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résolution
finale.
Le congrès salue chaque pas en avant du prolétariat et des forces politiques
vers la conception pure du socialisme niant toute capacité de démolition
et de reconstruction à l'institution historique, typique de la démocratie
bourgeoise, qui est le Parlement, coeur de l'Etat;
* Considère la conception dite des Soviets de reconstruction sociale comme
antithétique de l'Etat et déclare que toute superposition au fonctionnement
autonome et libre des soviets de toute la classe productrice, unie dans
l'action défensive contre la menace de la réaction et par les nécessités
administratives de la future gestion sociale, est considéré par le prolétariat
comme une atteinte au développement de la révolution et la réalisation
de l'égalité dans la. liberté ;
* Déclare pour ces raisons, toute sa sympathie et son encouragement à
cette initiative du prolétariat, que sont les conseils d'usine, qui tendent
à transférer dans la masse ouvrière toutes les facultés d'initiative révolutionnaire
et de reconstruction de la vie sociale, en mettant cependant bien en garde
les travailleurs contre toutes les déviations possibles (vers une solution
réformiste) de la nature révolutionnaire d'une telle initiative, contraires
aussi aux intentions de la meilleure partie du prolétariat ; * Invite
cette partie du prolétariat à considérer les nécessités de préparer des
forces d'attaque révolutionnaire, sans lesquelles il ne serait jamais
possible que le prolétariat assume la gestion sociale.
Le congrès explicita ensuite dans ces termes, les dangers de déviation
contenus dans l'expérience des conseils d'usine Les conseils d'usine pourraient
dégénérer en de simples commissions internes pour le bon fonctionnement
de l'atelier, pour l'augmentation d'une manière bourgeoise de la production,
pour régler les différends internes, etc.
Il serait possible d'invertir la logique du processus révolutionnaire,
et croire que l'anticipation de la forme de la future gestion sociale
suffise à faire tomber le régime haï ;
On pourrait oublier que l'usine est propriété du patron parce qu'il y
a l'Etat (le gendarme) qui la défend ;
II ne faudrait pas tomber dans l'erreur qui consiste à croire que la question
de forme résoudra la question de la substance de la valeur idéale d'un
mouvement déterminé.
Une discussion encore plus approfondie eut lieu lors de la préparation
du congrès de l'Union Anarchiste Italienne qui se tint à Bologne les ler,
2, 3 et 4 juillet 1920.
A ce congrès fut approuvée une résolution dont voici le texte :
Le congrès, tenant compte que les conseils d'usine et de section ont leur
principale importance dans la mesure où l'on prévoit une révolution dans
un avenir proche, et pourront être alors des organes techniques pour l'expropriation
et pour la continuation nécessaire et immédiate de la production, mais
qu'en continuant à exister dans la société actuelle, ils subiraient l'influence
modératrice et accommodante de cette dernière ;
* Retient les conseils d'usine, organes aptes à encadrer en vue de la
révolution tous les producteurs manuels et intellectuels, sur le lieu
même du travail et en vue de réaliser les principes anarchistes-communistes;
organes absolument anti-étatiques et possibles noyaux de la future gestion
de la production industrielle et agricole ;
* Les retient, en outre, comme aptes à développer chez l'ouvrier salarié
la conscience de producteur et comme utiles aux fins de la révolution
en favorisant la transformation du mécontentement des classes ouvrières
et paysannes en une volonté claire d'expropriation ;
* De là invite les camarades à appuyer la formation des conseils d'usine
et à participer activement à leur développement pour les maintenir, soit
dans leur structure organique, soit dans leur fonctionnement, sur ces
directives en combattant toute tendance de déviation collaborationniste,
en sorte que tous les travailleurs de chaque usine, organisés ou non,
participent à leur formation.
Une
seconde motion fut votée sur les soviets :
répétant des principes identiques sur l'impossibilité historique et politique
de faire des expériences libertaires en période de contre-révolution.
Le 27 mars 1920, l'Ordine nuovo lança un appel des anarchistes aux ouvriers
et aux paysans pour un congrès national des conseils. Cet appel fut contresigné
par la rédaction du journal, par le comité exécutif de la section socialiste
de Turin, par le comité d'étude des conseils d'usine turinois et par le
groupe libertaire de la même ville.
