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De divers côtés, des voix
s'élèvent pour demander la paix immédiate.
Assez de sang versé, assez de destruction, dit-on, il est temps d'en finir
d'une façon ou d'une autre. Plus que personne et depuis bien longtemps,
nous avons été dans nos journaux, contre toute guerre d'agression entre
les peuples et contre le militarisme, de quelque casque impérial ou républicain
qu'il s'affuble. Aussi serions-nous enchantés de voir les conditions de
paix discutées -si cela se pouvait- par les travailleurs européens, réunis
en un congrès international.
D'autant plus que le peuple allemand s'est laissé tromper en août 1914,
et s'il a cru réellement qu'on se mobilisait pour la défense de son territoire,
il a eu le temps de s'apercevoir qu'on l'avait trompé pour le lancer dans
une guerre de conquêtes. En effet, les travailleurs allemands, du moins
dans leurs groupements, plus ou moins avancés, doivent comprendre maintenant
que les plans d'invasion de la France, de la Belgique, de la Russie avaient
été préparés de longue date et que, si cette guerre n'a pas éclaté en
1875, en 1886, en 1911 ou en 1913, c'est que les rapports internationaux
ne se présentaient pas alors sous un aspect aussi favorable et que les
préparatifs militaires n'étaient pas assez complets pour promettre la
victoire à l'Allemagne (lignes stratégiques à compléter, canal de Kiel
à élargir, les grands canons de siège à perfectionner).
Et maintenant, après vingt mois de guerre et de pertes effroyables, ils
devraient bien s'apercevoir que les conquêtes faites par l'armée allemande
ne pourront être maintenues. D'autant plus qu'il faudra reconnaître ce
principe (déjà reconnu par la France en 1859, après la défaite de l'Autriche)
que c'est la population de chaque territoire qui doit exprimer si elle
consent ou non à être annexée.
Si les travailleurs allemands commencent à comprendre la situation comme
nous la comprenons, et comme la comprend déjà une faible minorité de leurs
socialdémocrates -et s'il peuvent se faire écouter par leurs gouvernants-
il pourrait y avoir un terrain d'entente pour un commencement de discussion
concernant la paix.
Mais alors il devraient déclarer qu'ils se refusent absolument à faire
des annexions, ou à les approuver ; qu'ils renoncent à la prétention de
prélever des "contributions" sur les nations envahies, qu'ils reconnaissent
le devoir de l'état allemand de réparer, autant que possible les dégâts
matériels causés par les envahisseurs chez leurs voisins, et qu'ils ne
prétendent pas leur imposer des conditions de sujétion économique, sous
le nom de traités commerciaux.
Malheureusement, on ne voit pas, jusqu'à présent, des symptômes de réveil,
dans ce sens, du peuple allemand.
On a parlé de la conférence de Zimmerwald, mais il a manqué à cette conférence
l'essentiel : la représentation des travailleurs allemands. On a aussi
fait beaucoup de cas de quelques rixes qui ont eu lieu en Allemagne, à
la suite de la cherté des vivres. Mais on oublie que de pareilles rixes
ont toujours eu lieu pendant les grandes guerres, sans en influencer la
durée. Aussi, toutes les dispositions prises, en ce moment, par le gouvernement
allemand, prouvent-elles qu'il se prépare à de nouvelles agressions au
retour du printemps.
Mais comme il sait aussi qu'au printemps les Alliés lui opposeront de
nouvelles armées, équipées d'un nouvel outillage, et d'une artillerie
bien plus puissante qu'auparavant, il travaille aussi à semer la discorde
au sein des populations alliées.
Et il emploie, dans ce but un moyen aussi vieux que la guerre elle-même
: celui de répandre le bruit d'une paix prochaine, à laquelle il n'y aurait,
chez les adversaires, que les militaires et les fournisseurs des armées
pour s'y opposer.
C'est à quoi s'est appliqué Bülow, avec ses secrétaires, pendant son dernier
séjour en Suisse.
Mais à quelles conditions suggère-t-il de conclure la paix ?
