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résolutions de la 1ère
conférence des anarcho-syndicalistes réunie à Moscou entre le 25 août
et le 1er septembre 1918.
Sur le moment présent
Considérant que notre Révolution
est une révolution sociale qui doit provoquer l'embrasement mondial d'un
affrontement décisif des classes ; et prenant en considération qu'elle
se trouve actuellement sous la triple menace contre-révolutionnaire de
la bourgeoisie étrangère, de la contre-révolution intérieure et du parti
actuellement dominant, devenu contre-révolutionnaire après la conclusion
de la paix de BrestLitovsk et de la trahison du prolétariat et de la paysannerie
de Pologne, de Lithuanie, d'Ukraine, de Finlande et autres.
la 1ère conférence panrusse des anarcho-syndicalistes estime indispensable
et de toute urgence d'organiser ses forces pour la lutte contre les ennemis
de la révolution et de la classe ouvrière, afin de poursuivre et approfondir
la Révolution commencée.
Dans ce but, la Conférence des anarcho-syndicalistes recommande aux camarades,
en ce moment donné, de tendre à réaliser et d'imprégner la conscience
des classes laborieuses de la nécessité de la lutte pour :
1- La suppression du capitalisme d'Etat et de tout pouvoir.
2- La révolution communaliste, sur le plan politique, par l'union des
soviets libres sur la base du fédéralisme ; la révolution syndicaliste,
sur le plan économique, par une même union des organisations indépendantes
des ouvriers et des paysans sur une base de production.
3- La création de soviets libres de délégués (les ouvriers et paysans,
et la suppression de l'institution des commissaires du peuple, en tant
qu'organisation hostile aux intérêts de la classe ouvrière.
4- La suppression de l'armée, en tant qu'institution, et l'armement général
des ouvriers et paysans, en montrant l'absurdité de la "patrie socialiste",
car il n'y a que le monde entier qui puisse être tel.
5- Le combat contre la réaction blanche, comme par exemple les Tchécoslovaques
et autres mercenaires de l'impérialisme mondial, sans oublier que le parti
anciennement archi-révolutionnaire des bolcheviks est devenu le parti
de la stagnation et de la réaction.
6-Le transfert de la question du ravitaillement entre les mains des organisations
paysannes et prolétaires, l'arrêt des réquisitions forcées et des mesures
policières à la campagne ; de telles mesures provoquent l'hostilité des
paysans envers les ouvriers, affaiblissent le front révolutionnaire et
font le jeu de la contre-révolution.
b- Sur les soviets
Prenant en considération :
l- le rôle des soviets dans la lutte contre la contre-révolution.
2- Le mécontentement des ouvriers vis-à-vis de la tactique des bolcheviks
à l'égard des soviets et des autres organisations ouvrières, qui ne fait
que croître.
3- La dictature des bolcheviks sur les soviets et les organisations ouvrières
qui pousse les ouvriers à droite, vers l'Assemblée constituante.
4- Que pour sortir la révolution de l'impasse, il faut une grande énergie
et une pleine responsabilité de la part des travailleurs et qu'il est
pour cela nécessaire de restaurer les soviets en tant qu'organisation
purement de classe. Que les travailleurs doivent avoir des soviets une
compréhension plus claire et déterminée, afin de mener un combat victorieux.
Nous, anarcho-syndicalistes,
déclarons :
1- Nous sommes pour les soviets qui tendent à la destruction des formes
centralistes actuelles.
2- Nous avons lutté et lutterons pour les soviets, en tant que forme politique
transitoire, car nous considérons que la fédération des villes et des
communes libres apparaît comme la forme politique transitoire de la société,
devant inévitablement mener à la suppression totale de l'Etat et au triomphe
définitif du communisme.
3- Nous sommes pour les soviets, mais sommes catégoriquement contre le
Soviet des commissaires du peuple, en tant qu'organe ne découlant pas
de l'oeuvre des soviets, mais au contraire ne faisant que la gêner.
4- Nous sommes pour les soviets réellement représentatifs, organisés sur
des bases collégiales, sous réserve d'une délégation directe des ouvriers
et paysans d'une usine donnée, d'une fabrique, d'un village, etc. et non
de politiciens bavards y entrant sur des listes de parti et qui transforment
les soviets en salons de bavardages démagogiques.
5- Nous sommes pour la fédération des soviets, où les soviets locaux autonomes
s'unissent sur le plan du district et de la région ; et aussi pour que
périodiquement des congrès généraux panrusses s'assemblent et s'organisent
en commissions conçues sur le modèle du soviet.