Mais le congrès ne se tint jamais car d'autres événements se produisirent.
RAPPORT SUR LES CONSEILS
D'USINE ET D'ATELIER
présenté par Maurizio Garino au congrès de l'Union Anarchiste Italienne
(Bologne, 1er/4 juillet 1920), publié dans le journal Umanità Nova du
1er juillet 1920.
Le problème des conseils
d'usine et d'atelier revêt en ce moment une importance particulière même
en ce qui concerne le mouvement anarchiste communiste. Issu de raisons
sociales profondes, il s'est imposé en peu de temps à l'attention des
organisations politiques et économiques de la classe ouvrière, apparaissant
comme un postulat de premier ordre. Surgi au début d'un centre industriel
où l'existence d'établissements énormes avait créé des conditions très
favorables, il s'est diffusé dans plusieurs localités.
Maintenant, les tentatives de création des conseils sont nombreuses, dans
les conditions les plus différentes. Certes, ce nouvel organisme s'est,
frayé un chemin à travers des obstacles importants. L'ambiance même de
la première expérience où il s'est déroulé, a offert de grandes facilités,
et elle a également offert, pour des raisons diverses, de tenaces résistances.
Les plus importantes, au début, apparurent sur le plan syndical, mais
elles furent dépassées par l'élan des organisés eux-mêmes. D'âpres résistances
furent opposées par les patrons de l'industrie, dès qu'ils eurent la certitude
que les conseils tels que nous les entendions annonçaient la révolution
et non la collaboration; profitant d'une situation qui nous était défavorable,
ils donnèrent l'assaut avec l'intention de nous étouffer.
Malgré tout cela, les conseils se renforcent aujourd'hui, entraînant dans
leur orbite de nombreux éléments qui leur étaient contraires, gagnant
chajour plus de sympathie dans le milieu ouvrier. Il est donc opportun
de notre part d'examiner cette importante question non seulement pour
éclairer et préciser notre attitude à son égard, mais éventuellement pour
nous préparer à défendre les conseils contre de possibles déviations,
que des organisations ou des hommes de droite pourraient leur imprimer.
La conviction que nous sommes finalement à la veille d'une transformation
sociale qui, si elle ne nous mènera pas à la réalisation des postulats
les plus importants de l'idée anarchiste, déblayera certainement le terrain
pour des conquêtes ultérieures, dicter a priori une quelconque norme fixe,
qui devrait organiser demain les relations entre les personnes.
Nous laissons cet objectif à la révolution sociale, qui fera son chemin
sans s'occuper des schémas de tel ou tel parti. Mais comme nous sommes
convaincus que la production loin de diminuer doit augmenter le lendemain
même de l'insurrection et comme nous jugeons absurde dans les conditions
actuelles de détruire et de désorganiser les grands complexes industriels,
où se trouvent les systèmes de production les plus avantageux et les plus
rapides, nous sommes décidés à nous préserver de toute surprise en constituant
dès maintenant une libre confédération de conseils qui, au fur et à mesure
des besoins, formera des bureaux techniques et de statistiques, en étendant
un réseau de rapports utiles entre les différentes communautés qui auront
indiscutablement intérêt à se mettre d'accord sur un travail d'aide mutuel.
La lutte des camarades partisans des conseils pour faire une brèche dans
la vieille mentalité syndicale fut difficile. La victoire qu'ils ont remportée
correspondait aux besoins de la masse ouvrière, lassée désormais d'une
discipline pas toujours néces saire, et qui aspirait à une plus grande
liberté d'action. La transformation de ces organisations fut le premier
but des partisans des conseils qui, à travers le syndicat, réussirent
par la suite à faciliter le développement des conseils.
L'innovation consistait à donner un droit de délibération dans le syndicat
à l'assemblée des commissaires à la répartition, qui tout en étant organisés,
étaient élus par tous les ouvriers syndiqués ou non, indistincte ment
-à raison d'un élu pour trente ouvriers-. Il est facile de comprendre
pourquoi un tel système était inacceptable pour cette organisation puisque
les inorganisés auraient influencé les directives du syndicat. Les syndicalistes
désiraient donc limiter la nomination des commissaires à la répartition
par les ouvriers.