La Neue Zuercher Zeitung croit savoir -et le journal officiel, la Nord-deutsche
Zeitung ne la contredit pas- que la plupart de la Belgique serait évacuée,
mais à la condition de donner des gages de ne pas répéter ce qu'elle a
fait en août 1914, lorsqu'elle s'opposa au passage des troupes allemandes.
Quels seraient ces gages ?
Les mines de charbon belges ? Le Congo ? On ne le dit pas.
Mais on demande déjà une forte contribution annuelle. Le territoire conquis
en France serait restitué, ainsi que la partie de la Lorraine où on parle
français. Mais en échange, la France transférerait à l'état allemand tous
les emprunts russes, dont la valeur se monte à dix-huit milliards. Autrement
dit, une contribution de dix-huit milliards qu'auraient à rembourser les
travailleurs agricoles et industriels français, puisque ce sont eux qui
paient les impôts.
Dix-huit milliards pour racheter dix départements, que, par leur travail,
ils avaient rendus si riches et si opulents, et qu'on leur rendra ruinés
et dévastés… Quant à savoir ce que l'on pense en Allemagne des conditions
de la paix, un fait est certain : la presse bourgeoise prépare la nation
à l'idée de l'annexion pure et simple de la Belgique et des départements
du nord de la France.
Et, il n'y a pas, en Allemagne, de force capable de s'y opposer. Les travailleurs
qui auraient dû élever leur voix contre les conquêtes, ne le font pas.
Les ouvriers syndiqués se laissent entraîner par la fièvre impérialiste,
et le parti social-démocrate, trop faible pour influencer les décisions
du gouvernement concernant la paix -même s'il représentait une masse compacte-
se trouve divisé, sur cette question, en deux partis hostiles, et la majorité
du parti marche avec le gouvernement.
L'empire allemand, sachant que ses armées sont, depuis dix-huit mois,
à 90 km de Paris, et soutenu par le peuple allemand dans ses rêves de
conquêtes nouvelles, ne voit pas pourquoi il ne profiterait pas des conquêtes
déjà faites. Il se croit capable de dicter des conditions de paix qui
lui permettraient d'employer les nouveaux milliards de contribution à
de nouveaux armements, afin d'attaquer la France quand bon lui semblera,
lui enlever ses colonies, ainsi que d'autres provinces, et de ne plus
avoir à craindre sa résistance.
Parler de paix en se moment, c'est faire précisément le jeu du parti ministériel
allemand, de Bülow et de ses agents. Pour notre part, nous nous refusons
absolument à partager les illusions de quelques-uns de nos camarades,
concernant les dispositions pacifiques de ceux qui dirigent les destinées
de l'Allemagne.
Nous préférons regarder le danger en face et chercher ce qu'il y a à faire
pour y parer. Ignorer ce danger serait l'augmenter. En notre profonde
conscience, l'agression allemande était une menace -mise à exécution-
non seulement contre nos espoirs d'émancipation mais contre toute l'évolution
humaine. C'est pourquoi nous, anarchistes, nous, antimilitaristes, nous,
ennemis de la guerre, nous, partisans passionnés de la paix et de la fraternité
des peuples, nous nous sommes rangés du côté de la résistance et nous
n'avons pas cru devoir séparer notre sort de celui du reste de la population.
Nous ne croyons pas nécessaire d'insister que nous aurions préféré voir
cette population prendre, en ses propres mains, le soin de sa défense.
Ceci ayant été impossible, il n'y avait qu'à subir ce qui ne pouvait être
changé. Et avec ceux qui luttent nous estimons que, à moins que la population
allemande, revenant à de plus saines notions de la justice et du droit,
renonce enfin à servir plus longtemps d'instrument aux projets de domination
politique pangermaniste, il ne peut être question de paix.
Sans doute, malgré la guerre, malgré les meurtres, nous n'oublions pas
que nous sommes internationalistes, que nous voulons l'union des peuples,
la disparition des frontières. Et c'est parce que nous voulons la réconciliation
des peuples, y compris le peuple allemand, que nous pensons qu'il faut
résister à un agresseur qui représente l'anéantissement de tous nos espoirs
d'affranchissement.
Parler de paix tant que le parti qui, pendant quarante-cinq ans, a fait
de l'Europe un vaste camp retranché, est à même de dicter ses conditions,
serait l'erreur la plus désastreuse que l'on puisse commettre. Résister
et faire échouer ses plans, c'est préparer la voie à la population allemande
restée saine et lui donner les moyens de se débarrasser de ce parti.