6- Nous sommes pour les soviets libres ne prenant de mesures qu'après
consultation des électeurs locaux qui se tiennent à l'écart des comités
centraux de tous les partis possibles, s'il est encore possible d'y mener
un travail libre et créateur.
c- Sur les comités d'usine
et de fabrique et les syndicats
l- Il est indispensable de
procéder à une transformation radicale et immédiate de l'économie du pays,
la bourgeoisie impérialiste l'ayant acculée, par la guerre et le pillage,
à une situation désespérée ; il faut abolir le système capitaliste d'Etat
et le remplacer par un système socialiste basé sur des principes communistes
libertaires.
2- Les organisations ouvrières doivent jouer le rôle le plus actif dans
cette oeuvre, chacune sur son terrain défini par la vie (sans permettre
en cela aucune intervention de l'Etat ou d'organisations étatiques).
3- Les syndicats, ainsi que l'a montré la révolution actuelle, ne peuvent
être l'axe du mouvement ouvrier, du fait qu'ils ne correspondent pas à
la situation politique et économique changeante actuelle, ni par leur
forme ni par leur nature. A présent, une nouvelle forme d'organisation
ouvrière correspond pleinement aux nouvelles formes révolutionnaires de
la vie économique et politique, tant par ses structures que par sa nature.
Cette nouvelle forme d'organisation est le produit de la grande révolution
laborieuse : les comités d'usine et de fabrique. Dorénavant, le centre
de gravité des aspirations ouvrières doit se transporter dans cette forme
d'organisation.
4- Les syndicats dans leur sens habituel sont des organisations mortes.
Désormais, ils apparaissent comme une section du comité d'usine et de
fabrique, menant un travail complètement autonome dans les secteurs suivants
:
- éducatif et culturel (seulement là où les organisations prolétariennes
culturo-éducatives n'ont pas pris corps) ;
- de solidarité ;
- dans les cas d'aide individuelle, où le comité d'usine, la bourse du
travail et la coopérative ouvrière de consommation n'ont pas à intervenir.
5- Le comité d'usine et de
fabrique est la forme organisationnelle de combat de tout le mouvement
ouvrier, considérablement plus achevée que les soviets de délégués des
ouvriers, paysans et soldats, du fait qu'il apparaît comme l'organisation
autogérée de production à la base et parce qu'il se trouve sous le constant
et vigilant contrôle des ouvriers. C'est sur lui que la Révolution fait
reposer l'organisation de la vie économique à partir des principes communistes.
Là, où il n'est pas possible de créer des comités d'usine et de fabrique,
les syndicats remplissent leurs fonctions.
6- Le comité d'usine et de fabrique est notre organisation future, jeune
et dynamique, pleine de vie et d'énergie ; les syndicats notre organisation
ancienne, vieille et usée. Le comité d'usine et de fabrique est l'une
des formes les plus achevées d'organisation ouvrière, dans les limites
de l'ordre étatique et capitaliste actuel en train de crouler ainsi que
le premier organe social de base dans la future société communiste libertaire.
Toutes les autres formes d'organisation ouvrière doivent s'effacer devant
lui, car elles ne peuvent être que ses ramifications.
Avec l'aide des comités d'usine et de fabrique et de leurs unions, réalisées
fédérativement, la classe ouvrière anéantira aussi bien l'esclavage économique
actuel, que son nouvel aspect le capitalisme d'Etat, qui se fait appeler
"socialisme".
Autres
articles :
Ce
que nous voulons (Izvestia de Kronstadt) ;
Les prémices
de l'insurrection à Kronstadt (Ida Mett) ;
la
signification politique de l'insurection de Kronstadt ;
1921,
l'orage éclate à Pétrograd (Emma Goldman, Alexandre
Berkman) ;
1917,
l'autogestion à Kronstadt ; L'Ukraine
& Nestor Makhno 1917 1923 ;
Déclarations
et Textes de l'Armée Insurrectionnelle d'Ukraine 1919 1920
;
2è
Congrès régional des soviets d'Ukraine (Gouliaï Poliè)
février 1919 ;
1918, l'affrontement
anarchiste - bolchevics ;
Octobre 1917 vu Piotr Archinov ;
Souvenirs
d'un partisan Makhnoviste (1917 1921) ;
Guerre
ou Révolution en Ukraine ( N. Makhno 1918) ;
A lire
:
La révolution Inconnue (Voline) ; La Commune de Kronstadt (Editions
Spartacus) ; Les Anarchistes dans la révolution russe (éditions La Tête
de Feuilles) ; Histoire du mouvement makhnoviste (Pierre Archinov) ; le
mythe Bolchévic (Alexandre Berkman) ; Nestor Makhno (Alexandre
Skirda) ; les soviets trahis par les bolchévics (Rudolph Rocker)
;
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