Cependant le système que nous avions choisi et qui confondait - durant
un certain temps - le conseil d'usine avec le syndicat, repré sentait
le seul modus vivendi qui sauvait l'esprit des conseils d'usine et éliminait
dans la période de l'action des oppositions trop graves entre les conseils
et le syndicat, en fournissant de cette manière une base unique de délibération.
Par contre, en excluant les inorganisés du droit de vote, on ajoutait
un nouvel appendice au syndicat. Le contraste entre les deux thèses est
évident; l'acceptation de la thèse syndicale aurait complètement dénaturé
les conseils.
Une seconde thèse soutenue par les socialistes centristes est l'élection
des conseils par tous les producteurs, qui ont droit à élire des commissaires.
Cependant ces commissaires sont tenus à l'écart de la direction syndicale
et admis uniquement en tant qu'organes consultatifs et chargés de certaines
tâches syndicales dans les ateliers en attendant que les syndicats prennent
1a direction des entreprises.
Cette thèse est également opposée à l'esprit des conseils en tant qu'elle
les soumet à des organismes auxquels -tout en ayant aujourd'hui quelques
points de contact- ils ne peuvent en aucun cas être soumis, puisqu'ils
tirent exclusivement de l'unanimité des producteurs leur raison d'être,
ce qui est profondément différent de ce qui anime les syndicats.
L'accusation de vouloir tuer les syndicats nous a été injustement faite
en plusieurs occasions. Nous admettons que l'action des syndicats est
en partie absorbée par le conseil, mais nous avons la conviction que ce
dernier exerce une influence féconde sur le syndicat, puisqu'il le rapproche
des vibrations de la masse, en le mettant en mesure d'interpréter de près
les besoins. Nous reconnaissons donc implicitement que les syndicats ont
encore aujourd'hui plusieurs raisons d'exister, d'exercer des fonctions
encore nécessaires. Nous leur refusons cependant la possibilité d'aller
plus loin - en général - que la défense des intérêts des ouvriers comme
salariés et de créer - comme le conseil le fait avec une relative facilité
-une prise de conscience claire de l'expropriation communiste.
Nous reconnaissons cependant que le conseil a aujourd'hui une base commune
avec les syndicats. Ces derniers, en tant qu'organes de protection des
intérêts ouvriers comme salariat, s'engagent à observer des pactes et
des accords pris au nom de la collectivité, pour plusieurs usines.
I:e pouvoir des syndicats s'étend donc sur de vastes groupements d'usines
et, surtout aujourd'hui où la tendance à créer de grands syndicats d'industries,
va jusqu'aux catégories les plus petites, pénètre dans l'usine en tant
que contrôle de l'application et du respect des pactes de travail des
conseils, composés presque toujours des mêmes adhérents que l'organisation
syndicale.
Sur ce terrain le conseil est obligé en fait d'aider le syndicat (dire
qu'il ne le fera pas officiellement est un sophisme), sauf dans le cas
où cette fonction deviendrait un objectif, ce qui comme nous l'avons vu,
dénaturerait le conseil.
Trop souvent cette fonction que les conseils acceptent à contreoeur, leur
a donné l'aspect de suite des vieilles commissions internes. Ainsi, on
s'est basé sur le fait que dans certaines localités la commission interne
exerçait de grandes fonctions dont certaines étaient fusionnées avec les
syndicats d'industrie, pour dire que sa structure est identique au...
conseil d'usine.
Autres
articles sur le sujet :
Italie
1920 insurrection et conseils d'usine ; Anarchisme
et banditisme (articles de Malatesta)
Malatesta
(Biographie); Camillo
Berneri et Francisco Barbieri ;
la naissance de
la CGT -U, St Etienne 1922 ;
Déclaration
du congrès de Berlin (décembre 1922-janvier 1923) ;
A lire
:
Malatesta écrits choisis ; Réponse à la plate
forme ; La pensée de Malatesta ;
Dictature et révolution de Luigi Fabri (Edition de Monde libertaire)
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