Que nos camarades allemands comprennent que c'est la seul issue avantageuse
aux deux côtés et nous sommes prêts à collaborer avec eux.
28 février 1916
Pressés par les événements
de publier cette déclaration, lorsqu'elle fut communiquée à la presse
française et étrangère, quinze camarades seulement, dont les noms suivent,
en avaient approuvé le texte : Christian Cornelissen, Henri Fuss, Jean
Grave, Jacques Guérin, Pierre Kropotkine, A. Laisant. F. Le Lève (Lorient),
Charles Malato, Jules Moineau (Liège), A. Orfila, Hussein Dey (Algérie),
M. Pierrot, Paul Reclus, Richard (Algérie), Tchikawa (Japon), W. Tcherkesoff.
Pierre Kropotkine
AVRIL 1916 : REPONSE
DU GROUPE ANARCHISTE INTERNATIONAL DE LONDRES AU MANIFESTE DES SEIZE
Voici bientôt deux ans que s'est abattu sur l'Europe le plus terrible
fléau qu'ai enregistré l'histoire, sans qu'aucune action efficace soit
venue entraver sa marche.
Oublieux des déclarations de naguère, la plupart des chefs des partis
les plus avancés, y compris la plupart des dirigeants des organisations
ouvrières -les uns par lâcheté, les autres par manque de conviction, d'autres
encore par intérêt- se sont laissés absorber par la propagande patriotique,
militariste et guerriste, qui, dans chaque nation belligérante, s'est
développée avec une intensité que suffisent à expliquer la situation et
la nature de la période que nous traversons.
Quant au peuple, dans sa grande masse, dont la mentalité est faite par
l'école, l'église, le régiment, la presse, c'est-à-dire ignorant et crédule,
dépourvu d'initiative, dressé à l'obéissance et résigné à subir la volonté
des maîtres qu'il se donne, depuis celle du législateur, jusqu'à celle
du secrétaire de syndicat, il a, sous la poussée des bergers d'en haut
et d'en bas réconciliés dans la plus sinistre des besognes, marché sans
rébellion à l'abattoir, entraînant par la force de son inertie même les
meilleurs parmi lui, qui n'évitaient la mort au poteau d'exécution qu'en
risquant la mort sur le champ de carnage.
Toutefois, dès les premiers jours, dès avant la déclaration de guerre
même, les anarchistes de tous les pays, belligérants ou neutres, sauf
quelques rares exceptions, en nombre si infime, qu'on pouvait les considérer
comme négligeables, prenaient nettement le parti contre la guerre.
Dès le début, certains des nôtres, héros et martyrs qu'on connaîtra plus
tard, ont choisi d'être fusillés, plutôt que de participer à la tuerie
; d'autres expient dans les geôles impérialistes ou républicaines, le
crime d'avoir protesté et tenté d'éveiller l'esprit du peuple.
Avant la fin de l'année 1914, les anarchistes lançaient un manifeste qui
avait recueilli l'adhésion de camarades du monde entier, et que reproduisirent
nos organes dans les pays où ils existaient encore. Ce manifeste montrait
que la responsabilité de l'actuelle tragédie incombait à tous les gouvernants
sans exception et aux grands capitalistes, dont ils sont les mandataires,
et que l'organisation capitaliste et la base autoritaire de la société
sont les causes déterminantes de toute guerre.
Et il venait dissiper l'équivoque créée par l'attitude de ces quelques
" anarchistes guerristes ", plus bruyants que nombreux, d'autant plus
bruyants que, servant la cause du plus fort, leur ennemi d'hier, notre
ennemi de toujours, l'état, il leur était permis, à eux seuls, de s'exprimer
ouvertement, librement. Des mois passèrent, une année et demi s'écoula
et ces renégats continuaient paisiblement, loin des tranchées, à exciter
au meurtre stupide et répugnant, lorsque, le mois dernier, un mouvement
en faveur de la paix commençant à se préciser, les plus notoires d'entre
eux, jugèrent devoir accomplir un acte retentissant, à la fois dans le
dessein de contrecarrer cette tendance à imposer aux gouvernants la cessation
des hostilités, et pour que l'on pût croire, et faire croire, que les
anarchistes s'étaient ralliés à l'idée et au fait de la guerre.
