelles écoles, la municipalité a saisi
un certain nombre de locaux.
Elle possède également le matériel nécessaire sans avoir besoin de recourir
à la Généralité de Catalogne. Désirant en terminer avec l'analphabétisme
caractérise des anciennes municipalités et de leur Incurie, on a créé
six classes d'adultes.
Dans un bref délai on va fonder l'Ecole des Arts et
Métiers et une cantine scolaire. La municipalité a
déjà une bibliothèque qui va être
développée pour satisfaire au désir du peuple
avide, en général, de s'instruire. Sur le plan
éducatif on a donné quelques conférences sociales
et on va créer une chorale et un groupe scénique dans le
but de développer, chez les enfants, le goût des arts.
Des professeurs sont déjà trouvés.
L'appui à la Révolution
Ils sont plus de trois
cents d'Amposta qui luttent sur les fronts et la municipalité a pris à
sa charge leur complet équipement et tout ce qui leur est nécessaire.
La population a fourni, elle aussi, une aide considérable et, jusqu'à
cette date, ont été recueillies près de cinquante mille pesetas.
les affiches
de la révolution espagnole
Le ravitaillement de
la population
En même temps que l'on s'occupe d'approvisionner en armes et en volontaires
les divers fronts de lutte -nous dit le camarade Reverter, modèle d'activité
et de compréhension anarchiste- on a le souci du ravitaillement de la
population. On ne connaît pas les privations à Amposta, grâce à l'échange
du riz contre d'autres produits. Et il reste encore de nombreuses tonnes
de cet aliment nutritif.
On a établi la carte de vivres familiale pour la distribution des produits
de première nécessité, dont la ration est donnée pour trois jours. Dans
l'ancienne église a été établie la coopérative des consommateurs et il
est curieux d'observer l'usage qui a été tiré des diverses dépendances.
Une grande partie de la population se ravitaille à cette coopérative qui
vend, chaque semaine, onze à douze mille pesetas de marchandises. Il y
a, dans le village, quelque quarante-cinq familles qui ne peuvent travailler
pour raison d'âge ou de santé.
La municipalité a fait le nécessaire pour que rien ne leur manque. En
somme, tout le ravitaillement de la commune est assuré. Nous manquons
seulement, nous dit en souriant le secrétaire de la municipalité, de vin
et d'alcool. Mais c'est parce que nous avons intérêt à ce qu'il en entre
le moins possible à Amposta.
Travail d'urbanisme
La municipalité désire réaliser d'importantes améliorations, et notamment
démolir les vieilles masures qui se trouvent à l'entrée de la ville, achever
les égouts et amplifier le service des eaux.
A Amposta fonctionne une centrale des eaux, une des premières et
des plus importantes d'Espagne. L'eau qui sert aux besoins de la ville
et qui vient de l'Ebre est purifiée par le chlore liquide.
Grâce aux travaux d'assainissement qui ont été
réalisés, on a fait disparaître les
épidémies comme la fièvre typhoïde et
certaines maladies dont les travailleurs avaient beaucoup souffert.
Un hôpital a été créé qui répond aux besoins de la population. Et comme
annexe un dispensaire a été ajouté qui manquait totalement. Maintenant,
on peut soigner tous ceux qui le désirent. Enfin, un sanatorium a été
édifié en dehors de la localité, pour soigner efficacement les tuberculeux.
monaie
non capitalisable éditée par une collectivité.
L'œuvre réalisée et
celle que la municipalité réalisera
Quoique la Confédération domine à Amposta, les diverses charges de la
municipalité ont été réparties entre les éléments de la CNT et de l'UGT
et il y règne la plus parfaite harmonie. Il serait heureux que la même
cordialité fût partout remarquée.
Toute la propriété urbaine a été
collectivisée, les loyers ont été diminués
et leur montant sert aux besoins de la municipalité. La
municipalité a saisi des salines qui peuvent produire environ
cinq cents mille pesetas par an et on désire monter une fabrique
de lessives. Annuellement, il se perd de grandes quantités de
paille de riz qui pourrait être utilisées pour la
fabrication du papier si la Généralité
s'intéressait à cette Initiative.
On a le projet de fixer un salaire familial, on étudie le meilleur moyen
de le mettre en pratique et il est entendu que la municipalité convoquera
le peuple une fois par an pour étudier la meilleure façon d'employer les
bénéfices, tous frais déduits.
En conclusion, Amposta
est un des villages de la Catalogne révolutionnaire qui promet le plus
d'avenir. Et cela est dû à l'esprit de lutte des camarades en général,
et des Jeunesses Libertaires en particulier, magnifique groupement de
jeunes gens et de jeunes filles qui ouvrent le chemin de l'avenir à tous
les opprimés.
Document CNT.
l'Album
des collectivisations
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des anarchistes : La
CNT et l'éducation ;
Les collectivisations
en Espagne (A. Souchy) ; Calenda
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dans les collectivités libertaires en Aragon 1936 1939 ;
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(Editions du Monde Libertaire)
; L'espagne libertaire (Revue
La Rue N° 37) ; Hommage
à la Catalogne
(G. Orwell) ; Collectivité
à Calenda (Editions
de la CNT) ; Autogestion
et Anarchosyndicalisme (F.
Mintz) ; Bonaventura Durruti
(Abel Paz)
; Enseignements de la révolution espagnole (Vernon
Richard) ; Mujeres Libres
(Edition du Monde libertaire)
; les anarchistes espagnols (Jose Peirats) ;
Le communisme libertaire (Isaac Puente);
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)
A
voir, à écouter :
Ortiz un général
sans dieu ni maître (Vidéo) ; Un autre futur de Richard Prost
(en quatre parties) ;
De toda la vida ;
A la barricadas : enregistré
à Barcelone été 1936 (1,1 Mg)
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