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| 1944, les dossiers noirs d'une certaine résistance | ||||||||||||||||||
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" LA FRANCE venait juste de se libérer, quand, à la faveur des troubles de l'époque, les staliniens, guidés par leur volonté d'hégémonie, s'attaquèrent à des antifascistes qui ne pensaient, ni agissaient comme eux..", c'est ainsi que débutait, voilà dix ans, la présentation d'un ouvrage (1) édité par le Cercle d'études sociales (CES) de Perpignan, sous le titre : Les dossiers noirs d'une certaine résistance. Trajectoire du fascisme
rouge. Dans les commémorations officielles, ce qui est gênant, c'est qu'elles produisent du consensus, qu'elles font disparaître toute dimension critique et, en définitive, elles ont tendance à nous conter une histoire édulcorée. Le discours officiel sur la Libération est un discours qui a révélé, dès l'origine, une propension à l'hégémonisme de la part des organisations qui ont participé à la Résistance et à la lutte pour la "libération de la France". Les brevets de résistancialisme que certains se sont décernés, les déclarations tonitruantes sur les " premiers à avoir lancé la Résistance", sur le "parti des fusillés", tout cela cachait mal la volonté des camps en présence de mettre la main sur le pouvoir, d'agencer l'État à leur convenance, mais avant tout et par-dessus tout de restaurer l'État, alors qu'une partie non négligeable des résistants, après avoir mené une guerre contre le nazisme et le fascisme, une lutte sociale de libération, désirait poursuivre cette lutte jusqu'à son terme révolutionnaire. L'enjeu des pouvoirs à la Libération (2) et les luttes qui furent menées alors, afin d'attribuer un avantage idéologique et politique à l'un ou l'autre camp, ces luttes, donc, se traduisirent par la liquidation de résistants, révolutionnaires authentiques qui ne se pliaient manifestement pas au diktat de Staline et de ses agents; en France, le PCF et ses diverses dépendances : Comités de Libération, FTP, Front national, CGT, Union des femmes françaises... Aujourd'hui, nous considérons que les événements et les faits que nous avions relaté dans Les dossiers noirs d'une certaine résistance. Trajectoire du fascisme rouge, ont été confirmés par dix années riches en bouleversements sociaux et en réévaluations historico-idéologiques. Le stalinisme, digne descendant du bolchevisme et du communisme autoritaire, a réussi, par le biais de ses pratiques, de sa réalité, à déconsidérer jusqu'à l'idée même de communisme. De juin à novembre 1944, par
Parti communiste espagnol (PCE) et Union Nacional Española interposés,
cette politique meurtrière s'est employée à tenter d'éradiquer toute idée
révolutionnaire autonome, des masses en général et des masses espagnoles
exilées en particulier ! L'élimination physique de dizaines de militants
antifascistes espagnols, témoins de la part prépondérante prise par le
mouvement libertaire ibérique dans la résistance, voilà quelle fut la
pratique stalinienne dans cette période. Présents dans les maquis du sud
de la France, dans les groupes FFI, FTP, MUR ou dans des groupes autonomes
(le bataillon Libertad dans le Cantal, le maquis Bidon 5 en Ariège, dans
le Languedoc-Roussillon...), nos compagnons anarchistes, par centaines,
poursuivirent sur le sol de France la lutte qu'ils avaient menée contre
le fascisme espagnol. Au plan international, L'équilibre des forces à la Libération permettait aux Occidentaux de relancer la machine économique et de développer le capitalisme, sans secousses, dans leur sphère d'influence. Staline, de son côté, pouvait asseoir son hégémonie sur les contrées d'Europe centrale et en Asie et, par le biais de cette pause stratégique, tenter de faire redémarrer l'économie soviétique. Cette pause, aussi courte que fut sa durée, ne pouvait s'envisager avec l'ouverture, simultanément, d'un front révolutionnaire en Espagne, dès la fin 1944. Plutôt Franco que la révolution
sociale et libertaire pouvait penser Staline... Aujourd'hui, à cinquante ans
d'intervalle, il est consternant de constater que le paysage politique
a réintégré les vieux démons de l'époque : des nationaux-populistes et
racistes ici, des post-fascistes là, et même des néo-nazis en grand nombre
! Edward Sarboni (gr. Puig-Anticb - Perpignan) (1 ) Les dossiers
noirs d'une certaine résistance. Trajectoire du fascisme rouge, CES, Perpignan,
1984. En vente à la librairie du Monde Libertaire Autres
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