Nous voulons parler de cette déclaration publiée à Paris, dans La Bataille
du 14 mars signée de Christian Cornelissen, Henri Fuss, Jean Grave, Jacques
Guérin, Hussein Dey, Pierre Kropotkine, A. Laisant, F. Leve Charles Malato,
Jules Moineau, ant. Orfila, M. Pierrot, Paul Reclus, Richard, S. Shikawa,
M. Tcherkesoff, et à laquelle a applaudi naturellement la presse réactionnaire.
Il nous serait facile d'ironiser à propos de ces camarades d'hier, voire
de nous indigner du rôle joué par eux, que l'âge ou leur situation particulière,
ou encore leur résidence, met à l'abri du fléau et qui, cependant, avec
une inconscience ou une cruauté que même certains conservateurs de l'ordre
social actuel n'ont pas, osent écrire, alors que de tous côtés se sent
la lassitude et pointe l'aspiration vers la paix, osent écrire disons-nous,
que " parler de paix à l'heure présente, serai l'erreur la plus désastreuse
que l'on puisse commettre " et qui tranchent : " Avec ceux qui luttent,
nous estimons qu'il ne peut être question de paix. "
Or nous savons, et ils n'ignorent pas non plus, ce que pensent " ceux
qui luttent ". Nous savons ce que désirent " ceux qui vont mourir " pour
mieux dire ; tout en ne nous dissimulant pas que les causes qui engendrent
leur faiblesse, les entraîneront peut-être à mourir sans qu'ils aient
tenté le geste qui les sauverait. Nous, nous laissons ces camarades d'hier
à leurs nouvelles amours.
Mais ce que nous voulons, ce à quoi nous tenons essentiellement, c'est
protester contre la tentative qu'ils font, d'englober, dans l'orbite de
leurs pauvres spéculations néo-étatistes, le mouvement anarchiste mondial
et la philosophie anarchiste elle-même ; c'est protester contre leur essai
de solidariser avec leur geste, aux yeux du public non éclairé, l'ensemble
des anarchistes restés fidèles à un passé qu'ils n'ont aucune raison de
renier, et qui croient, plus que jamais, à la vérité de leurs idées. Les
anarchistes n'ont pas de leaders, c'est-à-dire pas de meneurs. Au surplus,
ce que nous venons affirmer ici, ce n'est pas seulement que ces seize
signatures sont l'exception et que nous sommes le nombre, ce qui n'a qu'une
importance relative, mais que leur geste et leurs affirmations ne peuvent
en rien se rattacher à notre doctrine dont ils sont, au contraire, la
négation absolue.
Ce n'est pas ici le lieux de détailler, phrase par phrase, cette déclaration,
pour analyser et critiquer chacune de ses affirmations. D'ailleurs elle
est connue. Qu'y trouve-t-on ?
Toutes les niaiseries nationalistes que nous lisons, depuis près de deux
années, dans une presse prostituée, toutes les naïvetés patriotiques dont
ils se gaussaient jadis, tous les clichés de politique extérieure avec
lesquels les gouvernements endorment les peuples. Les voilà dénonçant
un impérialisme qu'ils ne découvrent maintenant que chez leurs adversaires.
Comme s'ils étaient dans le secret des ministères, des chancelleries et
des états-majors, ils jonglent avec les chiffres d'indemnités, évaluent
les forces militaires et refont, eux aussi, ces ex-contempteurs de l'idée
de patrie, la carte du monde sur la base du " droit des peuples " et du
" principe des nationalités ".
Puis, ayant jugé dangereux de parler de paix, tant qu'on n'a pas, pour
employer la formule d'usage, écrasé le seul militarisme prussien, ils
préfèrent regarder le danger en face, loin des balles. Si nous considérons
synthétiquement, plutôt, les idées qu'exprime leur déclaration, nous constatons
qu'il n'y a aucune différence entre la thèse qui y est soutenue et le
thème habituel des partis d'autorité groupés, dans chaque nation belligérante,
en " Union sacrée ".
Eux aussi, ces anarchistes repentis, sont entrés dans l'" Union sacrée
" pour la défense des fameuses " libertés acquises ", et ils ne trouvent
rien de mieux, pour sauvegarder cette prétendue liberté des peuples, dont
ils se font les champions que d'obliger l'individu à se faire assassin
et à se faire assassiner pour le compte et au bénéfice de l'état.
En réalité, cette déclaration n'est pas l'œuvre d'anarchistes. Elle fut
écrite par des étatistes qui s'ignorent, mais par des étatistes. Et rien
par cette œuvre inutilement opportuniste, ne différencie plus ces ex-camarades
des politiciens, des moralistes et des philosophes de gouvernement, à
la lutte contre lesquels ils avaient voué leur vie.
Collaborer avec un état, avec un gouvernement, dans sa lutte, fut-elle
même dépourvue de violence sanguinaire, contre un autre état, contre un
autre gouvernement, choisir entre deux modes d'esclavage, qui ne sont
que superficiellement différents, cette différence superficielle étant
le résultat de l'adaptation des moyens de gouvernement à l'état d'évolution
auquel est parvenu le peuple qui y est soumis, voilà, certes, qui n'est
pas anarchiste.
A plus forte raison, lorsque cette lutte revêt l'aspect particulièrement
ignoble de la guerre.
Ce qui a toujours différencié l'anarchiste des autres éléments sociaux
dispersés dans les divers partis politiques, dans les diverses écoles
philosophiques ou sociologiques, c'est la répudiation de l'état, faisceau
de tous les instruments de domination, centre de toute tyrannie ; l'état
qui est, par sa destination l'ennemi de l'individu, pour le triomphe de
qui l'anarchisme a toujours combattu, et dont il est fait si bon marché
dans la période actuelle, par les défenseurs du " droit " également situés,
ne l'oublions pas, de chaque côté de la frontière. En s'incorporant à
lui, volontairement, les signataires de la déclaration ont, en même temps,
renié l'anarchisme.
Nous autres, qui avons conscience d'être demeurés dans la ligne droit
d'un anarchisme dont la vérité ne peut avoir changé du fait de cette guerre,
guerre prévue depuis longtemps, et qui n'est que la manifestation suprême
de ces maux que sont l'état et le capitalisme, nous tenons à nous désolidariser
d'avec ces camarades qui ont abandonné leurs idées, nos idées, dans une
circonstance où, plus que jamais, il était nécessaire de les proclamer
haut et ferme.
Producteurs de la richesse sociale, prolétaires manuels et intellectuels,
hommes de mentalité affranchis, nous sommes, de fait et de volonté, des
"sans patrie". D'ailleurs, patrie n'est que le nom poétique de l'état.
N'ayant rien à défendre pas même des " libertés acquises " que ne saurait
nous donner l'état, nous répudions l'hypocrite distinguo des guerres offensives
et des guerres défensives.
Nous ne connaissons que des guerres faites entre gouvernements, entre
capitalistes, au prix de la vie, de la douleur et de la misère de leurs
sujets. La guerre actuelle en est l'exemple frappant.
Tant que les peuples ne voudront pas procéder à l'instauration d'une société
libertaire et communiste, la paix ne sera que la trêve employée à préparer
la guerre suivante, la guerre entre peuples étant en puissance dans les
principes d'autorité et de propriété.
Le seul moyen de mettre fin à la guerre, de prévenir toute guerre, c'est
la révolution expropriatrice, la guerre sociale, la seule à laquelle nous
puissions, anarchistes, donner notre vie.
Et ce que n'ont pu dire les seize à la fin de leur déclaration, nous le
crions :
vive l'Anarchie !…
Le groupe anarchiste international de Londres (avril 1916)
Les autres
articles :
les
anarchistes et la guerre de 14/18 ; Malatesta
réponse au manifeste des seize ;
Déclaration de l'internationale
anarchiste (1915) ; Louis Lecoin
et le conseil de guerre ;
les mutineries de la Mer Noire (1919)
; Pierre
Kropotkine
(biographie) ;
Lettre de démission au comité
confédéral (P. Monatte 1914) ;
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